Bienvenu dans la classe du futur !

Les ministres ivoiriens partageant la joie des élèves

Les ministres ivoiriens partageant la joie des élèves

Il serait utopique de penser le développement de l’Afrique en plein 21ème siècle sans avoir recours aux Technologies de l’Information et de la Communication (T.I.C). Et les autorités ivoiriennes l’ont compris si bien qu’ils ont décidé de faire la promotion des T.I.C dans tous les secteurs d’activité et particulièrement l’éducation.

La classe du futur première du genre en Côte d’Ivoire est le fruit d’un partenariat entre l’Etat Ivoirien via le VITIB de Gand Bassam et le Groupe Portugais MGCI Technologies filiale de JP Inspiring  Knowledge. Cet accord signé le 18 septembre 2013 permet à la Côte d’Ivoire de basculer dans le monde des Nations ayant fait le choix de promouvoir l’éducation de base par les NTIC. Pour les donateurs, le ton du e-learning est donné, reste à la Côte d’Ivoire de promouvoir cet outil de vulgarisation du savoir sur toute l’étendue du territoire national.

« Ce don est une preuve de ce que nous voulons réaliser pour la Côte d’Ivoire en matière d’éducation et les nouvelles technologie. Les dirigeants de la Côte d’Ivoire nous ont clairement présenté leur vision du développement des TIC et celle-ci se rapproche de la nôtre. Nous sommes donc convaincu que nous pourrons asseoir les bases d’un partenariat gagnant-gagnant » souligne Georges Sakouto, président directeur général de JP Inspiring  Knowledge.

La classe du futur totalement équipée en ordinateurs et technologies adaptée au e-learning permettra aux populations de Grand Bassam et plus largement celle de tout le pays de bénéficier de connaissance sur des supports numériques. Elèves et enseignants pourront ainsi faire reculer les limites de la recherche et explorer d’autres contenus didactiques. Un plus dans la formation des élèves ivoiriens et ils sont les premiers à manifester leur joie face à l’ouverture de la première classe du futur.

« Nous venons de réaliser un exercice sur la chaîne alimentaire grâce à un ordinateur et je suis heureuse d’avoir utilisé cet ordinateur » affirme tout sourire Djé Tania Laurelle en classe de CE 1.

E-santé, e-agri, e-commerce…la Côte d’Ivoire veut réellement impulser son développement grâce aux NTIC. Les projets en ce sens ne manquent pas mais il faut en amont développer auprès des ivoiriens la culture du numérique. Et l’éducation reste un puissant levier de promotion des technologies nouvelles. Pour Bruno Nabané Koné, le Ministre de la Poste et des Télécommunications, le projet de la classe du futur est à saluer car il participera à la promotion des T.I.C, aujourd’hui utile pour tout développement et pour toute Nation qui vise l’émergence.

« Ce projet va aider à la vulgarisation des T.I.C en particulier dans le secteur de l’école. Il a aussi une grosse composante contenu. Des cours sont déjà en ligne et nous pensons que ce genre de contenu va se multiplier. Ce projet surtout adresse les ressources humaines puisse que nous touchons ici au terreau qui est le plus fertile en matière de développement des T.I.C : celui des enfants » indique le ministre.

Au-delà du développement des T.I.C, le don de la classe du futur par le Groupe JP Inspiring  Knowledge symbolise un acte de portée sociale parce que contribuant à l’épanouissement et à la formation des jeunes ivoiriens. Kandia Camara la ministre de l’Education Nationale et de l’Enseignement Technique qui s’est vu offerte cette classe du futur, souligne que l’une des priorités de son ministère, est de faire des T.I.C, une partie intégrante de l’éducation en Côte d’Ivoire.

« Cette innovation majeure affiche l’ambition de conduire ce pays dans le concert des grandes Nations par la voie des technologie de l’information et de la communication. Le don de la classe du futur, entièrement équipée pour faire du e-learning est une action concrète qui traduit bien la volonté du Groupe JP Inspiring  Knowledge. Il ne sera plus possible d’enseigner ni d’apprendre comme si les T.I.C n’existaient pas » soutient la ministre avec conviction.

Il est bon de rappeler que la Côte d’Ivoire dans sa marche vers l’émergence à l’horizon 2020 se donne pour objectif de promouvoir les T.I.C au service du développement et de la bonne gouvernance.

