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Décollage autorisé pour AIR Côte d’Ivoire !

17/05/2012 Aucun commentaire

La Côte d'Ivoire de nouveau dans le ciel africain

AIR Côte d’Ivoire voici le nom de la nouvelle compagnie nationale de transport aérien de la Côte d’Ivoire. Le pays qui a longtemps été absent du ciel africain signe son grand retour avec une entreprise portée par trois principaux actionnaires. Après de long mois de tractation la nouvelle compagnie aérienne Ivoirienne AIR Côte d’Ivoire vient de voir le jour grâce à un engagement du Gouvernement Ivoirien. Elle est le fruit d’un partenariat entre la Côte d’Ivoire et des acteurs privés qui ont pion sur rue dans le transport aérien africain. « Au départ nous étions deux entités à savoir l’Etat de Côte d’Ivoire et AIR France. La Côte d’Ivoire devait maintenir 51%, 14% pour le privé et 35% AIR France. En janvier 2012 nous avons été rejoint par le Réseau AGAKAN qui est venu prendre 15% des 35% d’AIR France » nous explique le Général Abdoulaye Coulibaly président du Comité de pilotage de la création de la compagnie pour ce qui est de la genèse des accords et de la répartition des parts dans le capital. La prise d’une part de 15% du capital de AIR Côte d’Ivoire par le Réseau AGAKAN avec AIR Burkina et AIR Mali place la Côte d’Ivoire dans une position confortable dans la sous-région avec la possibilité d’un trafic autour des 1 million de passagers d’ici fin 2012. Pierre Dekazo Directeur Afrique et moyen orient de AIR France apprécie l’idée de l’injection d’un capital africain dans la nouvelle AIR Côte d’Ivoire et pense que le succès de la compagnie aérienne repose sur l’appui que lui apporte les autres compagnies sous-régionales. « La compagnie est crée avec un partenariat avec les compagnies de pays voisin. C’est très important pour peut-être pas garantir mais donner une très grande chance de succès à cette nouvelle compagnie. C’est une façon de conforter la compagnie mais aussi de donner un bon service aux clients » souligne Directeur Afrique et moyen orient de AIR France.

La nouvelle AIR Côte d’Ivoire est le symbole de la fierté nationale et la marque de la souveraineté du pays. Le ministre Charles Koffi Diby de l’Economie et des Finances n’a pas manqué de le souligner non sans prendre le soin d’inviter les Ivoiriens à se joindre dans un futur proche à l’aventure de AIR Côte d’Ivoire. « L’Etat est porteur de plusieurs actions que nous cèderons d’ici quelque temps au secteur privé Ivoirien que ce soit les ménages, que ce soit les personnes morales. C’est la preuve que c’est une compagnie nationale : tous ceux qui le voudraient pourront participer à la prise d’action dans ce capital ». AIR Côte d’Ivoire sera aussi pourvoyeuse d’emploi car la compagnie n’aura que des pilotes Ivoiriens qui seront épaulés au plan technique par des pilotes de AIR France. Concernant le sort des anciens employés de la défunte AIR Ivoire, le Général Abdoulaye Coulibaly président du Conseil d’Administration d’AIR Côte d’Ivoire estime qu’ils seront privilégiés dans le nouveau recrutement mais la nouvelle compagnie aérienne ne s’engagera pas à effacer les créances d’AIR Ivoire.

SUY Kahofi

Relance du trafic commercial entre 4 pays membres de l’UEMOA

13/05/2012 Aucun commentaire

Les chargeurs veulent contribuer à la promotion de l'économie sous-régionale

L’épineux dossier du racket sur les routes ouest-africaines ne doit être en aucun cas un frein à la coopération sous régionale. Les chargeurs de la Côte d’Ivoire, du Niger, du Burkina Faso et du Mali l’ont comprit et ils ont décidé de s’engager ensemble pour relancer le trafic inter-état. Pour jeter les bases d’une collaboration en vue d’exécuter des projets communs, les chargeurs des quatre pays ont organisé une rencontre cette semaine à Abidjan. « La rencontre s’inscrit dans le cadre de nos ambitions d’intégration de nos économies. Tout ce que nous allons entreprendre le sera pour le bien de la sous région » déclare Koné Fakho le Président du Conseil d’Administration de l’Office Ivoirien des Chargeurs sur le bienfondé des travaux en terre Ivoirienne. L’union fait la force et les chargeurs de la Côte d’Ivoire, du Niger, du Burkina Faso et du Mali l’ont comprit si bien qu’au terme de la rencontre les uns et les autres ont vite fait de proposer une série de projets utiles aux quatre pays. « Nous avons décidé de mettre œuvre un système de traçage électronique des camions et des individus qui les conduisent. Ce système sera un projet continu entre la Côte d’Ivoire et les pays de l’hinterland. La décision a été aussi prise d’aménager surtout au niveau de la Côte d’Ivoire des aires de repos et de stationnement pour les chauffeurs » nous explique Koné Fakho.

