Le gouvernement ivoirien crie haro sur les sachets et sacs plastiques !

Les sachets et sacs plastiques sont l’une des premières sources de pollution en Côte d’Ivoire

Les sachets et sacs plastiques sont l’une des premières sources de pollution en Côte d’Ivoire

Depuis ce samedi 8 novembre 2014, la guerre contre les sachets plastiques en Côte d’Ivoire est officiellement déclarée en application du décret de mai 2013 portant interdiction de la production, de l’importation, de la commercialisation et de l’utilisation des sachets plastiques.

Le gouvernement ivoirien entend par sachet ou sac plastique ordinaire – donc désormais interdit – tout sachet ou sac en polyéthylène basse densité ou en tout autre matériau dont l’épaisseur est inférieure ou égale à 50 microns quelle que soit les dimensions en longueur et en largeur et non dégradable ou oxo-biodégradable. Les brigades de salubrité urbaines contrôleront les marchés pour veiller à l’application de cette mesure. Le ministre de l’Environnement, de la Salubrité et du Développement durable souligne que certaines exceptions et dérogations ont été prises. Lire la suite

« Embargo » sur les poissons de la lagune Ebrié

A quand le retour des pêcheurs sur la lagune ?

A quand le retour des pêcheurs sur la lagune ?

Voici près d’un mois que les populations Ivoiriennes ont été informées d’une décision gouvernementale qui passe plutôt mal. En effet les poissons des lagunes du sud principalement celles de Dabou et Jacqueville ont été déclaré impropres à la consommation. Les raisons évoquées par le ministère des ressources animales et halieutiques sont d’ordres sanitaires. La vase de la lagune est polluée ! Les déchets qui se déposent dans le fond lagunaire deviennent hautement toxiques sous l’action du réchauffement lagunaire. Cette pollution se manifeste par des poissons étouffés qui échouent sur les berges par bancs entiers. C’est donc de nombreux pêcheurs qui sont aujourd’hui au chômage avec cette décision du gouvernement. Plus un seul poisson, plus un seul crabe n’a été sorti des lagunes depuis près d’un mois !

Sur le chemin des pêcheurs et surtout des consommateurs du bon poisson frais des lagunes, il n’y a que des grincements de dents, de l’amertume et un mécontentement. Les pirogues sont à quai, les filets sont toujours au soleil et les commerçantes des marchés villageois sont en cessation d’activité. Le chef de village d’Ahuabo ne cache pas sa colère.

« Nous ne vivons que de la pêche et du fruit de la pêche. Voici plusieurs jours que nous ne mangeons que de la viande et pour des peuples lagunaires habitués au poisson c’est difficile. Personne n’a pollué la lagune avec du poison pour capturer des poissons. Le phénomène des poissons étouffés est naturelle et se produit à une période précise ».

La lagune n’est pas polluée confirme également le Maire de Dabou, Soukou Sess Mohamed qui confirme que ce phénomène qui touche la vase de la lagune est une situation cyclique.

« Ce phénomène depuis que cette lagune existe se produit chaque 7 ou 8 ans. Que les populations se calment : le Gouvernement travaille pour nous situer sur le problème. Le Préfet a été claire sur la consommation du poisson de la lagune et nous soutenons cette interdiction ».

Le Maire se veut formel à l’endroit des populations qui vivent de la pêche : chaque habitant doit respecter la décision des autorités sanitaires. Selon des indiscrétions, la décision de ne pas consommer les poissons de la lagune n’est pas respectée par certains pêcheurs. Ces derniers nuitamment se glissent en silence sur la lagune pour prendre les poissons. Une situation qui échappe aux autorités compétentes parce que n’ayant pas de moyens pour effectuer la surveillance des entendues d’eau. Ce poisson ainsi ramené clandestinement sur le marché est présenté comme une denrée venue d’autres villes voisines.