SUY Kahofi

Radio en Côte d’Ivoire : d’énormes avancées qu’il faudra améliorer sans cesse

Les femmes ont leur place dans le développement de la radio

Les femmes ont leur place dans le développement de la radio

La Côte d’Ivoire à l’instar de tous les pays du monde a célébré ce 13 février 2014, la journée mondiale de la radio. Comme chaque année, depuis 3 ans maintenant, le pays marque cet évènement par des activités diverses ou des déclarations fortes. Proclamée au cours de la 36ème conférence générale de l’UNESCO et formellement adoptée à la faveur de la 67ème session  de l’Assemblée Générale de l’ONU, la journée mondiale de la radio vise « à célébrer la radio en tant que média, pour améliorer la coopération internationale entre les radiodiffuseurs et pour encourager les grands réseaux et les radios communautaires à promouvoir à travers les ondes, l’accès à l’information, la liberté d’expression et l’égalité des genres ».

Et concernant la question du genre la ministre de la Communication de Côte d’Ivoire (porte-parole adjoint du gouvernement) a déclaré que « l’Etat de Côte d’Ivoire entend faire de la radio un des outils privilégiés de la lutte pour les droits des femmes ». Affoussiatou Bamba-Lamine a affirmé que beaucoup reste à faire, malgré les avancées notables dans le domaine de la radio, notamment l’implication des femmes comme journalistes, reporters, productrices ou techniciennes, ainsi que le nombre important d’émissions radiophoniques s’adressant à la gent féminine. Le thème de cette célébration mondiale à savoir « l’égalité des genres et l’autonomisation des femmes » trouve donc tout son sens dans le contexte ivoirien. C’est la raison pour laquelle « le Gouvernement s’engage à travailler avec tous les professionnels des médias, et tout particulièrement avec ceux de la radio (…) avec un accent particulier sur le cas spécifique des femmes journalistes », a indiqué la ministre qui est longuement revenu sur le pouvoir de la radio en tant que puissant outil d’information et d’éducation.

Il est certes bien de parler de l’implication des femmes dans le développement de la radio mais il est important de jeter un regard sur les conditions d’existence et de travail de ces journalistes, techniciens de son et animateurs qui chaque jour œuvrent à la survie des stations. A ce niveau d’important efforts restent à consentir estime le Syndicat National des Agents de la Presse Privée de Côte d’Ivoire (SYNAPPCI). En effet 90 % des animateurs (hommes, femmes, animateurs, journalistes, techniciens, etc.) d’un peu plus 130 stations de radiodiffusion que compte notre pays vivent hélas dans la précarité totale. Salaires de misère, conditions difficiles de vie et de travail, pas d’assurance  maladie, ni d’assistance en cas de maladie ou de sinistre, quasi inexistence de contrat de travail, etc. Les plus chanceux restent encore ceux d’entre – eux qui travaillent dans les radios des collectivités locales où ils ont le rang d’agents de mairie ou d’animateurs culturels. Dans cet environnement de précarité généralisé les animateurs des chaînes publiques ont une relative garantie mensuelle, le temps des reformes et des licenciements trop souvent abusifs.

Il y a donc une véritable nécessité d’améliorer les conditions de travail et surtout de vie de ces hommes et femmes qui chaque jour consacre leur temps à sensibiliser, éduquer et former les populations. C’est ceux à quoi s’attèle les organisations inter-professionnelles du secteur mais la tâche n’est pas du tout aisée.

SUY Kahofi

Un projet de développement des RH pour la région du Gbêkè

Revaloriser les RH pour développer les Régions Centre et Nord

Revaloriser les RH pour développer les Régions Centre et Nord

La revalorisation des ressources humaines dans un contexte de reconstruction demeure une priorité pour l’État Ivoirien. Pour y arriver, une réelle politique de renforcement des capacités de l’administration locale s’impose surtout dans les régions éprouvées par la crise.

Le Gouvernement ivoirien et le Japon ont décidé de mettre en place un projet de développement des Ressources Humaines. Le projet est baptisé « Projet de développement des Ressources humaines (RH) pour le renforcement de l’administration locale des zones centre et nord de la Côte d’Ivoire« . Six entités s’engagent pour sa mise en œuvre. Il s’agit du Ministère de l’Intérieur et de la Sécurité, celui en charge des Infrastructures économiques, de l’Éducation nationale et de l’Enseignement technique, la Préfecture de police de Bouaké, l’Ambassade du Japon et l’Agence japonaise de coopération internationale (JICA). Ces partenaires se réunissent ce jeudi 30 janvier 2014 à la Direction générale de la Décentralisation et du Développement local (Abidjan-Plateau) pour approuver le contenu du plan d’opération dudit projet.