La collaboration entre la Côte d’Ivoire, le Niger, le Burkina Faso et le Mali revêt donc une importance capitale dans la mesure où à court terme les projets mis en œuvre pour faciliter le trafic auront un impact positif sur les économies de chaque pays. Baba Laye Dao le Président de l’Office Malien des Chargeurs en est fortement convaincu voici pourquoi il appelle au renouvellement de ce type contact inter-états. « Il faudrait qu’on se rencontre beaucoup plus souvent parce que de toute façon nos économies sont des économies intégrées et aucun pays ne peut se passer de l’autre ! » La Côte d’Ivoire et le Burkina Faso qui affichent une excellente coopération en matière de trafic inter-état ont présenté à titre d’exemple les points forts et les insuffisances de cette coopération. Les quelques zones d’ombre n’ont pas empêché Traoré Ali le Directeur Général du Conseil Burkinabé des Chargeurs de souligner la montée en puissance des échanges depuis la fin de la crise post-électorale Ivoirienne. « Le Burkina et la Côte d’Ivoire il y a non seulement le corridor routier mais il y a aussi le corridor ferroviaire. Avant la crise le trafic du port d’Abidjan dépassait pratiquement les 65 à 70%. Avec la crise le régime a baissé mais au moment où je vous parle les choses ont changé et la tendance est à la hausse ».

Pour plus d’efficacité dans l’action, le suivi des projets communs sur les corridors routiers de la Côte d’Ivoire, du Niger, du Burkina Faso et du Mali sera l’affaire d’un comité technique.

SUY Kahofi

Mission du Conseil de Sécurité en Côte d’Ivoire

10/05/2012 Aucun commentaire

Le Conseil de Sécurité de l'ONU

Une délégation du Conseil de sécurité effectuera une visite de travail dans la sous-région notamment au Libéria, en Sierra Léone et en Côte d’Ivoire, où elle arrivera le 20 mai, a annoncé jeudi le Porte-parole adjoint de l’Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire (ONUCI), Kenneth Blackman, au cours du point de presse hebdomadaire. Selon M Blackman, la visite du Conseil de sécurité était à l’ordre du jour de la rencontre que le Représentant spécial adjoint du Secrétaire général des Nations unies pour la Côte d’Ivoire, Arnauld Akodjénou, a eu mardi 9 mai 2012, avec le Premier  ministre ivoirien. Jeannot Ahoussou Kouadio à la primature. « Outre le conseil de sécurité, M Akodjénou et son hôte ont fait un tour d’horizon de l’actualité, y compris le dialogue inter-ivoirien, les évasions des pénitentiaires et les questions sécuritaires », a indiqué M Blackman.

Revenant à l’agenda du Conseil de sécurité, le porte-parole a informé la presse qu’en Côte d’Ivoire, la délégation évaluera entre autres les progrès réalisés dans les domaines de la réforme du secteur de la sécurité et le désarmement, la démobilisation et la réinsertion, la situation sécuritaire, et la situation humanitaire à la frontière avec le Liberia. « Elle s’imprégnera des efforts consentis par les acteurs ivoiriens pour promouvoir la réconciliation aux niveaux local et national, et pour réaliser la bonne gouvernance ainsi que la lutte contre l’impunité et pour la justice impartiale », a-t-il précisé. Au chapitre humanitaire, le Porte-parole a fait part de la visite à Taï, du Représentant spécial adjoint pour les affaires humanitaires, M. Ndolamb Ngokwey. La délégation humanitaire qu’il dirigeait s’est s’entretenu notamment avec les autorités et les personnes déplacées. « Il s’agissait d’une mission d’évaluation suite aux événements qui se sont déroulés dans la région au mois d’avril », a précisé M. Blackman. Dans un autre registre, le porte-parole a souligné la journée d’échanges sur les médias et le processus Désarmement, démobilisation et réinsertion (DDR) au profit d’une vingtaine de journalistes de la presse nationale. L’objectif, a expliqué M. Blackman, était d’outiller ces journalistes pour mieux couvrir et mieux expliquer le processus dont le rôle d’accompagnement de l’ONUCI est d’aider le Gouvernement ivoirien à élaborer un nouveau programme national de DDR et à sa mise en œuvre. Selon le Porte-parole, la Division DDR organise deux  ateliers similaires à Bouaké, les 15 et 17 mai sur le thème de « L’appui des Nations Unies au DDR et à la lutte contre les armes légères et de petit calibre ». D’autres seront également organisés par la Division, a-t-il ajouté.

Au plan militaire, le Porte-parole a annoncé l’arrivée le 4 mai dernier, du nouveau Commandant de la Force de l’ONUCI, le Général de Division Muhammad Iqbal Asi. Le General Iqbal Asi, de nationalité pakistanaise, remplace le Général Gnakoudé Béréna, qui a reçu, avant son départ de la Mission, la médaille d’honneur des Nations Unies et fait Chevalier de l’Ordre national par le Ministre ivoirien chargé de la Défense, Paul Koffi Koffi. L’ONUCI poursuit ses activités de sensibilisation à la cohésion sociale et à la réconciliation nationale, dans toutes les régions de la Côte d’Ivoire à travers ONUCI Tour, des activités sportives et culturelles, ainsi que des séminaires au profit des élus, cadres et membres du corps préfectoral, sur le processus de la réconciliation nationale et le renforcement des capacités en matière de culture de la paix auront lieu la semaine prochaine. Le premier séminaire aura lieu le 15 mai à Bondoukou pour la région du Zanzan. Le deuxième aura lieu le 16 mai à Yamoussoukro, pour la région du Bélier. Un atelier de réflexion et d’échanges destiné aux médias et à la société civile se déroulera les 15-16 mai à Soubré sur le thème ‘’ Le rôle des medias locaux et de la société civile dans le renforcement de la cohésion sociale et d’une sortie de crise réussie’’. Pour terminer, M Blackman a annoncé l’organisation par la section Etat de Droit de la mission, d’une journée portes-ouvertes au tribunal de 1ere instance de Bouaké. Cette activité, a-t-il expliqué, consiste à inviter les populations à venir rencontrer les magistrats et autres fonctionnaires qui travaillent au tribunal, pour mieux comprendre le travail de la justice. Cela, a souligné le porte-parole, permet aux populations qui ont longtemps souffert de l’absence de la justice, de se rapprocher du tribunal pour mieux faire respecter leurs droits. « Ceci, nous l’espérons, conduira à renforcer la confiance des populations envers la justice après la longue crise que la Côte d’Ivoire a connue », a indiqué  M. Blackman.

