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Crises sous-régionales : la CEDEAO fait d’importantes recommandations

La CEDEAO rétiaire sa mobilisation pour le Mali et la Guinée Bissau

La CEDEAO rétiaire sa mobilisation pour le Mali et la Guinée Bissau

La 42ème Conférence des chefs d’Etat et de gouvernement de la CEDEAO s’est achevée ce jeudi 28 février 2013 à Yamoussoukro, en Côte d’Ivoire, par la reconduction du président ivoirien Alassane Ouattara à la tête de l’organisation pour un nouveau mandat d’un an. Dans le discours prononcé à la clôture de la session, M. Ouattara s’est dit heureux de cet honneur, qu’il dédie à la Côte d’Ivoire et aux Ivoiriens, estimant qu’il s’agit aussi d’une décision consacrant « les sacrifices et les efforts accomplis avec (ses) pairs pour relever les défis sécuritaires et de développement de notre espace communautaire ». Il s’est engagé à placer son second mandat au service de cette ambition commune consistant à amener la région ouest-africaine à réaliser les meilleurs résultats économiques possibles et à se hisser parmi les ensembles communautaires les plus performants dans le monde. Cette session de la CEDEAO, qui a vu la participation effective de treize chefs d’Etat sur quinze (seuls le Bénin et le Cap-Vert n’ont pas été représentés au plus haut niveau), a enregistré la présence des présidents Idriss Déby Itno du Tchad, Pierre Nkurunziza du Burundi, et Mohamed Ould Abdel Aziz de Mauritanie, ainsi que le Premier ministre du Maroc, M. Abdel-Ilah Benkiran. Le président Ouattara s’est réjoui des «contributions pertinentes» de ces invités spéciaux qui, a-t-il dit, « ont tenu à nous exprimer très clairement la manifestation de leur soutien à nos efforts de stabilisation en cours, notamment au nord du Mali ». Parlant plus spécifiquement des recommandations adoptées par le sommet, Alassane Ouattara a noté, au sujet du processus d’intégration régionale et des questions institutionnelles, que les objectifs et les ambitions demeurent intacts sur l’impérieux besoin d’accélérer l’intégration économique à travers la réalisation d’infrastructures et la mise en œuvre de politiques sectorielles communes au plan national. « Notre objectif à court terme est de renforcer davantage la crédibilité de nos institutions et de relever le niveau de notre démocratie, l’Etat de droit et la bonne gouvernance dans chacun de nos pays », a-t-il encore dit, soulignant que l’atteinte de cet objectif reste tributaire d’une indispensable appropriation, par les Etats membres, des textes et programmes communautaires.

Evoquant spécifiquement la crise au Mali, le président Ouattara a affirmé la détermination de la région, solidaire du soutien militaire français, à renforcer la normalisation institutionnelle dans ce pays et à poursuivre la mobilisation en faveur d’une sécurisation consolidée du Nord malien. « Pour l’essentiel, nous pouvons affirmer qu’à la lumière des recommandations du Conseil de médiation et de sécurité, nous avons entériné la taille de la Misma (Mission internationale de soutien au Mali) à 8 000 hommes. Son opérationnalité sur le terrain exige un budget de 950 millions de dollars, dont près de la moitié a été levée lors de la conférence des donateurs en Ethiopie », a-t-il déclaré. Au sujet de la Guinée-Bissau, Alassane Ouattara a salué les efforts menés par les autorités de la transition pour améliorer la situation sociopolitique avant d’encourager le pays à demeurer sur la voie de la normalité institutionnelle et de se féliciter des progrès accomplis dans les négociations menées au niveau interne dans le cadre d’un dialogue inclusif. Le président en exercice de la CEDEAO a salué la convergence de vues que partage son organisation avec la Communauté des pays de langue portugaise (CPLP), l’Union africaine, les Nations unies et l’Union européenne sur la transition en cours en Guinée-Bissau, et estimé que l’heure est venue de soulager le peuple bissau-guinéen en levant les sanctions qui frappent le pays. A la suite du coup d’Etat intervenu le 12 avril 2012 en Guinée-Bissau, l’Union africaine avait suspendu ce pays, avec effet immédiat de toutes ses activités de l’organisation et cela, tant que l’ordre constitutionnel ne serait pas rétabli.  Le président Ouattara a enfin renouvelé les remerciements de l’organisation ouest-africaine à la France et au président François Hollande, mais aussi aux Nations unies, à l’Union européenne, à l’Union africaine ainsi qu’à la communauté internationale en général. Il a confondu dans les mêmes hommages le président du Tchad, Idriss Déby Itno pour sa détermination affichée à accompagner la CEDEAO dans l’éradication du terrorisme au nord du Mali et dans la zone sahélo-saharienne, avant de saluer l’Algérie, la Mauritanie et le Maroc pour leur coopération constructive dans la résolution de la crise malienne. Le 43ème sommet ordinaire de la CEDEAO se tiendra à Abuja, au Nigéria, à une date qui sera fixée ultérieurement.



