La CEDEAO a un nouveau patron

John Dramani Mahama, président du Ghana et désormais président de la conférence des chefs d’Etat et de gouvernement de la CEDEAO

John Dramani Mahama, président du Ghana et désormais président de la conférence des chefs d’Etat et de gouvernement de la CEDEAO

La 44ème session ordinaire de la Conférence des chefs d’Etat et de gouvernement de la CEDEAO s’est achevé ce week end à Yamoussoukro la capitale politique ivoirienne. Retour sur les temps forts de cette rencontre qui aura mobilisé toute l’Afrique de l’Ouest.

Le long huis clos des chefs d’Etat et de gouvernement de ce vendredi 28 mars aura suscité la curiosité mais surtout donné l’opportunité aux observateurs de penser que les décideurs ouest-africains étaient en train de revoir la piste Helene Sirleaf Johnson. Le choix final des chefs d’Etat et de gouvernement aura eu raison du buzz médiatique autour de la présidente libérienne et de l’assurance des analystes politiques. Le président sortant Alassane Ouattara lors de la brève cérémonie de passation des charges a lui-même annoncé officiellement le nom de son successeur. John Dramani Mahama, président du Ghana et désormais président de la conférence des chefs d’Etat et de gouvernement pour un an. Le nouveau patron de la CEDEAO a déjà une vision claire de son action à la tête de l’organisation sous-régionale.

« J’aimerais m’attarder brièvement sur trois des points importants qui feront partie de mon action en qualité de nouveau président de la CEDEAO durant mon mandat. Le premier sera bien sûr de continuer de bâtir une CEDEAO de paix et de sécurité mais concomitamment de trouver des solutions idoines au chômage des jeunes. Le problème du chômage des jeunes à une implication sécuritaire et mérite une attention et des efforts particuliers » a indiqué John Dramani Mahama.

Le deuxième chantier consistera à relever le défi de l’intégration économique et monétaire et celui du développement de la sous-région. Quant au troisième axe prioritaire d’action, il sera consacré au développement, à l’extension et à la réhabilitation des infrastructures qui pourront aider la sous-région à se développer plus rapidement.

Au-delà de l’élection d’un nouveau président, la CEDEAO a profité de la 44ème session ordinaire de la Conférence des chefs d’Etat et de gouvernement pour rendre public ses importantes avancées sur les Accords de Partenariat Economique CEDEAO – Union Européenne et celui relatif au Tarif Extérieur Commun. En dehors de ces deux textes de coopération, Désiré KADRE Ouédraogo, président de la commission de la CEDEAO a souligné que l’organisation a fait un bon significatif dans l’exécution de son programme de coopération monétaire.

La 44ème session ordinaire de la Conférence des chefs d’Etat et de gouvernement montre une CEDEAO plus forte mais celle-ci ne doit pas baisser la garde face aux nouveaux défis sécuritaires qui la menace. Il s’agit du terrorisme, de la montée en puissance du crime organisé et du trafic de drogue.

« De zone de transit pour le trafic illicite de drogue, l’Afrique de l’Ouest s’est progressivement muée en une zone de transformation aux conséquences néfastes sur l’avenir des populations en particulier celui de la jeunesse ainsi sur que les économies et la stabilité dans la sous-région » a affirmé SAID Jinnit le représentant du secrétaire général des Nations Unis pour l’Afrique de l’Ouest.

Des défis sécuritaires pour lesquels l’Organisation des Nations Unies entend apporter tout son soutien à la CEDEAO et à l’Union du Fleuve Mano.

SUY Kahofi

Ebola en Guinée, Abidjan passe en mode vigilance

La situation de la fièvre Ebola en Guinée inquiète les ivoiriens (crédit libération.fr)

La situation de la fièvre Ebola en Guinée inquiète les ivoiriens (crédit libération.fr)

Pour ne pas être surpris par le virus Ebola, les autorités ivoiriennes qui s’inquiètent de la situation de la maladie en Guinée ont décidé de passer en mode vigilance. Au cœur de l’action, la prévention par des mesures d’hygiène et la mise sur pied d’un poste de coordination sanitaire avancée dans la région de l’ouest.

L’épicentre de la poussée du virus ébola en Guinée n’est qu’à 150 km de la Côte d’Ivoire. Les décès dans ce pays limitrophe inquiètes les populations et pour rassurer les ivoiriens notamment ceux de la frontière ouest, un mécanisme d’observation épidémiologique a été mis sur pied par les autorités ivoiriennes. Il s’agit, selon le Professeur Dagnan N’cho Simplice Directeur de l’Institut National de l’hygiène publique, de renforcer dans un premier temps la surveillance épidémiologique dans tout le pays notamment dans les zones de l’ouest. Le mécanisme de veille du Ministère de la santé et de la lutte contre le SIDA ne se limite pas à cette première mesure.