Le GIABA renforce la lutte contre le blanchiment d’argent

07/05/2012 Aucun commentaire

L'argent sale plombe les économies sous-régionale

Le GIABA, le Groupe Intergouvernemental d’Action contre le Blanchiment d’Argent en Afrique de l’Ouest a débuté depuis le 2 mai sa 17ème commission technique et réunion plénière à Abidjan capitale économique de la Côte d’Ivoire. L’objectif premier est de partager les expériences de lutte, de faire des recommandations pour freiner l’avancée du fléau et surtout d’analyser les rapports par pays pour relever les insuffisances et conseiller au mieux les Etats membres.

Un fléau pour les économies sous régionales

Au jour 2 des échanges, Mme Elisabeth N’dèye Diaw Directrice Général adjointe du GIABA a tenu à souligner la nocivité du blanchiment sur les économies ouest-africaines. « Une fois l’argent du blanchiment sur place il fait l’objet d’un virement soudent vers d’autres marchés financiers dans le cadre de l’empilage ou de la dissimulation des ressources d’où un risque systémique bancaire si le blanchiment est pratiqué à grande échelle dans le système financier d’un pays donné. Les commerces locaux et les entreprises locales ne peuvent plus suivre la concurrence face aux sociétés écrans ou de façades crées pour blanchir des fonds par des blanchisseurs qui pratiquent des prix en dessous des prix du marché car leur objectif n’est pas de faire du profit mais de dissimuler l’argent du crime ». Le blanchiment  constitue donc un risque réel pour la stabilité du système financier ouest-africain et annihile tous les efforts pour booster les efforts de développement économique du pays. Au plan politique les blanchisseurs risquent de s’emparer des rennes du pouvoir ou de positionner leurs hommes de main au cœur du pouvoir. Par l’argent sale il fausse le jeu démocratique, intimident les journalistes, les éliminent quand ils n’arrivent pas à la corrompre.

11ème réunion ministérielle et recommandations

Les travaux de la 11ème réunion ministérielle des Etats membres du Groupe Intergouvernemental d’Action contre le Blanchiment d’Argent en Afrique de l’Ouest GIABA se sont achevés ce samedi 05 mai à Abidjan. Face aux ministres et représentants des délégations gouvernementales le plaidoyer du Docteur Abdullahi Shebu, Directeur Général du GIABA s’est fait en faveur d’un appui plus important des gouvernements aux structures nationales de lutte contre le blanchiment d’argent et une meilleure coopération inter-état pour freiner le fléau. Au terme d’un huis clos pour analyser les recommandations issues des 3 jours d’échange des experts lors des assises de la 17ème commission technique, les ministres se sont engagés au nom de leurs pays respectifs à tout mettre en œuvre pour appliquer les dispositifs des lois LBC/FT – Blanchiment et lutte contre le financement du terrorisme – en vigueur au sein de la CEDEAO. Un engagement a été aussi pris d’appuyer les cellules nationales du renseignement financier à travers des formations pour le personnel et un appui technique pour optimiser les méthodes de recherche de données. Un souffle nouveau sera donné à la lutte contre la corruption et l’action judiciaire aura une place prépondérante dans la lutte contre le blanchiment. Autres mesures les transferts de fond dans l’anonymat porte ouverte à la dissimulation des capitaux seront combattus au même titre que la criminalité transfrontalière. Le ministre de l’intérieur Ivoirien, Hamed Bakayoko a appelé ses pairs à promouvoir l’approche intégrée sous-régionale de lutte à travers une meilleure mutualisation des expériences. Il a par ailleurs précisé que l’espace CEDEAO bien qu’étant à la recherche de capitaux frais pour financer son économie doit tout faire pour ne pas être une porte d’entrer à l’argent sale dans l’économie africaine. L’instabilité politique que plusieurs pays de la sous-région connaisse les rend vulnérable au fléau du blanchiment mais cela ne doit pas être un frein à la lutte à pour sa part précisée Giancarlo Del Bufalo Président du GAFI, le Groupe d’Action Financière.