Les maliens de Côte d’Ivoire contribuent à l’effort de guerre

Maliens de Côte d’Ivoire toujours mobilisés

Maliens de Côte d’Ivoire toujours mobilisés

15.000.000 de francs CFA voici la somme réunit ce samedi 2 février à la Maison du Mali (Abidjan-Plateau) lors du lancement de la caravane de mobilisation de fond pour soutenir l’armée malienne qui s’engage aux côtés des forces africaines et de la France pour lutter contre les groupes islamistes du nord-Mali. Cette somme a été rassemblée par les maliens vivants en Côte d’Ivoire, les amis du mali et les autres membres de la grande communauté CEDEAO vivant en Côte d’Ivoire. Selon Dao Ibrahim le responsable à la communication du projet de collecte de fond pour le Mali, 15.000.000 de f CFA levée d’une manière aussi spontanée est un geste encourageant ! « C’est déjà bon signe ! A partir de ce lundi (NDLR : 5 février) les carnets pour l’opération vont commencer à circuler dans tous les quartiers de telle sorte que tous ceux qui peuvent donner quelque chose puissent le faire pour que ces fonds remontent à nous » a-t-il fait savoir. Les femmes maliennes vivants en Côte d’Ivoire sont conscientes que leurs sœurs et leurs enfants payent un lourd tribu dans cette guerre à eux imposé par les islamistes. De ce fait, elles n’entendent pas rester les bras croisés face à cette grande opération de mobilisation de fond pour la patrie. Berthé Madina Diallo la présidente de l’Association des femmes maliennes de Côte d’Ivoire le dit à qui veut l’entendre : « les femmes soutiendront l’effort de guerre ». Elle lance l’appel suivant : « nous invitons tous les ressortissants maliens. Que ce soit 5 f ou 1000 f, qu’ils se mobilisent pour nous venir en aide. Nous avons installé des sous-commissions dans chaque commune et ces sous-commissions sont dirigées de facto par les responsables de commune ». Cette proximité permettra à chaque malien d’apporter quelque chose pour soutenir son armée. Au-delà des communes d’Abidjan, c’est une vaste opération de mobilisation qui va s’ébranler dans toute la Côte d’Ivoire pour toucher les maliens dans les hameaux les plus reculés.

La cérémonie officielle marquant le lancement de la campagne de mobilisation de fond pour le Mali a été rehaussé par la présence du Président de l’Assemblée Nationale Malienne. Younoussou Touré se félicite de la mobilisation de ces compatriotes autour de leur armée et de cette cause noble qu’est la libération de leur pays. « C’est un sentiment de fierté qui m’anime et je dois vous dire que ce que nous avons vu ici est très encourageant. Nous avons vu des maliens enthousiastes rien qu’à l’idée d’apporter leur contribution à l’effort de guerre. Pour cette première levée de fond, ce qui a été collecté est vraiment très important » s’est félicité le Président de l’Assemblée Nationale Malienne. L’Ambassadeur du Mali en Côte d’Ivoire partage le sentiment de joie du Président de l’Assemblée Nationale Malienne. En tant que premier responsable de la communauté malienne vivant en Côte d’Ivoire, Son Excellence Seydou Traoré invite ses frères et sœurs à rester mobilisé pour la libération du Mali mais surtout à continuer de respecter les lois du pays d’accueil qui ne cesse de s’engager aux côtés du Mali pour une issue favorable de la crise. La vaste collecte de fond initiée par la communauté malienne se poursuit jusqu’au 25 février 2013.

SUY Kahofi



Côte d’Ivoire/2013 : quel avenir économique ?

Cette assurance pourra-t-elle résister aux défis économiques ?

Cette assurance pourra-t-elle résister aux défis économiques ?