Pendant que le sort des poissons étouffés est en discussion dans les laboratoires, les consommateurs s’impatientent. Beugré Paul dit en avoir marre de manger les produits surgelés qui représentent une perte pour l’économie locale et une atteinte gustative aux palais des consommateurs !

« L’attente est longue ! Que nos autorités nous rassurent. Regardez, je viens de manger un bon foutou banane avec une sauce mais en lieu et place du poisson c’est une patte de bœuf. Si le phénomène est périodique et qu’il est passé, que le Ministère autorise de nouveau la pêche » plaide le gourmet.

Après un mois d’attente le poisson de la lagune de Dabou et de Jacqueville reviendra-t-il sur les tables des maquis ? Les résultats des analyses de la vase polluée seront-ils rendus publics ? Dans l’espoir d’une réponse favorable à toutes ces préoccupations, tous les Ivoiriens restent à l’écoute de la décision du Ministère des ressources animales et halieutiques.

SUY Kahofi

Côte d’Ivoire/2013 : quel avenir économique ?

Cette assurance pourra-t-elle résister aux défis économiques ?

Cette assurance pourra-t-elle résister aux défis économiques ?

Le traditionnel discours de l’an du Président Alassane Ouattara au peuple de Côte d’Ivoire a été une adresse marquée par la relance économique et les perspectives de développement que 2013 pourrait offrir au pays. Ce discours porté sur l’économie n’a pas été du goût des opposants notamment le FPI. Le porte-parole du parti, Docteur Kodjo Richard estime que 2013 doit être en priorité l’année de réconciliation. Ce point de vue est partagé par Traoré Wodjo Fini le Président de la COSOPCI (Coalition de la Société Civile pour la Paix et le développement Démocratique). Selon lui la société civile attend du Président Alassane Ouattara un meilleur engagement sur des dossiers clés comme la justice et la promotion des droits de l’homme. Bien que ces questions aient timidement été abordées, une place prépondérante a été consacrée aux questions économiques. S’il est indéniable que la Côte d’Ivoire fait office de poids lourd économique en Afrique sub-saharienne francophone, force est de noter que le pays devra jouer des coudes pour véritablement s’imposer à attirer les investisseurs. Pour un pays qui vient de tourner la page d’une crise post-électorale sanglante il lui faudra convaincre sur plusieurs points pour espérer garder le cap de la reconstruction.

Le bilan économique de la Côte d’Ivoire pour l’année 2012 est plutôt satisfaisant selon les observateurs quand bien même les chiffres qui marquent l’indice de croissance sont diversement interprétés par les analystes. 2012, l’an un après la crise post-électorale a été l’année du repositionnement de la Côte d’Ivoire au plan sous-régional et international ; aussi bien au plan économique, politique que diplomatique. Un projet bien réussit par une forte mobilisation des compétences nationales mais surtout l’application d’une éco-diplomatie qui n’a pas tardé à porter ses fruits à travers le PND, le Programme National de Développement. 2013, l’an deux de la reconstruction sera encore prometteur si l’on s’en tient aux perspectives économiques annoncées mais la Côte d’Ivoire aux yeux du monde change de statut. Le pays en situation post-crise au chevet duquel les puissants de ce monde se pressaient est désormais un pays comme les autres. L’aide sera tout aussi mesuré et calibré et la Côte d’Ivoire devra la mériter. Cela suppose que sur la table des négociations les bailleurs de fonds n’hésiteront pas à poser des conditions qui pour l’instant dérangent terriblement. La première est le refrain sur la bonne gouvernance qui ne semble pas être la tasse de thé favorite des dirigeants Ivoiriens actuels. Gabegie, corruption, népotisme et favoritisme minent plus que jamais l’administration Ivoirienne. Au-delà, c’est l’épineuse question de la justice transparente qu’il faudra résoudre notamment dans la série des procès sur la crise post-électorale qui pour l’instant ne touchent que les pro-Gbagbo. Ajoutons à cela les cas de violations des droits de l’homme et l’insécurité pour lesquels les autorités sont très souvent interpelées et sur lesquels aucune amélioration concrète n’a été notée durant 2012 ! Il faudra plus que le potentiel économique classique de la Côte d’Ivoire au régime des Houphouétistes pour séduire les investisseurs en 2013 car l’heure de la compassion et de l’assistance humanitaire est bien passée. Désormais la Côte d’Ivoire au forum des donateurs devra justifier qu’elle mérite belle et bien l’aide qu’elle demande et que celle-ci ne viendra pas servir les intérêts d’un groupuscule de dirigeants dont le train de vie fait fortement jazzer la population.