SUY Kahofi 

Quand des pasteurs, prophètes, évangélistes monnaient la guérison des fidèles

05/05/2012 Aucun commentaire

Veillée de prière

Quand on a tout essayé et que les médicaments n’ont pas pu venir à bout de la maladie, il ne reste que la foi. Pasteurs et apôtres du Christ deviennent les derniers piliers face à la mort qui menace. Mais les solliciter coûte quelques billets. C’est ainsi, la guérison a un prix…

Si le Christ, de son vivant, avait guéri les malades en leur demandant des pièces d’or à l’effigie de Jules César… Mais non. Le fils de Dieu guérissait aveugles et boiteux sans demander un sou. Aujourd’hui, ceux qui se revendiquent comme ses fidèles serviteurs se pavanent en Lexus dans les rues d’Abidjan et ne semblent pas vouloir appliquer le principe de la charité du Maître. Les temps ont changé, les méthodes aussi ! Pour guérir, il faut mettre la main à la poche. La seule différence avec les cliniques, c’est que dans les églises, il n’y a ni seringues, ni bloc opératoire. Tout se fait par la prière et autres méthodes que certains fidèles remettent en cause.

Le démon est partout !

Certaines missions évangéliques d’Abidjan, la capitale du pays, sont devenues des centres de délivrance incontournables. Elles ont aménagé des pans entiers de leur surface pour que les malades viennent trouver la guérison. Le seul problème est que dans ces camps, tout est ramené à la chasse aux mauvais esprits ! Le paludisme évolue avec des petits démons, les problèmes gynécologiques avec la sirène des eaux Mamy Watta, la paralysie est là car le diable utilise vos pieds en guise de tabouret, etc. Les malades, déjà affaiblis, sont contraints au jeûne et les séances de délivrance occasionnent sont souvent d’interventions musclées pour calmer ceux qui convulsent. Cyriac Gohourou n’apprécie pas ces méthodes qu’il juge « sans véritable fondement biblique « . «  C’est un comportement déshumanisant de voir des malades être trimbalés dans tous les sens. Jésus guérissait sans forcément hurler ou toucher les malades alors d’où viennent ces méthodes qui souvent font couler des larmes aux parents et amis des malades ?  » s’interroge le jeune homme. René Amangoua, fidèle catholique, renchérit pour dénoncer ce qu’il qualifie «  de mauvaise foi des pasteurs et prophètes « . «  Je suis chrétien et je ne nierais pas que Dieu guérit les malades. Le seul hic, c’est que de nos jours, certains pasteurs préfèrent garder des malades qui peuvent se soigner dans les hôpitaux juste pour se faire de l’argent.  » Cet avis n’est pas celui de Célestin N’goran. L’éducateur pré-scolaire et chrétien évangélique estime que «  la majorité des malades qui sont guéris dans les églises ont fait le tour des hôpitaux, charlatans et guérisseurs sans avoir eu gain de cause.  » L’église devient donc le dernier recours et la foi est alors un argument utilisé par certains faux prophètes pour se faire de l’argent.

Le business de la guérison

Gertrude Kouamé a été comptable dans une mission évangélique d’Abidjan. Elle accepte de nous expliquer comment certains pasteurs ont monté des empires financiers par le commerce de la prière de guérison. «  On avait une caisse dédiée aux malades et souvent je pouvais me retrouver avec plus d’un million de FCFA simplement avec de prétendus dons de malades qui étaient en fait une somme obligatoire que chacun devait payer pour recevoir la guérison. Notre bien aimé révérend, en l’espace de quelques années, a offert un duplex à son épouse et se trouve être le propriétaire d’innombrables véhicules de transports en commun et de maisons en location. Je savais d’où venait l’argent et où il allait.  » Cet argent n’est pas la propriété du pasteur mais celle de l’église, même s’il s’avère que le pasteur est le fondateur de la mission. «  La Bible soutient que celui à qui on enseigne la parole peut faire participer ses biens à celui qui l’enseigne. C’est fort de cette parole inspirée des Saintes Ecritures que ceux qui viennent à nous acceptent de faire des dons à l’église. L’argent ne va pas dans nos poches mais dans les caisses de l’Eglise  » souligne un pasteur qui a souhaité resté anonyme. Bien difficile de croire que l’argent si  » difficilement  » gagné par les pasteurs puisse servir à autre chose qu’à leurs propres intérêts. Edouard Bailly, étudiant en criminologie, en est convaincu : «  Les scandales liés aux hommes de Dieu sont fréquents dans ce pays et tout tourne autour des cas d’infidélité et de l’argent. Le milieu du christianisme est aujourd’hui marqué par cet amour du matériel qui pousse des pasteurs à vendre leurs âmes au diable. Le business du commerce de la guérison est l’élément le plus visible de cet enrichissement illicite des hommes de Dieu car la foi ou la puissance que Dieu donne n’est à monnayer.  » Et pourtant.

SUY Kahofi

Côte d’Ivoire : manque de financement pour l’action humanitaire

01/05/2012 Aucun commentaire

Ndolamb Ngokwey et le représentant du Comité national de coordination de l’action humanitaire

Une rencontre entre les acteurs humanitaires et les bailleurs de fonds s’est tenue à Abidjan ce 30 avril 2012, dans la salle de conférence du Bureau International du travail (BIT). La rencontre, organisée par le Coordonnateur Humanitaire en Côte d’Ivoire, M. Ndolamb Ngokwey, en collaboration avec les Ministres d’Etat, Ministre du Plan et du Développement, M. Albert Mabri Toikeuse, représenté par son Directeur du Cabinet, M. Diaby Lanciné et Ministre de l’Emploi, des Affaires Sociales et de la Solidarité, M. Gilbert Kafana Koné, avait pour objectif d’attirer l’attention des bailleurs de fonds sur le sous financement de l’action humanitaire en Côte d’Ivoire et ses conséquences sur les populations vulnérables. Lors de son intervention, le Coordonnateur Humanitaire, M. Ndolamb Ngokwey, a souligné l’importance et la nécessité d’une action soutenue en faveur des populations affectées par la crise post-électorale. « Si la stabilité politique a permis un retour important de nombreux réfugiés et déplacés internes dans leurs zones d’origine, assurer une intégration durable demande une assistance conséquente », a déclaré M. Ndolamb Ngokwey. « Cette assistance, tant nécessaire, risque d’être compromise par le manque de financement », a-t-il ajouté.