Le traditionnel discours de l’an du Président Alassane Ouattara au peuple de Côte d’Ivoire a été une adresse marquée par la relance économique et les perspectives de développement que 2013 pourrait offrir au pays. Ce discours porté sur l’économie n’a pas été du goût des opposants notamment le FPI. Le porte-parole du parti, Docteur Kodjo Richard estime que 2013 doit être en priorité l’année de réconciliation. Ce point de vue est partagé par Traoré Wodjo Fini le Président de la COSOPCI (Coalition de la Société Civile pour la Paix et le développement Démocratique). Selon lui la société civile attend du Président Alassane Ouattara un meilleur engagement sur des dossiers clés comme la justice et la promotion des droits de l’homme. Bien que ces questions aient timidement été abordées, une place prépondérante a été consacrée aux questions économiques. S’il est indéniable que la Côte d’Ivoire fait office de poids lourd économique en Afrique sub-saharienne francophone, force est de noter que le pays devra jouer des coudes pour véritablement s’imposer à attirer les investisseurs. Pour un pays qui vient de tourner la page d’une crise post-électorale sanglante il lui faudra convaincre sur plusieurs points pour espérer garder le cap de la reconstruction.

Le bilan économique de la Côte d’Ivoire pour l’année 2012 est plutôt satisfaisant selon les observateurs quand bien même les chiffres qui marquent l’indice de croissance sont diversement interprétés par les analystes. 2012, l’an un après la crise post-électorale a été l’année du repositionnement de la Côte d’Ivoire au plan sous-régional et international ; aussi bien au plan économique, politique que diplomatique. Un projet bien réussit par une forte mobilisation des compétences nationales mais surtout l’application d’une éco-diplomatie qui n’a pas tardé à porter ses fruits à travers le PND, le Programme National de Développement. 2013, l’an deux de la reconstruction sera encore prometteur si l’on s’en tient aux perspectives économiques annoncées mais la Côte d’Ivoire aux yeux du monde change de statut. Le pays en situation post-crise au chevet duquel les puissants de ce monde se pressaient est désormais un pays comme les autres. L’aide sera tout aussi mesuré et calibré et la Côte d’Ivoire devra la mériter. Cela suppose que sur la table des négociations les bailleurs de fonds n’hésiteront pas à poser des conditions qui pour l’instant dérangent terriblement. La première est le refrain sur la bonne gouvernance qui ne semble pas être la tasse de thé favorite des dirigeants Ivoiriens actuels. Gabegie, corruption, népotisme et favoritisme minent plus que jamais l’administration Ivoirienne. Au-delà, c’est l’épineuse question de la justice transparente qu’il faudra résoudre notamment dans la série des procès sur la crise post-électorale qui pour l’instant ne touchent que les pro-Gbagbo. Ajoutons à cela les cas de violations des droits de l’homme et l’insécurité pour lesquels les autorités sont très souvent interpelées et sur lesquels aucune amélioration concrète n’a été notée durant 2012 ! Il faudra plus que le potentiel économique classique de la Côte d’Ivoire au régime des Houphouétistes pour séduire les investisseurs en 2013 car l’heure de la compassion et de l’assistance humanitaire est bien passée. Désormais la Côte d’Ivoire au forum des donateurs devra justifier qu’elle mérite belle et bien l’aide qu’elle demande et que celle-ci ne viendra pas servir les intérêts d’un groupuscule de dirigeants dont le train de vie fait fortement jazzer la population.

SUY Kahofi



Week-end studieux à l’APDH!

Un formateur expliquant une diapo

Le siège de l’APDH (Action pour la Protection des Droits de l’Homme) sis Adjamé 220 logements a servit de cadre à un séminaire de formation des membres de l’ONG. Ce samedi 03 novembre de 8 h à 17 h, une vingtaine de personnes ont été instruites sur des notions importantes touchant aux droits de l’homme. A l’heure où la Côte d’Ivoire semble vivre au rythme des rapports d’ONG nationales et internationales, l’APDH estime qu’il est important de former ses membres pour que ceux-ci puissent être utiles à la cause d’Ivoiriens victimes de violation de leurs droits. Sur cette motivation, KOFFI Phinées du secrétariat général de l’APDH soutient « qu’il n’y a rien de plus dangereux qu’un défenseur des droits de l’homme qui ignore tout des droits de l’homme ! » Le séminaire de formation a donc pour mission première de faire le point des acquis des membres et de les actualiser. La formation a débuté par un module introductif aux Droits de l’Homme. Ce module animé par Fallet Tcheya le Président du Conseil d’Administration de l’APDH a permis aux séminaristes de revisiter les fondamentaux des droits de l’homme et d’avoir une véritable feuille de suivi pour les autres modules de la journée. Il s’agit au total de 7 modules qui abordent la question des droits de l’homme sous les angles nationaux, continentaux et universels. Nous citerons parmi les thèmes au centre des échanges les « Brèves considérations sur les ALPC et DDR« , « Introduction à la Justice transitionnelle« , « les systèmes de protection des Droits de l’Homme (le système Africain, Onusien, Européen)« … Au terme de la formation et des échanges qui ont duré toute la journée, les séminaristes ont quitté le siège de leur organisation satisfaits. En effet la qualité des enseignements dispensés et l’intérêt des membres de l’APDH pour les thématiques abordées soulignent une réelle volonté d’apprendre pour être utiles aux populations.

