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Boigny, la mémoire d’un héritage dilapidé

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Félix Houphouët-Boigny, un nom, un homme, une âme

7 décembre 1993 – 7 décembre 2013, voici 20 ans que Félix Houphouët-Boigny, le premier président de la République de Côte d’Ivoire s’en est allé. Vingt ans après cette séparation tragique d’avec son peuple que reste-t-il de son héritage ?

Félix Houphouët-Boigny, un nom, un homme, une âme qui restera à jamais liée à l’histoire de l’Afrique et particulièrement à celle de la Côte d’Ivoire. Ce médecin, chef de tribu, homme politique et bâtisseur tel un messie a conduit l’ancienne colonie française qu’était la Côte d’Ivoire à son indépendance. Un combat pour la liberté de l’Ivoirien de toutes les régions esclave du travail forcé. Un combat au risque de sa vie dans un système colonial aux méthodes brutales et spoliatrices qui auront plié plusieurs autres africains.

« Boigny était un libérateur » soupire le vieillard d’Agba Sakiaré*

Tel un père aimant, il a conduit son peuple vers la liberté et plus important il a construit pierre par pierre, route après route, édifice après édifice ce pays beau et prospère qui était et demeure la Côte d’Ivoire. Boigny n’avait pas d’ethnie, de région, de religion ou d’appartenance tribale. Il était tout simplement ivoirien et fier de l’être. Il ne faisait pas de rattrapage, ne pensait pas qu’il était temps que « le pouvoir tourne vers sa région » ou qu’il devait s’entourer d’un groupe ethnique au détriment d’un autre. Son gouvernement était le symbole d’une Côte d’Ivoire unifiée qui avance.

« Boigny était simplement Ivoirien » souligne l’enseignant déçu par la politique des nouveaux venus.

Hélas un 7 décembre 1993, celui qu’on disait omniprésent et qu’on croyait à la limite immortel tire sa révérence. Ayant fait basculer son pays dans l’empire inconnu du multipartisme, il sera conspué en 1990, traité de voleur par une jeunesse excitée acquise à la cause d’aventuriers politiques qui à l’époque promettaient déjà monts et merveilles. Boigny s’en va et à peine son corps rangé* que ceux qui prétendent être ses héritiers commencent à se battre. Dans cette lutte ils finissent par semer la haine et la division entre les Ivoiriens. L’héritage de Boigny commence alors à être dilapidé ! S’en suivront d’autres actes et courants impensables en Côte d’Ivoire du vivant du « vieux. » Pour la première fois, de nombreux Ivoiriens ont entendu le mot étranger là où Boigny disait « nos frères de la sous-région« . L’Ivoirité s’en mêle et la cohésion sociale fini par s’effriter. Les uns se réclamant baoulé avec leurs leaders et partis, les autres bété avec leurs leaders et parti, les autres dioula et oubliés avec leurs frustrations, leurs leaders et leur parti. L’héritage de Boigny fait d’unité, de cohésion sociale et de paix sera laissé aux termites et autres vautours. Chacun défend les intérêts de sa région, de son clan, de sa tribu ou de son parti politique. Plus de paix parce que depuis 1990 les jeunes gens sont désormais des adeptes de la machette ! Pire ils passeront aux armes et se payent le luxe de coups d’Etat jusqu’à ce que « le jeune bouc à la barbe remuante arrive finalement à manger la moitié des ignames du village ».

« Tout le monde se lève et fait ce qu’il veut » soupire un ancien combattant de la guerre 39-45.

Que reste-t-il de Boigny ? RIEN ! Rien de ce qu’il avait fait pour la Côte d’Ivoire n’est resté en l’état. Pire son héritage économique a été une fois de plus englouti. Les entreprises d’Etat quand elles ne sont pas offertes à des amis sont privatisées à tour de bras dans des conditions troubles. Les querelles politiques s’enchaînent et le peuple tant chéri par le Bélier de Yamoussoukro devient l’esclave de la classe dirigeante. C’était donc ça les promesses de lendemain meilleur prêché par les boucs excités qui ne voyaient que le luxe du palais présidentiel ? Ils nous ont tous menti…sans exception ! Tous mauvais, mauvais politiciens, mauvais économistes, mauvais bâtisseurs, mauvais dirigeants…

« Après Boigny qui a fait quoi ? L’Etat travaille pour vous ! N’importe quoi » s’indigne la jeune secrétaire.

Tout en Côte d’Ivoire est en ruine ! Route, hôpitaux, université, édifices religieux…tout ce que le Vieux a construit a été laissé à l’abandon. Personne n’a eu la force ou l’intelligence de poursuivre son action parce que tous sont préoccupés par autre chose. Les uns par l’Ivoirité, certains par la gabegie et l’arrogance quand d’autres préfèrent le rattrapage. Ah, comme dirait le sage « Boigny est vraiment mort ».