Les présentations faites par M. Ndolamb Ngokwey et le représentant du Comité national de coordination de l’action humanitaire (CNCAH), ont dressé un état des besoins non-couverts. Selon M. Ndolamb Ngokwey, un financement inadéquat pourrait priver 400.000 personnes d’accès à l’eau potable à l’ouest du pays. De même, 5.000 abris ou maisons doivent être réhabilités ou construits pour permettre un retour durable. Environ 2 millions de personnes, dont 80.000 femmes enceintes et plus de 300.000 enfants de moins de cinq (5) ans seraient privés d’accès à des soins de santé de qualité. L’Appel Consolidé dit CAP 2012 pour la Côte d’Ivoire, lancé le 16 janvier dernier à Abidjan, n’est financé à ce jour qu’à hauteur de 18 pour cent, soit 31,2 millions de dollars US sur une requête initiale de 173 millions de dollars US.

SUY Kahofi

Côte d’Ivoire : Le conseil de sécurité reconduit l’embargo sur les armes

29/04/2012 Aucun commentaire

Siège de l'ONUCI ex-hôtel SEBROKO

Le Conseil de sécurité des Nations Unies a adopté, jeudi 26 avril 2012, la résolution 2045 qui maintient, jusqu’au 30 avril 2013, ses sanctions à l’égard de la fourniture, la vente ou le transfert d’armes à la Côte d’Ivoire ainsi que l’exportation du diamant brut  en provenance du territoire ivoirien.

La résolution comporte des exemptions permettant au Gouvernement ivoirien d’entraîner et d’équiper ses forces de sécurité, et de doter la police et la gendarmerie des armes et munitions nécessaires au maintien de l’ordre. Les exemptions traduisent également un souci de permettre une réponse proportionnée du Gouvernement aux menaces contre la sécurité de la population. La résolution explique les procédures à suivre par le Gouvernement pour bénéficier de certaines de ces exemptions accordées par le Conseil, qui salue les efforts des Ivoiriens pour soutenir la réconciliation nationale et la consolidation de la paix et se félicite de l’amélioration de la coopération que le Gouvernement a accordée au Groupe d’experts sur l’embargo. Les autorités ivoiriennes ont salué la résolution, et la considèrent, selon le Représentant Permanent de la Cote d’Ivoire auprès des Nations Unies, M. Youssoufou Bamba, comme « un encouragement du Conseil de sécurité à la Côte d’Ivoire à poursuivre ses efforts en vue de surmonter les défis importants restants ».

Exemptions : Matériel non-létal, matériel létal RSS…

Au chapitre des exemptions, la résolution stipule que le régime de sanctions ne s’appliqueront plus  ni à la fourniture de services de formation, de conseils et de compétences spécialisées en rapport avec les fonctions de sécurité et militaires, ni à la fourniture de véhicules civils aux forces de sécurité ivoiriennes. La prohibition de la fourniture, la vente ou le transfert d’armes ne s’appliquera pas non plus « aux fournitures destinées exclusivement à l’appui de l’Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire (ONUCI) et des forces françaises qui la soutiennent, ou à l’utilisation par celles-ci ». Sont également exempts, le « matériel militaire non létal destiné exclusivement à un usage humanitaire ou à des fins de protection  ainsi que le matériel de police non létal destiné à permettre aux forces de sécurité ivoiriennes d’utiliser une force appropriée et proportionnée afin de maintenir l’ordre. Cependant, dans les deux cas, une notification préalable doit être faite au Comité de sanctions. De même, la prohibition ne s’applique pas « aux armes et autres matériels létaux destinés aux forces de sécurité ivoiriennes dans le seul but d’appuyer le processus de réforme du secteur de la sécurité ou d’être utilisés dans le cadre de ce processus ». Dans ce cas, un accord préalable du Comité est requis. La résolution souligne que les notifications ou demandes préalables doivent être accompagnées de toutes les informations nécessaires, y compris l’utilisation à laquelle le matériel est destiné, l’utilisateur final, les caractéristiques techniques et le nombre d’articles à expédier ainsi que, le cas échéant, le fournisseur, la date envisagée de livraison, le mode de transport et l’itinéraire de transport. Le Conseil exhorte le Gouvernement ivoirien à permettre au Groupe d’experts et à l’ONUCI d’avoir accès aux équipements faisant l’objet de dérogations au moment de l’importation de ces équipements et avant qu’ils ne soient livrés aux utilisateurs et souligne que le Gouvernement devra marquer les armes et les matériels connexes à leur entrée sur le territoire de la Côte d’Ivoire et en tenir un registre.