« Il s’agit aussi du renforcement du contrôle sanitaire aux frontières terrestres et aéroportuaires, le renforcement de la vigilance dans les services d’urgence des hôpitaux et au niveau des établissements sanitaires privés, l’organisation de la prise en charge des cas, la création d’un centre de coordination avancée à l’ouest l’organisation de campagne de sensibilisation » précise le Professeur Dagnan N’cho Simplice.

Au moment où le gouvernement ivoirien consolide son action grâce à une cellule interministérielle, il est important de souligner que des mesures sont déjà en vigueur sur le terrain. Il s’agit de la vigilance aux différentes frontières aéroportuaires et terrestres, la mise sur pied d’un poste de coordination avancée à la frontière ivoiro-guinéenne et surtout des mesures d’hygiène pour impliquer les populations dans le programme de prévention. Ces mesures de prévention sont l’interdiction de chasser et de consommer le gibier (chimpanzé, gorille, porc-et-pic, chauve-souris, antilope, gorille…). Eviter de consommer ces animaux et de la manipuler en cas de suspicion. Déclarer tous cas de personne infectée au personnel soignant des centres de santé les plus proches et isoler le malade. Désinfecter tout objet touché par les sécrétions du malade par une solution javellisée, se laver les mains avec de l’eau et du savon fréquemment et soigneusement.

Abidjan étant une importante plate-forme de transite dans la sous-région, les populations de la capitale économique ont commencé à observer ces mesures d’hygiène indiquée par le Ministère de la Santé et de la lutte contre le SIDA.

SUY Kahofi

La nationalité par déclaration, c’est quoi ?

Qui peut encore devenir ivoirien ?

Qui peut encore devenir ivoirien ?

La nationalité par déclaration n’est pas une nouveauté, elle est bien est une procédure spéciale qui avait été érigé dans le code la nationalité ivoirienne de 1961 et qui a été repris à la table ronde de Linas Marcoussis pour sortir de la crise ivoirienne en janvier 2003. Ainsi la nationalité par déclaration consiste en l’état de la loi du 13 septembre 2013 à saisir le juge, le substitut résident du lieu de naissance ou de résidence du requérant afin de faire une souscription de déclaration. Cette souscription qui est reçue par le magistrat du parquet du lieu de résidence ou de naissance doit être appuyée de certains documents afin que l’intégralité du dossier soit transmis au garde des sceaux. Celui-ci rend une décision d’acceptation après avoir consulté le dossier pour enfin délivrer un certificat de nationalité ivoirien aux requérants.

Sont bénéficiaires de la nationalité par déclaration ou peuvent prétendre à la nationalité par déclaration, les personnes nées en Côte d’Ivoire de parents étrangers et âgés de moins de 21 ans révolu à la date du 20 décembre 1961 : il s’agit de la première catégorie. La deuxième est composées de tous ceux et celles qui ont leurs résidences habituelles sans interruption en Côte d’Ivoire antérieurement au 7 août 1960 et leurs enfants nés en Côte d’Ivoire. La dernière catégorie touchée par cette disposition de loi est composée de l’ensemble des personnes nées en Côte d’Ivoire entre le 20 décembre 1961 et le 25 janvier 1973 de parents étrangers et leurs enfants. La loi sur la nationalité par déclaration impliquait la prise d’un décret d’application, chose qui été faite et rendu publique par le journal officiel du 22 janvier 2014. Les documents spéciaux à l’application de cette mesure sont en train d’être élaborés et un arrêté début avril devrait officialiser la période de souscription de déclaration qui ne coutera que 1500 f CFA y compris le timbre fiscal.

SUY Kahofi 

Les journalistes ivoiriens formés sur les ALPC

Les professionnels des médias peuvent aider à la lutte contre les ALPC

Les professionnels des médias peuvent aider à la lutte contre les ALPC

Le réseau des journalistes pour la paix et la sécurité (RJPS) a initié ce 18 mars 2014 un atelier de formation à destination des professionnels des médias sur la problématique des ALPC. Il s’agit d’une initiative soutenue par la COMNAT-ALPC et le GIZ.