SUY Kahofi

*Expression traduite du baoulé pour dire ensevelir

*Village du centre de la Côte d’Ivoire



Réconciliation Nationale : le NDI accompagne la jeunesse Ivoirienne

Jeunes leaders à l’étape de Yopougon

Jeunes leaders à l’étape de Yopougon

Le National Democratic Institute (NDI) entend promouvoir la réconciliation nationale en vue de parvenir à « une normalisation politique et institutionnelle » en Côte d’Ivoire. C’est dans ce cadre qu’il a organisé en partenariat avec le National Endowment for Democracy (NED) une double cérémonie de présentation du groupe des jeunes leaders pour la réconciliation suivie d’une séance de sensibilisation des populations à la paix et à la réconciliation. Ces activités ont eu lieu les 5 et 7 juin respectivement à Abobo et Yopougon. Selon Mme Tuo-Sampennie Emmanuella, chargée de programme du NDI, cette action vise à « favoriser une meilleure implication des jeunes dans le processus de réconciliation nationale ». Ce sont au total 25 représentants pour 22 groupes de jeunes qui forment les groupes de jeunes leaders. Ces groupes se subdivisent en 3 tendances : les partis membres du RHDP et alliés, les partis de l’opposition et les leaders de la jeunesse de la société civile.

Coptés pour lancer des messages de paix et de réconciliation, 4 porte-voix des différents groupes ont essayé de circonscrire les causes des violences et montrer les moyens à déployer afin de parvenir à une réconciliation vraie. Aussi bien à Abobo qu’à Yopougon, les jeunes de tous les bords ont d’un commun accord souligné l’impérieuse nécessité d’impliquer les jeunes dans le processus de réconciliation nationale. Il serait utopique d’adopter une démarche contraire car les jeunes ont été le premier rideau de cette crise. Hier acteurs de haine et de violence, aujourd’hui ils sont ceux qui doivent s’engager en premier pour la paix. C’est cette volonté clairement affiché par les jeunes qui conforte le NDI dans sa politique d’accompagnement des jeunes leaders.

« La création des groupes de jeunes leaders est une activité portée par les jeunes eux-mêmes. Ils sont les premiers à avoir décidé de se mettre ensemble pour promouvoir la paix et la non-violence. Le NDI ne fait que les accompagner dans la réussite de ce projet » nous explique Mme DIEUDONNE Dominique représentante pays du NDI.

Réussir à impliquer les jeunes dans le processus de paix et de réconciliation nationale suppose une prise en charge de leurs problèmes du moment. Il s’agit de l’insécurité, du chômage et de la manipulation politique. Voici pourquoi M. Berthé Yaya, le secrétaire général du SENAT, a insisté sur la nécessité pour les jeunes de penser à la réconciliation en laissant de côté leurs idéaux politiques. Dans même esprit, M. Fanny Affoutou, président national du CAP-UDD et représentant des partis d’opposition a indiqué que « même avec des idéologies divergentes, il est bienséant d’agir dans un intérêt commun » celui d’une Côte d’Ivoire forte et réconciliée. Il est important de noter qu’aussi bien à Yopougon que dans la commune d’Abobo les jeunes ont été assistés par leurs pères. Il s’agit des chefs de communautés étrangères, les chefs coutumiers et les leaders religieux.

SUY Kahofi



Revue Ivoirienne du 29 au 04 mai 2013

Simone Gbagbo l’ex-première Dame est-elle soignée ou à la MACA ?

Simone Gbagbo l’ex-première Dame est-elle soignée ou à la MACA ?

