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Côte d’Ivoire : un guide pour les droits des inculpés détenus

Les droits de nombreux prévenus en détention sont bafoués

Les droits de nombreux prévenus en détention sont bafoués

La Fondation Friedrich Naumann et l’Action des chrétiens pour l’abolition de la torture (Acat) section Côte d’Ivoire ont présenté ce 3 mars 2015 le guide sur les garanties judiciaires de l’inculpé. Un outil de lutte contre la torture et surtout les détentions abusives dénoncées par plusieurs rapports des organisations des droits de l’homme.

Le gouvernement ivoirien a lancé un important projet de réforme judiciaire et pénale depuis la fin de la crise post-électorale. L’objectif est d’améliorer l’accès du contribuable à la justice et surtout d’humaniser les prisons ivoiriennes devenues de véritables mouroirs et des lieux de torture pour les détenus et condamnés. Et c’est justement pour contribuer à inverser cette tendance que le guide sur les garanties judiciaires de l’inculpé détenu a été édité. Selon Kangah Bilé, le premier vice-président de l’Acat, ce guide « décrit l’intégralité du parcours d’un détenu depuis son inculpation par le juge d’instruction jusqu’à sa mise en liberté ». (suite…)



Revue Ivoirienne du 28 janvier au 02 février 2013

Blé Goudé à sa sortie d’audition avec ses avocats

Blé Goudé à sa sortie d’audition avec ses avocats

Les journaux Ivoiriens cette semaine ont été largement aux couleurs du dossier Charles Blé Goudé contre le Ministère Public Ivoirien. Son audition du 30 janvier par la justice Ivoirienne a suscité une analyse dans les colonnes de Fraternité Matin, le quotidien à capitaux publics. Le confrère dans son papier expose les préalables de Charles Blé Goudé devant les juges. Ces préalables tiennent en une phrase : le respect de ses droits. Pour Le Patriote c’est un Charles Blé Goudé qui perd sa langue devant les juges et refuse d’aborder les questions de fond. Un Charles Blé Goudé qui refuse de répondre au juge, c’est également le constat fait par Le Nouveau Réveil quand paradoxalement Nord-Sud quotidien estime que Charles Blé Goudé a bien parlé puisse que cuisiné par les juges pendant 6 heures ! Et dans cette même veine L’Expression reprenant les propos que ce dernier aurait tenus écrit à sa une et je cite : « je n’ai pas fait de deal avec le pouvoir ». Autres propos attribués à Charles Blé Goudé et repris par nos confrères du quotidien Le Mandat : « mes conditions de détention sont mauvaises ». En effet Charles Blé Goudé a confié à ses avocats qu’il peut à peine voir pour préparer sa défense, qu’il n’est pas capable de situer géographiquement son lieu de détention et qu’il subit une violence morale qui ne dit pas son nom. Sur son lieu de détention tenu secret par les autorités Ivoiriennes, Le Patriote et Le Nouveau Courrier comme s’ils s’étaient passés le mot reprennent la version officielle du Gouvernement. « Charles Blé Goudé est dans une résidence protégée » et cette révélation est du ministre Hamed Bakayoko de l’intérieur qui était face aux partisans du général de la rue. Pendant que Charles Blé Goudé est toujours en détention, ses camarades du FPI ont repris le dialogue avec le pouvoir. Ce dialogue politique longtemps interrompu a véritablement occasionné des analyses de plusieurs canards Ivoiriens. Sur la question, L’Intelligent d’Abidjan annonce à sa une : tout sur les exigences du FPI. Financement des partis politiques, Commission Electorale Indépendante, conseil économique…ce que Ouattara propose à l’opposition écrit Nord-Sud. Le Nouveau Réveil barre sa une avec ce titre : participation aux élections locales, réconciliation et entrée au gouvernement…le FPI dit NON et NON à Ouattara. La raison selon le confrère est toute simple : le FPI réclame la libération de Laurent Gbagbo et la modique somme de 1,6 milliards de f CFA. Le Patriote se veut un brin moralisateur avec cette analyse : dialogue FPI – Gouvernement, l’amnistie coûte que coûte n’est pas la solution. Les journaux ivoiriens cette semaine sont revenus sur les grandes décisions du Conseil des Ministre du mercredi 30 janvier 2013. L’une d’entre elles touche directement les enquêtes ouvertes dans le cadre de la crise post-électorale. Le Nouveau Réveil nous apprend que le Gouvernement autorise l’exhumation de 800 corps. C’est encore 269 tombes et 36 fausses communes qui ont été répertoriés nous indique Le Démocrate qui précise qu’il s’agit de 467 corps qui sont non-identifiés et tous ces chiffres sont repris par L’Expression.