Suivi des projets de l’APDH

Au cours du séminaire de formation de l’APDH, nous avons fait le point sur le projet de l’ONG intitulé « Accompagnement juridique et judiciaire des victimes de la crise Ivoirienne« . Ce projet lancé ce 06 Juillet 2012 aura une durée de 12 mois (1 an) et s’articulera principalement autour de la sensibilisation et de la formation des victimes, des enquêtes de terrain et de procédure de saisine de la justice nationale et internationale. L’APDH bénéficie dans sa mission du soutient d’OSIWA et du Fonds de Soutien au Développement de l’Ambassade de France en Côte d’Ivoire. « Nous avons commencé l’exécution du projet avec une phase de sensibilisation à l’endroit des populations de 10 localités de la Côte d’Ivoire. Les thématiques que nous avons abordé durant cette première phase du projet sont la cohésion sociale, la culture démocratique, les droits de l’homme et le développement communautaire » a indiqué Eric-Aimé SEMIEN Président de l’APDH avant d’ajouter que cette « étape de sensibilisation était indispensable avant de commencer à travailler à proprement parlé avec les victimes ». Dans les différentes localités sillonnées, l’APDH a pu toucher du doigt les réalités que vivent les populations. Lors de certaines escales, il a été donné à l’ONG de constater un large faussé entre les populations : les tentions communautaires et ethniques sont encore très vives ! Dans ce contexte l’APDH devait user de tact pour faire passer le discours sur la réconciliation qui était très mal perçu par endroit. A chaque étape, au bas mot 150 personnes sont venus écouter les membres de l’ONG qui ont profité de la tournée de sensibilisation pour former les relais communautaires. Ceux-ci auront la charge de vulgariser les notions de droits de l’homme et de vivre ensemble auprès des populations. La première étape du projet étant achevée, Hien Sansan Claude soutient que « l’APDH va s’atteler à un travail de documentation des violations des droits de l’homme. Il ne s’agit pas de revenir sur les cas portés à la connaissance de la CPI mais de travailler sur ceux qui n’ont pas été relayé suffisamment, des cas anonymes, des victimes qui n’ont pas eu d’interlocuteurs ! ». Ces cas de violation des droits de l’homme dont parle l’APDH sont pour le moment estimés à 200 ! Après ce travail de documentation qui sera suivi d’une cartographie des cas de violation des droits de l’homme, l’organisation compte saisir en priorité les juridictions nationales puis seulement après les juridictions internationales.

SUY Kahofi



Tout pour de l’eau dans les quartiers d’Abidjan !

Habitants d’Abidjan recevant de l’eau potable de l’ONEP

L’accès à l’eau potable est devenu difficile dans plusieurs quartiers d’Abidjan. Il ne s’agit pas seulement des quartiers précaires de la ville mais également des quartiers chics où depuis la fin de la crise chacun utilise sa propre méthode pour avoir un peu d’eau potable.