Les structures impliquées dans l’exécution du projet organisent donc la première concertation du Comité Conjoint de Coordination (CCC). Cette rencontre intervient deux mois après le démarrage à Bouaké du projet qui doit se dérouler sur une période de trois ans. L’objectif du projet est le renforcement des capacités de l’administration locale et la fourniture de services de base dans les localités affectées par le dernier conflit que la Côte d’Ivoire a vécu. Plusieurs résultats sont attendus à la fin de ce projet. Il s’agit entre autre du développement des mécanismes de coordination pour améliorer le système de fourniture de services de base dans la région du Gbêkè et du partage de modèles de développement entre les organismes du gouvernement central et ceux de l’administration locale. Au-delà, le projet aura pour mission d’amélioration les compétences des officiers du gouvernement et responsables de la fourniture de services dans les secteurs de l’éducation, de l’alimentation en eau potable en milieu rural dans les cinq districts cibles. A cela s’ajoute l’accroissement des mécanismes de coopération et de coordination efficaces entre les communautés à travers la mise en œuvre de projets pilotes dans la région du Gbêkè.

Rappelons que le Ministère ivoirien de l’Intérieur et de la Sécurité (MIS), la Préfecture de Bouaké et la JICA avaient organisé le 5 décembre 2013 dans la capitale du Gbêkè, la première séance conjointe du « Projet de développement des ressources humaines pour le renforcement de l’administration locale en zones centre et nord de la Côte d’Ivoire« . La JICA depuis son retour en Côte d’Ivoire initie des projets de développement en vue d’apporter une contribution significative au processus de relance économique et de reconstruction du pays.

SUY Kahofi source JICA

Les jeunes avocats s’engagent pour le développement de l’Afrique

Maître WADE et ses filleuls de la FA-UJA

Maître Wade et ses filleuls de la FA-UJA

La Fédération africaine des associations et Unions des jeunes avocats (FA-UJA) se réunit à Abidjan pour son 2e congrès ordinaire. Plus de 200 participants venus des quatre coins du continent participent à cet évènement dont le thème est : « Le rôle du jeune avocat africain dans le développement de l’Afrique ».

Placée sous le patronage du président Alassane Ouattara et le parrainage de l’ancien président sénégalais Maître Abdoulaye Wade, cette rencontre donne l’occasion aux jeunes avocats de réfléchir sur leur engagement dans le processus de développement de leur continent. La FA-UJA est une organisation panafricaine née le 25 mars 2009 à Dakar. Elle regroupe 25 associations et unions des jeunes avocats des barreaux africains. Selon Maître Nadia Miriam Biouélé la présidente de la FA-UJA : « Les objectifs de la fédération sont la défense des intérêts moraux et matériels de ses membres, mais également une contribution à la promotion des droits de l’homme, à la défense de la défense et l’instauration d’un Etat de droits ».

Les assises d’Abidjan s’inscrivent dans la droite ligne du statut et des recommandations du 1er congrès de la Fédération qui s’est tenue à Bamako du 9 au 12 novembre 2011. Ainsi chaque deux ans un congrès ordinaire se tient pour plancher sur les problèmes qui sont liés à l’exercice de la fonction d’avocat par les jeunes Africains. Pour cerner les principales problématiques qui sont les leurs, les jeunes avocats africains ont subdivisé leurs travaux en ateliers. Maître Abdoulaye Wade, parrain des assises d’Abidjan a prononcé la conférence inaugurale autour du thème « Le jeune avocat africain au service du développement de l’Afrique ». Déontologie et marketing de l’avocat (Atelier 1), l’Avocat, conseil des Etats et au service des droits humains (Atelier 2), Financements structurés et projets de développement (Atelier 3) et « Quel Avocat pour l’Afrique à l’horizon 2030 ? » sont les principaux sous-thèmes qui ont meublé les échanges des jeunes avocats africains.

Sur le rôle que doit être celui du jeune avocat africain dans le développement de l’Afrique, Maître Martin Pradel, avocat au barreau de Paris et secrétaire général adjoint de la Conférence internationale des barreaux (CIB) estime qu’il doit être celui d’un réel accompagnement du processus de développement du continent. Aussi les jeunes avocats africains doivent mettre à profit « leur jeunesse » pour faire avancer leur cause et celle du corps du métier auquel ils appartiennent soutient pour sa part Maître Abdoulaye Wade.

SUY Kahofi

Boigny, la mémoire d’un héritage dilapidé

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Félix Houphouët-Boigny, un nom, un homme, une âme

7 décembre 1993 – 7 décembre 2013, voici 20 ans que Félix Houphouët-Boigny, le premier président de la République de Côte d’Ivoire s’en est allé. Vingt ans après cette séparation tragique d’avec son peuple que reste-t-il de son héritage ?