SUY Kahofi

Guichet unique des formalités d’entreprise : quel impact sur l’économie Ivoirienne ?

Cérémonie d'Ouverture du guichet unique des formalités d’entreprise

Cérémonie d’Ouverture du guichet unique des formalités d’entreprise

Le guichet unique des formalités d’entreprise s’inspire de l’exemple sénégalais qui a fait école dans la sous région comme un puissant outil de réduction des tracasseries administratives dans le processus de création des entreprises. Rendre opérationnel un tels outil pour la Côte d’Ivoire est un grand pas dans l’amélioration du climat des affaires. Le nouveau guichet a été conçu avec et pour le secteur privé et il est situé au sein de l’Immeuble Djékanou Abidjan-Plateau. Fruit du Groupe CEPICI, son premier impact sur l’économie ivoirienne est sans commune mesure selon le Ministre d’Etat Gon Coulibaly. Il réduit le temps de création d’une entreprise de 32 à 2 jours ! Au-delà il permet aux investisseurs de gagner en temps et en argent car il centralise la quasi-totalité des services intervenant dans le processus de création d’une entreprise. En effet il regroupe des administrations publiques telles que la direction générale des Impôts, le Greffe du tribunal, le ministère du Commerce, la Caisse nationale de prévoyance sociale et prévoit accueillir des services de la compagnie d’eau, d’électricité et de téléphone.

Sur le bien fondé du guichet unique des formalités d’entreprise, Daniel Kablan Duncan le Premier Ministre Ivoirien souligne qu’il pourra booster de nouveau l’investissement privé en Côte d’Ivoire. « L’auto-investissement public qui était de 4% en 1997-1998 et avait atteint 6% en 1999-2000 est tombé à 3% du PIB en 2010 et 2,1% du PIB en 2011 avant de remonter fortement à 5,4% en 2012 » indique le Premier Ministre. L’objectif est de faire monter ce chiffre à un taux de 9% en 2015 pour réaliser l’impératif de la reconstruction et de la réconciliation. Attaché à un esprit de bonne gouvernance, le Gouvernement Ivoirien entend rassurer les investisseurs par le guichet unique des formalités d’entreprise. Cela s’impose car l’abondance des matières premières agricoles et minières, le libre accès au marché intérieur, le fort potentiel énergétique ne peuvent en aucun cas attirer des investisseurs si le climat des affaires est marqué par les lourdeurs administratives et la corruption. Le premier ministre ivoirien rassure, le guichet unique des formalités d’entreprise aura pour mission de lutter contre ces fléaux mais aussi de diversifier les acteurs économiques. « Les énormes capacités d’investissement dont sont porteurs les opérateurs privés Ivoiriens, africains, des autres pays d’Europe et du continent asiatique n’avait pas alors été pris en compte et reste à explorer et à comptabiliser. Il est à souligner que d’autres projets non-inscrits au PND (Programme National de Développement) 2012-2015 ont été présentés par le secteur privé International » précise Daniel Kablan Duncan. Tous ces projets pour être exécuté dans les années avenirs grâce à l’amélioration du climat des affaires et surtout dans la confiance que les investisseurs place en la Côte d’Ivoire et son fort potentiel économique.