Préoccupations : DDR, RSS, combattants illégaux, mercenaires…

Par ailleurs, la résolution exprime la préoccupation du Conseil de Sécurité face à l’inachèvement de la Réforme du Secteur de la sécurité (RSS) et du programme de désarmement, démobilisation et réinsertion (DDR), et à la circulation des armes, qui font peser une lourde menace sur la stabilité du pays. Toutefois le Conseil « accueille  avec satisfaction la création au sein du Gouvernement d’un groupe de travail sur la RSS et le DDR ainsi que les autres actions menées pour faire résolument face à ces problèmes ». La résolution réitère la ferme condamnation par le Conseil de « toutes violations des droits de l’homme et du droit international humanitaire en Côte d’Ivoire » et « toutes violences contre les populations civiles, y compris les femmes, les enfants, les personnes déplacées et les étrangers, ainsi que toutes autres exactions ou atteintes aux droits de l’homme ». Elle souligne que les auteurs de tels actes doivent être traduits en justice, que ce soit devant des tribunaux internes ou des tribunaux internationaux, et se félicite de l’étroite coopération du Gouvernement ivoirien avec la Cour pénale internationale dans ce contexte.

Le Conseil se déclare « préoccupé par les constations du Groupe d’experts concernant la mise en place d’un système de taxations illégales, l’aggravation de la criminalité […] et l’insuffisance des moyens humains et matériels affectés au contrôle des frontières ». Le Conseil « exhorte tous les combattants armés illégaux ivoiriens, y compris ceux se trouvant dans des pays voisins, à déposer immédiatement les armes ». Il « encourage l’ONUCI, dans les limites de son mandat, de ses capacités et des secteurs dans lesquels elle est déployée, à continuer d’aider le Gouvernement ivoirien à collecter et à entreposer ces armes et à enregistrer toute information pertinente les concernant ». Et il « demande au Gouvernement ivoirien […] de veiller à ce que ces armes soient neutralisées ou ne soient pas distribuées illégalement ». Le Conseil de sécurité se déclare « profondément préoccupé par la présence en Côte d’Ivoire de mercenaires, venant notamment de pays voisins, et invite les autorités ivoiriennes et libériennes à coordonner leur action pour régler ce problème ». Il encourage l’ONUCI et la Mission des Nations Unies au Libéria (MINUL) à continuer, dans les limites de leurs mandats, capacités et zones de déploiement respectifs, à coordonner étroitement l’assistance fournie aux Gouvernements ivoirien et libérien, respectivement, pour la surveillance de leur frontière, en accordant une attention particulière aux mouvements de combattants et aux transferts d’armes.

Libre accès pour le groupe d’experts sur l’embargo

La résolution réitère qu’il est nécessaire que les autorités ivoiriennes assurent le libre accès du Groupe d’experts sur l’embargo, l’ONUCI et la Force Licorne, aux cargaisons des avions et de tout véhicule de transport utilisant les ports, aéroports, terrains d’aviation, bases militaires et postes frontière, ainsi qu’à toutes les armes et munitions et tout matériel connexe de toutes les forces de sécurité armées. Elle « demande aux autorités ivoiriennes de lutter contre les systèmes de taxation illégaux qui perdurent, de prendre les mesures nécessaires pour rétablir et renforcer les institutions concernées, et de continuer à déployer des agents de douane et de police des frontières dans tout le pays … ». Par ailleurs, la résolution engage le Gouvernement ivoirien à ratifier et appliquer la Convention de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) sur les armes légères et de petit calibre, leurs munitions et autres matériels connexes. Un bilan de mi-parcours des mesures contenues dans la résolution devra être réalisé au plus tard le 31 octobre 2012.

France 2012 : ce que je retiens du 1er round

23/04/2012 5 commentaires

Des valeurs au-delà du jeu politique

Ce que je retiens du premier tour de la présidentielle française est loin d’être la haine politique plate que certains Ivoiriens, remontés contre Nicolas Sarkozy, badigeonnent sur leur mur facebook. Ce que je retiens chaque fois qu’une élection se déroule dans une Nation policée, c’est cette valeur intrinsèque du respect du jeu démocratique qui prévaut dans l’arène. Pendant que certains prétendus adversaires africains de Sarkozy appelaient je ne sais qui à voter contre Sarkozy avec des mots orduriers, les premiers concernés par le vote se contentaient d’échanger sur l’avenir de leur pays à travers des débats civilisés. L’avenir du pays, le bien-être du citoyen au-delà des chapelles politiques, le respect de la dignité humaine… Voici autant de valeur que certains Ivoiriens oublient quand ils se rendent aux urnes. Pour eux c’est Gbagbo ou le pays brûle ! Si ce n’est pas Ouattara on casse tout ! Hier dimanche avez-vous entendu chers Ivoiriens une chaîne de radio ou de télé françaises annoncer que des militants du PS et de l’UMP se sont affrontés à la machette dans les rues de Paris ? Avez-vous entendu un membre du bureau politique du PS dire de Sarkozy qu’il est une graine acide pour le sol français ? Avez-vous entendu un chargé de communication de Sarkozy dire de François Hollande qu’il est un assassin ou un bandit de grand chemin ? Pourquoi ce que l’occident nous donne comme bon modèle à suivre passe aussi difficilement ? Au lieu de nous époumoner à Abidjan à critiquer la politique française, nous ferions mieux d’apprendre ce que les autres nous enseignent avec humilité. Ce n’est pas la tête de Sarkozy qui doit être le débat mais la capacité que le peuple français a à organiser des élections sans violence et sans contestations. Là où notre CEI met trois jours pour annoncer des résultats, la France le fait en 1 heure ! Ça, c’est une leçon. Là où nous avons des slogans du genre on gagne ou on gagne, on nous propose des slogans rassembleurs. Ça, c’est une leçon ! Là où on pousse certains jeunes à devenir des Maguy le tocard, on éduque la jeunesse française au choix politique responsable. Ça, c’est une leçon ! Là ou on pousse certains à choisir ADO parce qu’il est dioula ou Gbagbo parce qu’il est bété, on se retrouve avec des candidats qui oublient qu’un tels est juif, roumains, breton…pour prôner un idéal celui de la Nation. Ça, c’est une leçon !

