Tag : Crise Ivoirienne

« Une minute de silence » en hommage aux victimes de la crise ivoirienne

 » Une minute de silence «  c’est le titre du dernier film du jeune réalisateur ivoirien Armand Breh. Il s’agit du premier film ivoirien sur la crise post-électorale qui a secoué le « pays des éléphants » de décembre 2010 à avril 2011.

Du 4 avril 2011 au 4 avril 2014, il aura fallu trois ans au jeune réalisateur pour traduire dans un court métrage tout ce qu’il a vécu le 4 avril 2011, jour où il a été témoin de la chute des obus et autres missiles sur la capitale ivoirienne. Ce film est la photographie d’un triste moment de vie, celui d’un jour d’avril 2011 où les bombardements ont commencé à Abidjan lors de ce qui sera la dernière semaine de la crise post-électorale ivoirienne. Armand Breh a voulu immortaliser ce jour, mais aussi, et surtout mettre en lumière la souffrance d’un peuple ivoirien oublié par les deux camps qui se battaient pour un fauteuil présidentiel.

« Le 4 avril 2011 à 16 h 4, j’ai eu l’idée de faire ce film parce qu’en direct j’ai vu les hélicoptères des Nations unies (Onuci) bombarder le camp militaire d’Akouédo (Abidjan-ouest). Je suis habitué à manipuler les images avec des logiciels de montage, mais cette fois-ci c’était des images réelles ! Aucune raison ne justifie ce qui est arrivé sauf qu’il y a eu des dommages collatéraux »  explique le réalisateur.

Ces dommages collatéraux sont les victimes du drame ivoirien. Ces milliers de femmes d’hommes, d’enfants qui ont vécu terrés dans leur domicile tenaillés par la faim et l’incertitude, craignant de ne pas voir le soleil se lever le lendemain.

Une trame inspirée de faits réels

 » Une minute de silence  » est un court métrage tiré d’une histoire vraie et campe les dernières heures de vie d’Innocent K. Il s’agit d’un jeune homme dans la fleur de l’âge qui le 4 avril est fauché par une balle perdue et arraché à l’affection des siens ! Il symbolise toutes ces innocentes victimes mutilées à jamais ou mortes pour avoir été au mauvais endroit, au mauvais moment. Innocent, un personnage muet comme pour matérialiser cette incapacité des Ivoiriens à se faire entendre alors que le dialogue était laissé aux bombes.

« L’idée du personnage principal muet c’est surtout pour retranscrire l’idée que ce film est la voix des sans voix. Ceux qui n’ont pas pu s’exprimer pendant la crise, ceux qui n’ont pas pu dire leur souffrance. A travers ce personnage muet, le réalisateur caricature cette situation pour la montrer au grand jour », indique Yann Patrick Konan un des acteurs.

En plus d’avoir la particularité d’être le premier film sur la crise ivoirienne, Une minute de silence est un film hommage aux victimes de la crise qui a l’originalité d’être disponible en open source. C’est sur You tube que les internautes pourront voir et revoir gratuitement le court métrage. Un choix de diffusion du film que salue Israël Guebo entrepreneur numérique. Il estime qu’il s’agit d’une occasion pour les Ivoiriens de comprendre le point de vue du réalisateur sur la crise non pas du côté politique, mais de celui de la population.

Le film d’Armand Breh a été réalisé en grande partie avec des jeunes acteurs qui jouaient pour la plupart leur premier rôle. Le rappeur franco-congolais Youssoupha a autorisé quant à lui l’utilisation de son titre Rap Franc CFA pour la BO du court métrage.  » Une minute de silence, » un court métrage que certains cinéphiles aimeraient déjà retrouver dans un format plus long, mais le réalisateur à une autre vision des choses. Pour lui, la priorité c’est que chaque Ivoirien puisse voir ce film et en tirer une leçon pour l’avenir.



Droit de l’homme : Doudou Diène fait le point de sa mission

Doudou Diène, l’expert indépendant de l’ONU sur la question des droits de l’homme en Côte d’Ivoire

Doudou Diène, l’expert indépendant de l’ONU sur la question des droits de l’homme en Côte d’Ivoire

Doudou Diène, l’expert indépendant de l’ONU sur la question des droits de l’homme en Côte d’Ivoire était face à la presse ce 03 mai. L’objectif de cette rencontre était de faire le bilan de sa mission en Côte d’Ivoire.

Le point presse a été animé à Sébroko, le quartier général de l’ONUCI. Face aux journalistes de la presse nationale et internationale, Doudou Diène a fait le bilan de sa mission en Côte d’Ivoire. L’objectif de cette rencontre était d’informer les ivoiriens sur le contenu du rapport qu’il doit remettre aux Nations unies, rapport qui porte bien entendu sur l’évolution de la situation des droits de l’homme. Dès l’entame de son propos, l’expert indépendant a souligné que durant son séjour il a eu l’opportunité de rencontrer toutes les composantes de la société ivoirienne. Il s’agit principalement des membres du gouvernement, ceux de la société civile, les généraux de l’armée, les chefs coutumiers, certaines victimes de la crise post électorale, des détenus pro-Gbagbo, les différents partis politiques… Doudou Diène par ce large éventail a voulu toucher du doigt la situation des droits de l’homme en Côte d’Ivoire. Au terme de ses consultations, il a tiré une première conclusion qui pourrait donner de l’espoir au peuple de Côte d’Ivoire. « Beaucoup a été fait, et beaucoup reste encore à faire pour le respect des droits de l’homme », a-t-il affirmé.