Félix Houphouët-Boigny, un nom, un homme, une âme qui restera à jamais liée à l’histoire de l’Afrique et particulièrement à celle de la Côte d’Ivoire. Ce médecin, chef de tribu, homme politique et bâtisseur tel un messie a conduit l’ancienne colonie française qu’était la Côte d’Ivoire à son indépendance. Un combat pour la liberté de l’Ivoirien de toutes les régions esclave du travail forcé. Un combat au risque de sa vie dans un système colonial aux méthodes brutales et spoliatrices qui auront plié plusieurs autres africains.

« Boigny était un libérateur » soupire le vieillard d’Agba Sakiaré*

Tel un père aimant, il a conduit son peuple vers la liberté et plus important il a construit pierre par pierre, route après route, édifice après édifice ce pays beau et prospère qui était et demeure la Côte d’Ivoire. Boigny n’avait pas d’ethnie, de région, de religion ou d’appartenance tribale. Il était tout simplement ivoirien et fier de l’être. Il ne faisait pas de rattrapage, ne pensait pas qu’il était temps que « le pouvoir tourne vers sa région » ou qu’il devait s’entourer d’un groupe ethnique au détriment d’un autre. Son gouvernement était le symbole d’une Côte d’Ivoire unifiée qui avance.

« Boigny était simplement Ivoirien » souligne l’enseignant déçu par la politique des nouveaux venus.

Hélas un 7 décembre 1993, celui qu’on disait omniprésent et qu’on croyait à la limite immortel tire sa révérence. Ayant fait basculer son pays dans l’empire inconnu du multipartisme, il sera conspué en 1990, traité de voleur par une jeunesse excitée acquise à la cause d’aventuriers politiques qui à l’époque promettaient déjà monts et merveilles. Boigny s’en va et à peine son corps rangé* que ceux qui prétendent être ses héritiers commencent à se battre. Dans cette lutte ils finissent par semer la haine et la division entre les Ivoiriens. L’héritage de Boigny commence alors à être dilapidé ! S’en suivront d’autres actes et courants impensables en Côte d’Ivoire du vivant du « vieux. » Pour la première fois, de nombreux Ivoiriens ont entendu le mot étranger là où Boigny disait « nos frères de la sous-région« . L’Ivoirité s’en mêle et la cohésion sociale fini par s’effriter. Les uns se réclamant baoulé avec leurs leaders et partis, les autres bété avec leurs leaders et parti, les autres dioula et oubliés avec leurs frustrations, leurs leaders et leur parti. L’héritage de Boigny fait d’unité, de cohésion sociale et de paix sera laissé aux termites et autres vautours. Chacun défend les intérêts de sa région, de son clan, de sa tribu ou de son parti politique. Plus de paix parce que depuis 1990 les jeunes gens sont désormais des adeptes de la machette ! Pire ils passeront aux armes et se payent le luxe de coups d’Etat jusqu’à ce que « le jeune bouc à la barbe remuante arrive finalement à manger la moitié des ignames du village ».

« Tout le monde se lève et fait ce qu’il veut » soupire un ancien combattant de la guerre 39-45.

Que reste-t-il de Boigny ? RIEN ! Rien de ce qu’il avait fait pour la Côte d’Ivoire n’est resté en l’état. Pire son héritage économique a été une fois de plus englouti. Les entreprises d’Etat quand elles ne sont pas offertes à des amis sont privatisées à tour de bras dans des conditions troubles. Les querelles politiques s’enchaînent et le peuple tant chéri par le Bélier de Yamoussoukro devient l’esclave de la classe dirigeante. C’était donc ça les promesses de lendemain meilleur prêché par les boucs excités qui ne voyaient que le luxe du palais présidentiel ? Ils nous ont tous menti…sans exception ! Tous mauvais, mauvais politiciens, mauvais économistes, mauvais bâtisseurs, mauvais dirigeants…

« Après Boigny qui a fait quoi ? L’Etat travaille pour vous ! N’importe quoi » s’indigne la jeune secrétaire.

Tout en Côte d’Ivoire est en ruine ! Route, hôpitaux, université, édifices religieux…tout ce que le Vieux a construit a été laissé à l’abandon. Personne n’a eu la force ou l’intelligence de poursuivre son action parce que tous sont préoccupés par autre chose. Les uns par l’Ivoirité, certains par la gabegie et l’arrogance quand d’autres préfèrent le rattrapage. Ah, comme dirait le sage « Boigny est vraiment mort ».

SUY Kahofi

*Expression traduite du baoulé pour dire ensevelir

*Village du centre de la Côte d’Ivoire