Jeune Ivoirien à qui l’on fait croire jour et nuit que quelque chose va changer si un tels ou un tels devient Président de la France, saches que ton esprit est sous le régime des manipulations politiques qui t’ont conduit dans les rues d’Abidjan kalachnikov en main. Quelque soit le Président qui débarque, la France-Afrique sera toujours là ! Quelque soit celui qui s’emmène Gbagbo restera dans le tourment de la justice qu’elle soit nationale ou internationale ! Quelque soit celui qui s’impose, les intérêts de la France seront toujours préservés ! Le chien ne mange pas la viande du chien comme disent les abidjanais. C’est une manière claire de te dire que rien ne changera. Au PS Gbagbo ‘’ne sentait pas bon’’ il y a longtemps : les mêmes socialistes sur lesquels certains comptent pour un revirement de situation à La Haye sont les mêmes qui ont dit de Gbagbo qu’il est infréquentable. Je n’ai jamais aimé la politique de Laurent Gbagbo mais ce jour là j’ai eu pitié pour lui car même à un animal de compagnie dont on ne veut plus on lui évite ce genre de propos. Jeune Ivoirien les minutes que tu uses à te mêler de la politique française qui ne t’apporte rien, dépense le à rechercher des bourses d’étude sur le web. Le temps que tu perds à injurier Sarkozy, tu peux l’utiliser largement pour chercher un emploi. Chacun son pays, chacun sa politique et les urnes sont bien gardées car au demeurant on aura jamais besoin des hélicoptères Ivoiriens pour sortir Sarkozy d’un bunker à l’Elysée mais c’est plutôt le contraire qui peut se produire a tout moment.

SUY Kahofi

Le secteur minier Ivoirien en plein essor

20/04/2012 un commentaire

Alassane Ouattara mise sur le dynamisme du secteur minier Ivoirien

Pendant de nombreuses années le secteur des mines a été le parent pauvre de l’économie Ivoirienne. Malgré la présence de pétrole au large du golf de guinée et une variété non négligeable de minerais dans son sous-sol, la Côte d’Ivoire n’a véritablement pas bénéficié des retombés du secteur minier. Le secteur n’occupait que 12.000 à 15.000 actifs dans le pays avec des exploitations traditionnelles ou semi-artisanales. Aujourd’hui avec l’exécution du programme de développement du Président Alassane Ouattara, le secteur minier est de nouveau sur la sellette avec l’arrivée de grands groupes dans le pays qui exploitent déjà des mines d’or ou explorent d’autres régions riches en fer et en manganèse. Le secteur minier est donc en plein essor en Côte d’Ivoire avec des découvertes très importantes de mine d’or et de gisements de pétrole en mer. Bien que depuis l’indépendance le développement de l’activité des mines a donné naissance à des sociétés d’Etat sensées réguler et promouvoir les activités du secteur, c’est seulement en cette année 2012 que des gisements d’or importants pour une exploitation industrielle ont été découverts. « Nous découvrons autant de gisements dans le pays aujourd’hui parce les méthodes que nous utilisions auparavant n’étaient pas les bonnes aussi bien pour l’Or que pour le Pétrole. En 10 ans il y a eu cinq forages or d’Avril à Décembre 2011 nous avons eu cinq forages ! Rien que pour cette année 2012, douze forages sont annoncés » nous explique Adama Toukara, le Ministre Ivoirien des Mines et de l’Energie.

Une ère nouvelle semble donc s’ouvrir pour le secteur des mines en Côte d’Ivoire avec de gros investissements. Des entreprises telles que TATA Steel sont en prospection pour le fer et RANDGOLD a déjà installé des usines pour l’exploitation de l’or. Le gouvernement Ivoirien veille à la dynamique du secteur car il est un gros pourvoyeur d’emploi en cette période de relance économique. « Le secteur minier emploie 30.000 personnes aujourd’hui ce qui est très salutaire pour le pays en cette période post-crise. Nous, je veux parler du ministère et des acteurs du secteur, nous voulons être un grand contributeur à la solution que le Président développe pour résoudre le problème du chômage des jeunes » affirme le Ministre des Mines et de l’Energie. Au-delà des salaires directs qui sont versés aux travailleurs et des impôts perçus par l’Etat, les entreprises qui opèrent dans le secteur des mines contribuent au développement des localités où elles sont implantées par la réalisation d’infrastructures socio-économiques. Avec l’essor du secteur minier et les actions sociales des entreprises, c’est plus de routes et de pistes, plus de centre de santé, plus d’école et plus de médicaments dans les hôpitaux pour les malades. A titre d’exemple nous citerons TATA Steel qui est pour l’instant en prospection et qui a décidé de recruter son personnel à Bangolo et de le former. Ainsi des jeunes filles sélectionnées sont déjà en formation et reviendront servir leur pays. Au-delà, l’entreprise apporte une assistance médicale aux populations et réalise des routes. Les mines apportent un véritable développement dans les régions et l’exemple de TATA Steel ne saurait faire de l’ombre à celui RANDGOLD à Tongon. L’entreprise a redonné vie à la piste pour aéronef, réalisé des barrages pour alimenter les villages en eau potable et soutenir l’agriculture locale sans oublier les écoles qu’elle continue de construire et des centaines d’emplois qu’elle offre aux populations riveraines.