« Nous avons passé en revue les manifestations de l’impunité depuis 1990 jusqu’à aujourd’hui, y compris la crise postélectorale et analysé les réponses apportées par le gouvernement et d’autre part mis en lumière les principes et les actions juridiques les plus appropriées pour combattre l’impunité et promouvoir une justice équitable sur la base du droit ivoirien et du droit international, et suite à tous ces échanges, des recommandations ont été faites » a indiqué Doudou Diène.

Au chapitre des recommandations

L’expert indépendant au chapitre des recommandations a demandé aux autorités ivoiriennes d’engager des poursuites contre tous les auteurs de crimes graves, quel que soit leur statut ou leur appartenance politique, ethnique ou religieuse. Sur ce point il a rappelé que seuls des partisans de l’ex-président Laurent Gbagbo ont été jusqu’à présent poursuivis pour des crimes commis durant la crise postélectorale de 2010-2011 qui a fait quelque 3.000 morts. Cette état de fait vaut régulièrement au régime du chef de l’Etat Alassane Ouattara l’accusation de favoriser une « justice des vainqueurs ». Il a invité les autorités Ivoiriennes à améliorer les conditions de détention des prisonniers pro-gbagbo non sans prendre le soin de se réjouir du transfert de l’ex-première Dame à Abidjan pour des questions médicales. Au peuple de Côte d’Ivoire, Doudou Diène a rappelé son humanité et sa pratique du vivre ensemble qui ont été sapé par la crise post-électorale. Il s’est dit confiant dans les possibilités des Ivoiriens à cultiver la réconciliation et à promouvoir de nouveau la paix. Le rapport de l’expert indépendant  de l’ONU sera remis en juin à Genève,  au siège du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies.

SUY Kahofi



Football pour la paix avec le RASALAO-CI

La prolifération des armes légères constitue un problème de sécurité

Le Réseau d’action sur les armes légères en Afrique de l’Ouest, section Côte d’Ivoire (RASALAO-CI) et son partenaire financier à savoir l’organisme Allemand GIZ (agence de coopération allemande) viennent de lancer un projet pilote pour la réconciliation. Il s’agit d’un séminaire de formation doublé d’une activité sportive baptisé « Football pour la paix« . Cette activité s’étendra sur toute la semaine du 15 au 21 octobre dans la localité de Bonoua. Ce projet est conduit également avec le soutien de la COMNAT-ALPC (Commission Nationale de Lutte contre la prolifération des armes légères et de petits calibres). « Football pour la paix » vise à contribuer à la consolidation du processus de paix, à la réconciliation nationale et au rétablissement de la sécurité en Côte d’Ivoire par le désarmement civil. Selon Aka Victorien le Coordonnateur des points focaux du RASALAO-CI « la question de la circulation des armes légères et de petits calibres reste une problématique d’actualité car un nombre important de ces outils de mort sont encore en circulation en Côte d’Ivoire ». « Une arme n’est pas un « instrument » qui doit se retrouver entre les mains d’un civil. Aussi le RASALAO-CI, qui a hérité des activités de sensibilisation sur les armes légères de la part de la COMNAT-ALPC, met un point d’honneur à le faire comprendre aux populations » a ajouté Aka Victorien.

« Football pour la paix » est aussi une occasion de renforcer les capacités des points focaux du RASALAO-CI en vue de leur participation au désarmement civil. Deux formateurs venus du Rwanda aideront à la sensibilisation des jeunes. Il s’agit de Victor Emmanuel SEWABANA et Jean de DIEU KARERA respectivement Secrétaire exécutif et chargé de communication de l’ONG ESEPERANCE Rwanda. ESEPERANCE Rwanda a déjà une expérience dans l’utilisation du sport, particulièrement le football, comme moteur de sensibilisation. « Le football est aujourd’hui bien plus qu’un sport : il est un véritable outil de promotion des causes humanitaire. Aussi je crois que le RASALAO-CI peut réussir la mission de la sensibilisation sur les armes légères auprès des jeunes Ivoiriens à travers le football » soutient Jean de DIEU KARERA. Cette conviction dans le pouvoir du football est aussi partagée par KOFFI Phinées Casimir, secrétaire à la communication du RASALAO-CI. « Le choix du football n’est pas fortuit. Il a été fait à cause de l’amour que les Ivoiriens portent à ce sport. A travers ce projet nous organiseront des rencontres entre différentes composantes de la société pour décrisper l’atmosphère et établir un climat de confiance ».

Pour cette première de « Football pour la paix », un match opposera les jeunes de la cité de Bonoua aux éléments des Forces Républicaine de Côte d’Ivoire. Objectif, jeter les bases d’une franche collaboration entre les jeunes et les hommes en uniforme afin que les besoins sécuritaires de la ville soient jugulés par une compréhension réciproque de ces deux couches.

SUY Kahofi