Anono, village Ebrié situé en plein Cocody-Riviéra 2. Le village qui s’est très vite modernisé est une destination prisée pour de nombreux travailleurs soucieux de faire des économies en matière de transport. Les blocs de studio et deux pièces sortent quotidiennement de terre et attirent de plus en plus mais le quartier s’est taillé une réputation de zone à problème quand on parle du difficile accès à l’eau potable. « Anono vit au rythme des coupures d’eau. Vous avez de l’eau au robinet en moyenne 3 jours par semaine. Le reste du temps il faut se déplacer vers d’autres endroits pour en trouver » nous explique Kouassi Désiré un résidant. En effet il n’est pas difficile de voir à Anono de longue file de femmes et jeunes filles transportant des bassines et des seaux d’eau. « L’eau ne vient pas dans notre cours » me lance Rokia une jeune fille épuisée par la grosse bassine qui lui enfonce le cou. « On est obligé de sortir pour acheter l’eau avec les revendeurs » s’indigne Konan Affoué. Il faut débourser en moyenne 25 f CFA pour un seau, 50 f pour un jerricane, 75 ou 100 f pour la bassine ! « En plus de ces dépenses supplémentaires chaque jour, vous devez aussi régler la facture » conclu la mère de famille. Ce constat est le même au quartier Port-Bouët 2 à Yopougon où pour avoir de l’eau il faut se lever de bonne heure pour espérer être servit la première à la fontaine. « Si vous n’arrivez pas tôt les seaux sont tellement nombreux que vous devez aller plus loin » nous explique Doukouré. Cette maman, caissière dans un super-marché souligne que le problème d’eau occasionne d’énorme désagrément aux abidjanais. Difficile de se laver, d’avoir de l’eau potable pour la boisson et pour les travaux de la maison. Marcory, Port-Bouët, Koumassi, Abobo…tous les quartiers vivent la même réalité ! Alors lorsque l’eau se faire rare au robinet chacun utilise sa méthode pour avoir du ‘’jus’’.

Opération tuyau cassé !

L’eau qui se fait si rare dans les robinets est le plus souvent présente dans les canalisations de la compagnie d’eau (SODECI). Certains abidjanais exacerbés par cette situation se sont transformés en véritables vandales. Les tuyaux qui généralement sont enterrés à quelques centimètres dans le sol sont sortis avec la daba puis cassé ! « La SODECI se moque de nous. A la fin du mois les agents viennent nous tendre des factures aux montants exorbitants et chaque fois il y a des coupures » s’indigne un jeune homme. « Alors pour avoir de l’eau on joue les vandales » confie souriant Francis. Une fois les tuyaux sortis et cassés, c’est tout le quartier qui en profite et personne ne se gène pour interpeler le service de dépannage. « Si on les appelle c’est tout le quartier qui sera privé d’eau » souligne Mr N’guessan un habitant de Yopougon SIDECI. Chacun se sert puis le tuyau est rebouché avec des bouts de sachet en attendant le prochain passage des riverains ou des agents de la SODECI pour raccorder la canalisation. Ceux qui refusent de participer à ‘’l’opération tuyau cassé’’ doivent se rabattre sur des suppresseurs pour pomper l’eau. Il s’agit de petites pompes installées sur les compteurs d’eau pour accroitre le débit de l’eau. Cette pratique est interdite mais personne ne semble y prêter attention. A Marcory on affirme même que se sont les agents de la SODECI qui les placent pour se faire de l’argent. Lorsque les canalisations sont totalement vides il faut se résoudre à marcher des kilomètres pour trouver le liquide précieux dans d’autres quartiers. Détenteurs de fontaines et de bornes d’eau se frottent les mains. Moyennant une pièce, chacun vient chercher un seau ou une bassine pour ses besoins.

Penser à une solution à long terme

L’augmentation de la quantité d’eau fournit aux habitants d’Abidjan est une priorité pour le gouvernement qui vient de lancer un vaste projet de pompage à partir de la ville de Bonoua. En attendant que ce projet ne prenne vie, la SODECI tente de colmater ses canalisations sabotées et d’appuyer l’ONEP (l’office national de l’eau potable) dans les projets de distribution d’eau. Des camions-citernes de 80 hl sillonnent les quartiers les plus touchés par le manque d’eau pour distribuer le liquide aux populations. Chaque arrivée du camion est un soulagement pour les populations. « Quand ils viennent nous donner de l’eau ça nous arrange » confirme Ouédraogo Salimata avant de conclure que le passage du camion lui évite de marcher longtemps avant de trouver de l’eau. Elle estime néanmoins que le ravitaillement est insuffisant et ne se limite qu’à un passage par semaine. Un chauffeur de camion-citerne à l’ONEP nous confie qu’il ne s’agit pas d’un manque de volonté de satisfaire la population. « Il y a plusieurs quartiers à ravitailler or notre parc auto n’est pas assez fournit donc nous sommes obligés d’établir un programme de rotation par quartier pour essayer de satisfaire tout le monde » nous explique l’agent de l’ONEP. Quelques goûtes à PK 18 puis Attoban et N’pouto et ce sera ainsi jusqu’à ce qu’une solution durable soit trouvée au problème d’accès à l’eau potable à Abidjan.

SUY Kahofi