Pour le Ministre Tounkara la belle aventure du secteur minier ne pourra se poursuivre que si les Ivoiriens acceptent de construire un climat de paix et de réconciliation à même de rassurer les investisseurs.

SUY Kahofi

11 avril : restauration ou mort de la démocratie en Côte d’Ivoire ?

11/04/2012 3 commentaires

 

Laurent Gbagbo est-il le seul coupable?

Voici un an jour pour jour que s’achevait la crise post-électorale Ivoirienne avec la chute du régime de la refondation. Laurent Gbagbo braqué contre la communauté internationale refusait de céder le pouvoir à son rival Alassane Ouattara au terme du second tour de la présidentielle de novembre 2011. La fin de l’histoire est connue de tous : l’ex-président ivoirien est sorti de son bunker sous une pluie de roquette. Un an après la chute de celui qu’on appelle le woody de mama, la Côte d’Ivoire continue de vivre et renoue même avec la croissance. Selon certains analystes, le taux de croissance devrait être supérieur à 8%. Un an après le 11 avril 2011 la Côte d’Ivoire continue de chercher sa voie car les deux chantiers les plus importants du programme Ouattara ne sont toujours pas achevés. D’un côté la réconciliation et de l’autre la restauration de la sécurité.

Insécurité, vie chère et réconciliation

La Côte d’Ivoire de son statut de havre de paix et de quiétude est aujourd’hui un asile pour bandits de grands chemins. Les vols, les meurtres, les braquages à l’arme lourde font parti du quotidien des Ivoiriens. « Il ne se passe pas une seule semaine sans que dans mon quartier on ne signale un vol ou un viol.  L’insécurité est aujourd’hui normal dans ce pays et le comble certains voleurs sont des éléments des FRCI » affirme un Ivoirien sous couvert de l’anonymat. Au-delà de cette insécurité galopante c’est aussi l’épineux dossier de la vie chère que le gouvernement Ouattara n’est toujours pas capable de résoudre. « La vie était chère avant la crise et aujourd’hui est encore plus grave. On n’arrive plus à manger à sa fin et le peu que vous avez ne peut pas vous permettre de vous nourrir convenablement » se lamente Chantal Kouakou une mère de famille. « Où allons-nous » s’écrit une autre mère de famille. Ehouré Joseline dénonce l’attitude des commerçants véreux. « Ils s’enrichissent sur le dos des pauvres en fixant des prix en fonction de la tête des clients et le comble rien n’est fait pour les arrêter ». L’autre débat, celui de la réconciliation est plus politisé. Le parti au pouvoir et l’opposition se rejettent la responsabilité du drame Ivoirien et s’accusent de manque de volonté pour rassembler les Ivoiriens. Si au sommet la querelle vire aux menaces par presse inter-posée, à la base les militants ne se font pas de cadeaux. « La réconciliation est de façade. Je suis de l’ouest mais depuis que je suis de retour dans le quartier tout le monde me regarde comme un pestiféré puisse que je suis de la même ethnie que l’ancien Président. On ne peut pas rendre tout un peuple responsable de ce qui est arrivé au pays » s’indigne Bahi avant de souligner que certains de ses voisins ne lui adresse plus la parole ! Pour Konaté un nordiste « le véritable obstacle à la réconciliation réside dans le refus du FPI de demander pardon ». Le FPI selon lui « ne peut pas jouer la victime là où tout le monde reconnait sa culpabilité ». Il faut donc que le FPI demande pardon avant toute chose estime le chef d’entreprise. Pour Méïté le nœud du problème réside dans le transfèrement de Laurent Gbagbo à la CPI. « Laurent Gbagbo est notre frère et je pense qu’on pouvait le laisser ici, le juger ici ou même le gracier. Ses partisans ne se sentent pas dans cette réconciliation simplement parce que leur leader est derrière les barreaux ». Pour Traoré Wodjo Fini la logique d’un Gbagbo en prison répond certes à un besoin de justice mais attention à ne pas tomber dans une logique justice des vainqueurs sur les vaincus. « Jusqu’à ce jour seuls les leaders d’un camp sont harcelés et cela n’est du tout bon pour  la justice transitionnelle ». Le pardon oui mais pas seulement celui venant du FPI car selon Konan Oscar « tous les Ivoiriens sont coupables. Cette crise est le résultat de la longue querelle de succession qui a commencé à la mort de Félix Houphouët Boigny. Chaque politicien doit des excuses et un pardon sincère au peuple parce que chaque fois c’est le peuple qui souffre ».

La Côte d’Ivoire veut devenir un hub de croissance pour la sous-région et même pour l’Afrique. Avant de réaliser se rêve elle doit avant tout se donner les moyens de devenir un pays respecté non pas pour sa richesse mais pour les solutions qu’elle trouvera à ses problèmes.

SUY Kahofi