L’ouest de la Côte d’Ivoire région martyre bénéficiera de toutes les attentions pour sa reconstruction dixit Alassane Ouattara le Président Ivoirien dès sa prise de fonction. Pour joindre l’acte à la parole, il effectue sa deuxième visite d’état dans l’ouest de la Côte d’Ivoire. Cette actualité présidentielle a fait la une de nombreux quotidiens Ivoiriens cette semaine. La Matinale, Le Démocrate et Le Patriote soulignent en cœur que le président Alassane Ouattara a été accueilli en sauveur dans la région du Tonkpi.  Le Jour Plus s’attarde de son côté sur les enjeux de cette visite historique au plan social, économique et politique. A ce niveau des actes de développement ont été posé nous dit Le Patriote avec des promesses concernant l’accès à l’eau potable et l’électricité notamment à Biankouma. Parlons toujours politique avec le PDCI, le Parti Démocratique de Côte d’Ivoire qui a soufflé sa 67ème bougie. L’évènement a été célébré cette année à Abidjan lors d’un dîner gala. Les pionniers ont été à l’honneur titre Fraternité Matin ; occasion mise a profit par le Président du Parti, Henri Konan Bédié pour saluer l’esprit prospectif d’Houphouët Boigny,  père de la nation ivoirienne et fondateur du parti nous dit Le Patriote. Le numéro un du PDCI a présenté son plan d’action pour la jeunesse nous informe Le Mandat. Que s’est-il passé durant cette soirée pour que la presse puisse donner l’alarme ? Henri Konan Bédié a eu un malaise et ce malaise a crée la panique s’alarme Le Mandat quand Le Nouveau Réveil temporise en indiquant que cette situation à vite été gérée, parole du médecin d’Henri Konan Bédié. Aux oiseaux de mauvais augures, Le Démocrate ne botte pas en touche pour rappeler qu’un malaise est un malaise et que personne n’est à l’abri de ce genre de situation. Les travailleurs Ivoiriens comme ceux du monde entier ont célébré le 1er Mai. Ils ont mis ce moment à profit pour dénoncer la montée en puissance du chômage et surtout la vie chère nous apprend Le Jour Plus. Selon le quotidien Aujourd’hui les syndicalistes dénoncent 40% de chômeurs en Côte d’Ivoire, ils dépeignent en fond la situation socio-professionnelle du pays et il s’agit d’un tableau peu reluisant nous indique Fraternité Matin. Notre Voie décide de s’attarder sur la rencontre entre le Premier Ministre Ivoirien et les travailleurs. Ces derniers sont allés crier leur mécontentement et leur misère à Daniel Kablan Duncan. La réponse du patron de l’exécutif se trouve à la une de Fraternité Matin et du quotidien Le Démocrate. « Beaucoup a été fait, beaucoup reste à faire et nous ne baissons pas les bras » rapporte le quotidien à capitaux public. « Nous partageons vos soucis » soutient Daniel Kablan Duncan à la une du quotidien Le Démocrate. Le quotidien revient largement sur les promesses du Gouvernement pour contrer le chômage et améliorer la situation socio-professionnelle des travailleurs. Ces promesse font dire au quotidien Le Patriote que Duncan, le Premier Ministre rassure les travailleurs. Le 1er mai les conducteurs ivoiriens ont reçu également une bonne nouvelle, le prix du super sans plomb baisse nous indique en cœur Le Patriote et Soir Info. Si certains se réjouissent d’autre sont dans l’angoisse. En effet l’ex première dame Simone Gbagbo a été transféré d’Odienné à Abidjan pour des raisons médicales. Notre Voie, Le Nouveau Courrier, Aujourd’hui et Soir Info évoquent longuement cette actualité.

A la semaine prochaine !



Côte d’Ivoire/2013 : quel avenir économique ?

Cette assurance pourra-t-elle résister aux défis économiques ?

Cette assurance pourra-t-elle résister aux défis économiques ?

Le traditionnel discours de l’an du Président Alassane Ouattara au peuple de Côte d’Ivoire a été une adresse marquée par la relance économique et les perspectives de développement que 2013 pourrait offrir au pays. Ce discours porté sur l’économie n’a pas été du goût des opposants notamment le FPI. Le porte-parole du parti, Docteur Kodjo Richard estime que 2013 doit être en priorité l’année de réconciliation. Ce point de vue est partagé par Traoré Wodjo Fini le Président de la COSOPCI (Coalition de la Société Civile pour la Paix et le développement Démocratique). Selon lui la société civile attend du Président Alassane Ouattara un meilleur engagement sur des dossiers clés comme la justice et la promotion des droits de l’homme. Bien que ces questions aient timidement été abordées, une place prépondérante a été consacrée aux questions économiques. S’il est indéniable que la Côte d’Ivoire fait office de poids lourd économique en Afrique sub-saharienne francophone, force est de noter que le pays devra jouer des coudes pour véritablement s’imposer à attirer les investisseurs. Pour un pays qui vient de tourner la page d’une crise post-électorale sanglante il lui faudra convaincre sur plusieurs points pour espérer garder le cap de la reconstruction.