SUY Kahofi

Sur les pas des agents de vente abidjanais

Agents de vente dans le quartier de Yopougon (Abidjan)

« Je suis titulaire d’une licence en criminologie et je veux me présenter cette année au concours de police. Avec le yoyo à l’Université et un avenir incertain pour les jeunes de ce pays, je n’ai plus cette volonté de poursuivre mes études. C’est juste pour réunir de l’argent pour le concours que j’ai accepté l’offre de cette PME qui s’occupe de la vente de biens de consommation d’origine asiatique ». Comme Francis Aka, nombreux sont ces jeunes ivoiriens qui ont accepté un poste d’agent de vente au sein de ces PME qui se sont spécialisées dans la promotion de divers produits. Ils ont entre 18 et 35 ans, jeunes hommes ou jeunes femmes, ils sont de couches sociales défavorisées et veulent se faire de l’argent pour s’assurer les fins de mois en attendant des jours meilleurs. Plusieurs raisons les poussent donc vers cette profession : certains sont en quête d’argent pour financer leurs concours ou leurs petits projets, d’autres y viennent le temps de trouver un emploi stable et certains la pratique comme activité première. A Abidjan par respect pour ces jeunes gens on les appelle par abus de langage commerciaux ou démarcheurs !

« C’est un travail difficile ! »

La journée des agents de vente démarre par le regroupement matinal. Le responsable de la PME où travaille Francis notre jeune agent de vente réunit son effectif à un carrefour des 220 Logements dans le quartier marchand d’Adjamé. Ici les choses sont bien structurées : il arrive avec la marchandise en voiture et la répartie entre ses vendeurs. Après des conseils d’usage, chacun des agents choisit un axe routier ou un secteur d’un quartier où il peut facilement convaincre un maximum de personnes et vendre plus. Les agents de vente à Abidjan sont des as du nomadisme urbain : ils parcourent des dizaines de kilomètre à pied par jour sous le soleil. Cela impose une bonne condition physique ! « C’est dur mon frère! », lance Pacôme le collègue de Francis. « Si tu n’est pas un homme, tu ne peux pas faire un mois dans les rues ! Nombreux sont ceux qui partent parce qu’ils tombent trop malade. A la fin ce que tu gagnes passe facilement dans les médicaments » conclu le jeune homme. Pacôme n’a pas tord de dire qu’il faut avoir le moral et surtout un physique assez solide pour exercer le métier d’agent de vente. Les vendeurs portes la totalité de leurs marchandises sur le dos. Entre 6 et 8 kilo de charge dans le sac à dos et le reste des articles entre les mains pour les proposer directement aux clients.

Les femmes sont aussi présentes sur le terrain

Pélagie Gueu et sa petite sœur sont bien connues à Abobo-gare pour leurs petits produits qu’elles proposent chaque jour. « Nous les ‘’démarcheurs’’ nous vendons un peu de tout : des postes de radio, des ventilateurs, des brûleurs et foyer pour butane, des lecteurs DVD, des plateaux de cuisine et à cause des coupures d’électricité intempestifs dans certains quartiers d’Abidjan des lampes torches rechargeables ». Pélagie Gueu donnait dans la restauration jusqu’à ce qu’elle perde tout à la suite de ce qu’elle qualifie « de mystérieuse maladie ». Elle espère faire des économies pour ouvrir un nouvel Allokodrome (espace gastronomique aménagé pour vendre des frites de banane). Quant à sa petite sœur Prisca, elle compte continuer cette activité. « Je suis fatigué des jobs de fille de ménage. Nos patronnes nous maltraitent et nous traitent comme leurs esclaves. Ici au moins on me respecte et je m’entends avec mes clients et mes amis ».

Pour ce qui est de la rémunération, les agents de vente sont payés selon un pourcentage sur chaque article vendu. Certaines structures plus solidement implantées proposent un salaire de base et ensuite un pourcentage après vente mais dans majorité des cas les pourcentages oscillent entre 500 f CFA et 1500 f CFA pour celui qui sait vendre. « Pour se faire de l’argent dans ce milieu il faut savoir convaincre. Plus vous arrivez à vendre au prix le plus élevé plus votre bénéfice est important » nous explique Francis Aka.

SUY Kahofi