A la semaine prochaine !



Un patron de presse interpelé par la DST Ivoirienne puis relâché

 

La Une incriminée du quotidien Le Patriote

Le Directeur de Publication d’un quotidien pro-ouattara en détention, l’annonce a surpris plus d’un ivoirien mais cette interpellation selon les autorités judiciaires est fondée. Comme le scandale de la filière café-cacao qui a conduit le journaliste Théophile Kouamouo et deux de ses collaborateurs en prison suite à une fuite de document du bureau du procureur, c’est encore une divulgation par voie de presse d’un document officiel qui est au cœur de cette énième arrestation d’un patron de presse. Charles Sanga, Directeur de Publication du quotidien Le Patriote a été arrêté à Abidjan, dans la soirée du 31 janvier 2012 par la Direction de la surveillance du territoire (DST) pour avoir rendu public la décision finale du Conseil Constitutionnel sur les résultats des législatives avant la conférence de presse officielle de l’institution.

L’article au cœur de l’interpellation est signé d’un collaborateur de Sanga, Jean-Claude Coulibaly et celui-ci, le 31 janvier au matin annonçait en exclusivité l’invalidation de 11 sièges au parlement. La DST, reprochent donc au journal Le Patriote la « publication d’informations confidentielles » et exigent que le quotidien révèle ses sources, ce que le Directeur de Publication Charles Sanga refuse conformément à la loi sur la presse de 2004. Pour reporter Sans Frontière « Si Le Patriote a enfreint la loi en publiant des informations avant l’autorité habilitée à le faire, le journal peut être sanctionné, mais certainement pas par une privation de liberté de son responsable ni de l’auteur de l’article. En outre, le fait que la DST veuille contraindre le directeur du quotidien Le Patriote à révéler ses sources viole un principe élémentaire de la liberté de la presse », a tenu à souligner l’organisation de défense des droits des journalistes.

Le Président Alassane à l’occasion de la cérémonie de présentation des vœux de nouvel an à la presse avait pris l’engagement solennel de garanti la liberté de la presse mais trois semaines après cette profession de foi un journaliste se retrouve en détention. La liberté promise est-elle une liberté dans les fers et derrière les barreaux ? Difficile de répondre à cette question comme il est de plus en plus difficile d’être journaliste et d’exercer librement son métier en Côte d’Ivoire.

SUY Kahofi

 



Pour ou contre l’emprisonnement de Laurent Gbagbo

 

« Le frère Laurent ne doit-il pas retrouver sa liberté »

Après notre premier micro-trottoir sur le maintien du 43ème BIMA d’Abidjan Port-Bouët, nous avons décidé de soumettre une autre question à nos compatriotes et il s’agit du sort de l’ex-président Ivoirien. Laurent Gbagbo est officiellement en résidence surveillée dans le nord de la Côte d’Ivoire précisément à Korhogo. Une véritable omerta entour sa ‘’détention’’ car si le CICR, l’ONUCI et les Elders ont pu le voir, aucune organisation de la société civile nationale n’a pu croiser l’ancien Chef d’Etat. De nombreuses personnes se demandent alors qu’est ce qui bien justifier ce silence et ce mystère autour de Laurent Gbagbo ? Peut-on bâtir un Etat de droit quand les ténors de l’ancien régime son humiliés et vilipendés ? N’est-t-il pas temps de laisser tout le monde libre au nom de la paix ? Pour ou contre l’emprisonnement de Laurent Gbagbo, voici les réponses de quelques Ivoiriens.