Le bilan économique de la Côte d’Ivoire pour l’année 2012 est plutôt satisfaisant selon les observateurs quand bien même les chiffres qui marquent l’indice de croissance sont diversement interprétés par les analystes. 2012, l’an un après la crise post-électorale a été l’année du repositionnement de la Côte d’Ivoire au plan sous-régional et international ; aussi bien au plan économique, politique que diplomatique. Un projet bien réussit par une forte mobilisation des compétences nationales mais surtout l’application d’une éco-diplomatie qui n’a pas tardé à porter ses fruits à travers le PND, le Programme National de Développement. 2013, l’an deux de la reconstruction sera encore prometteur si l’on s’en tient aux perspectives économiques annoncées mais la Côte d’Ivoire aux yeux du monde change de statut. Le pays en situation post-crise au chevet duquel les puissants de ce monde se pressaient est désormais un pays comme les autres. L’aide sera tout aussi mesuré et calibré et la Côte d’Ivoire devra la mériter. Cela suppose que sur la table des négociations les bailleurs de fonds n’hésiteront pas à poser des conditions qui pour l’instant dérangent terriblement. La première est le refrain sur la bonne gouvernance qui ne semble pas être la tasse de thé favorite des dirigeants Ivoiriens actuels. Gabegie, corruption, népotisme et favoritisme minent plus que jamais l’administration Ivoirienne. Au-delà, c’est l’épineuse question de la justice transparente qu’il faudra résoudre notamment dans la série des procès sur la crise post-électorale qui pour l’instant ne touchent que les pro-Gbagbo. Ajoutons à cela les cas de violations des droits de l’homme et l’insécurité pour lesquels les autorités sont très souvent interpelées et sur lesquels aucune amélioration concrète n’a été notée durant 2012 ! Il faudra plus que le potentiel économique classique de la Côte d’Ivoire au régime des Houphouétistes pour séduire les investisseurs en 2013 car l’heure de la compassion et de l’assistance humanitaire est bien passée. Désormais la Côte d’Ivoire au forum des donateurs devra justifier qu’elle mérite belle et bien l’aide qu’elle demande et que celle-ci ne viendra pas servir les intérêts d’un groupuscule de dirigeants dont le train de vie fait fortement jazzer la population.

SUY Kahofi



Migration, Transfert d’argent et Développement en Afrique

Professionnaliser les transferts d'argent pour maximiser le profit

Professionnaliser les transferts d’argent pour maximiser le profit

C’est autour du thème Migration, Transfert d’argent et Développement en Afrique que les chercheurs en économie de l’Afrique de l’Ouest se sont réunis à Abidjan pour une Conférence Régionale. Membres du projet International Remittances, Poverty and Inequality : the West African Case (IRPI-TWAC), ils ont rendu public leurs travaux de recherche pendant 48 heures au siège du CIRES (Centre Ivoirien de Recherche Economique et Sociale) pour montrer combien de fois il était important de professionnaliser les transferts d’argent vers l’Afrique pour maximiser l’impact de ces fonds sur les économies locales.

Les transferts d’argent effectués par les migrants africains à travers le monde ont un véritable impact sur le développement économique local en Afrique. C’est ce qui ressort des rapports rendu public par les différents chercheurs qui se sont réunis les 18 et 19 décembre à Abidjan. S’appuyant sur les exemples précis de la Côte d’Ivoire, du Ghana, du Niger, du Nigeria, du Mali et de la Côte d’Ivoire, les experts ouest-africains ont démontré l’importance des transferts d’argent dans la vie de plusieurs familles. Dans ces différents pays force est de constater que plus de 80% des transferts d’argent servent à la survie des familles et couvrent des dépenses de base comme les médicaments, les soins de santé primaires, la nourriture et l’accès à l’eau potable. 15% de ces transferts sont dédiés à l’investissement notamment dans le domaine foncier et 5% dans l’éducation ! Les migrants contribuent donc au développement de l’Afrique par leurs transferts d’argent mais la chose la plus importante est de faire sorte que cet argent puisse servir d’avantage aux financements d’activités génératrices de revenus et de PME pour maximiser au mieux cet investissement. Pour le Docteur KONAN Yao Silvère responsable du projet International Remittances, Poverty and Inequality pour la Côte d’Ivoire, « les migrants africains doivent accepter de rompre avec l’informel dans les méthodes de transferts d’argent pour tendre vers des structures plus crédibles et reconnues en vu d’être des porteurs de projets qui leur seront bénéfiques mais aussi bénéfiques à leurs pays ». Pour y arriver le Docteur Boulaye Kéïta du Mali préconise « une meilleure adaptation des services de transferts d’argent aux besoins des migrants et de leurs familles en termes de coût et d’accès à l’argent frais dans les devises des Etats Africains ». Cette professionnalisation loin d’être fortuite permettra une meilleure traçabilité des fonds expédiés et pourra permettre de lutter contre le blanchiment d’argent à souligné pour sa part le Docteur Oyuku du Nigeria qui reste convaincu que l’Afrique avec ses potentialités économiques ne pourra se bâtir sans sa diaspora.

SUY Kahofi



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