La Côte d’Ivoire, comme de nombreux pays en situation post-conflit doit lutter contre les armes légères et de petits calibres qui alimentent encore les poches d’insécurité sur toute l’étendue de son territoire. Cette lutte passe avant tout par la sensibilisation au dépôt volontaire des armes, mais surtout par une meilleure information des populations sur les dangers liés aux ALPC. Dans cette stratégie de lutte, les professionnels des médias se présentent donc comme de puissants vecteurs pour atteindre les populations à la base a indiqué Kora Gouré Bi chargée du projet GIZ à la COMNAT-ALPC. C’est en grande partie ce qui justifie l’atelier de renforcement des capacités des journalistes organisé par le RJPS, la GIZ (Agence de coopération allemande) et la COMNAT-ALPC (Commission nationale de lutte contre la prolifération et la circulation illicites des armes légères et de petit calibre).

Pendant huit heures d’échange, les journalistes télé, radios, web et presse papier ont revisité les instruments nationaux et internationaux de la lutte, leur vocabulaire relatif aux armes, actualisé leurs données relatives à cette problématique. Ils ont aussi  échangé sur les mécanismes pour mieux accompagner le processus de sensibilisation. La présidente du RJPS, Michèle Pépé a félicité les journalistes pour l’engouement autour de cette formation et leur implication dans les travaux de groupe qui ont permis de dégager les défis et les opportunités de la contribution des journalistes aux efforts de contrôle des ALPC par la COMNAT. Ceux-ci ont souhaité une meilleure collaboration entre la COMNAT et le RJPS pour une meilleure synergie d’action. Ils ont pris l’engagement de mettre les plumes, micros et caméras à la disposition de la lutte contre les ALPC par des dossiers, reportages et enquêtes. Un engagement fort apprécié par le commissaire divisionnaire Djokouéhi Léon qui a reconnu que sans l’appui des acteurs des médias il serait bien difficile à la COMNAT de toucher la population.

Le secrétaire chargé de la sous-commission opération sécurité de la COMNAT a profité du temps de la formation pour livrer les derniers chiffres relatifs à la lutte contre la prolifération des ALPC. La Côte d’Ivoire c’est aujourd’hui 2 285 armes collectées par la COMNAT, 1 985 grenades, 402 000 munitions et 6 646 armes collectées par l’ADDR. Il faut ajouter que 6 785 armes obsolètes et 6 336 munitions non explosées ont été détruites quand depuis 2012 la Côte d’Ivoire s’est officiellement séparée de son stock de mines antipersonnel estimé à 1 526 unités.

SUY Kahofi

Le RGPH 2014 lancé ce 17 mars

Combien sont-ils à vivre en Côte d'Ivoire ?

Combien sont-ils à vivre en Côte d’Ivoire ?

Equipés de leurs Smartphones et PDA, les agents recenseurs ivoiriens prendront d’assaut les quartiers et villes de la Côte d’Ivoire ce 17 mars 2014 pour rendre effectif le RGPH, le Recensement Général de la Population et de l’Habitat.

C’est par l’enrôlement symbolique du chef de l’Etat Ivoirien que débutera officiellement l’opération nationale de recensement de la population. Le RGPH 2014 reporté mainte fois pour des questions techniques et budgétaires sera effectif ce 17 mars. Ce recensement général de la population est le premier depuis une vingtaine d’année, les autres programmés ayant été annulé pour des questions financières ou pour cause de crise.

Selon le Ministre du Plan et du Développement Albert Mabri Toikeuse l’opération de recensement n’a pour seul objectif que d’avoir les statistiques exactes afférant à la population vivant sur le territoire ivoirien. En l’absence de statistiques consolidées on ne sait toujours pas si le chiffre de 22 millions d’habitants avancé dans des documents officiels est vrai ! Au-delà, après plus de dix ans d’instabilité, le Gouvernement n’est plus capable de dire qui est ivoiriens et qui est installé en Côte d’Ivoire après avoir immigré. Il s’agit aussi et surtout de repartir l’intégralité de la population par classe d’âge, sexe et activités socio-professionnelles pour mieux définir les plans stratégiques de développement et les politiques économiques.

Si l’opération de recensement n’a rien de politique selon le Ministère du Plan et du Développement, les partis d’opposition et d’ailleurs de nombreux ivoiriens sont convaincus du contraire. Ne nous leurrons pas, à quelques foulées des élections présidentielles de 2015 le recensement général de la population permettra sans le dire de dessiner la nouvelle carte électorale. Mieux, elle sera un outil pour aider à consolider les listes d’électeurs et finaliser l’épineux dossier de la liste grise, celle des omis et des nouveaux votants. C’est la raison pour laquelle l’opposition a tenté par tous les moyens d’asseoir une commission politique de suivi du recensement. Une doléance rejetée par le pouvoir qui entend ne pas politiser son « affaire ».

SUY Kahofi