Eric Koffi Koffi : « Il doit payer ! »

Depuis le coup d’Etat du Général Robert Guéï, la Côte d’Ivoire s’est taillé une réputation de nomanland juridique. Chacun vient à la tête de ce pays par la force, tue, viole et martyrise le peuple et s’en va. Ecoutez il faut que cela prenne fin ! Notre pays ne va pas continuer d’être le mauvais élève de la classe surtout après cinquante ans d’indépendance dont trente passés à être un modèle de stabilité. Quand ont est un pays qui se respecte on applique les lois. Laurent Gbagbo doit allé en prison s’il est reconnu coupable : il a pillé l’argent du pays pour assoir une armée meurtrière et se lancer dans une aventure de dictateur ! Comme Bokassa hier en Centrafrique, Gbagbo doit répondre de ses actes devant la justice.

Pascal T. : « J’appelle à une grâce présidentielle »

Vous savez, je crois que personnellement la prison ne sera pas un bon conseiller pour le Président Gbagbo comme l’a été l’humiliation qu’il a connu le 11 avril 2011. Personne ne pouvait s’imaginer qu’un jour dans le pays d’Houphouët Boigny un Président serait sorti du Palais comme un bandit de grand chemin sous les huées des badauds ! L’humiliation a été grande au risque de me répéter. Je crois que pour son âge et pour l’image du pays, la prison n’est pas un endroit pour lui. Alassane Ouattara a toujours dit que Laurent Gbagbo est son frère. Alors je vous pose la question Monsieur le Président : « Pouvez-vous accepter que votre frère passe le reste de sa vie en prison ? » J’appelle donc à une grâce présidentielle.

Yaha O. : « Attention à une justice à deux vitesses »

Aujourd’hui je crois qu’avant même de dire si oui ou non Laurent Gbagbo doit aller en prison, il faut se demander si la justice fait bien son travail. Chaque Ivoirien note que seules les personnes d’un camp sont traquées. Les com’ zones pro-ouattara qui ont une réputation de serial killer gambade joyeusement dans les maquis et bars d’Abidjan ! Alors je me demande on s’acharne sur Gbagbo et les autres, on fait quoi d’eux ? Si Laurent Gbagbo doit aller en prison tous les autres délinquants de droit ou de gauche doivent l’accompagner ! Quand on se dit juste on n’applique pas une justice à deux vitesses. Si Laurent Gbagbo est coupable il ira en prison mais si la vengeance justicière se limite à lui parce que considéré comme le grand perdant de la crise, le peuple avisera. La justice à deux vitesses est le lit de l’instabilité et de la division.

IBO C. : « On ne pardonne pas à moitié ! »

Chaque jour que vous mettez en marche votre poste téléviseur ou votre poste de radio, vous ne pouvez pas entendre un seul discours sans les mots paix et réconciliation. C’est pourtant étrange car c’est ceux qui appellent à la paix et à la réconciliation qui maintiennent d’autres en détention sans notification juridique. Leur attitude me fait penser à ce proverbe Ivoirien qui dit : « faites ce que je dis mais ne faite pas ce que je fais ». Alassane Ouattara appelle à la réconciliation mais il refuse lui-même de fumer le calumet de la paix. Pourquoi depuis sa prise de fonction effective il n’a jamais croisé Laurent Gbagbo ? Le gouvernement ne passe son temps qu’à émettre des mandats d’arrêt et à menacer les exilés. Si on veut la réconciliation il faut pardonner sincèrement et cela passe par une amnistie totale ou une application totale de la justice.

Suy Kahofi