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Nouvelles tensions sur le campus universitaire de Cocody

Véhicule incendié à l’Université de Cocody

Véhicule incendié à l’Université de Cocody

Depuis ce week-end, la FESCI (Fédération Estudiantine et Scolaire de Côte d’Ivoire) a lancé un nouveau mot d’ordre de grève. Un blocus sur les activités universitaires qui commencent sur fond de violences.

Ce lundi 18 juillet, les étudiants régulièrement inscrits à l’Université de Cocody ont débuté les cours dans le calme malgré l’appel à la grève de la FESCI. Ce calme ne sera que de courte durée puisse qu’un groupe d’étudiants va investir le campus. Selon les informations recueillies sur place, les étudiants protestent contre la présence de la police sur la cité en violation des franchises universitaires. Au-delà ils demandent l’amélioration des conditions d’études, la réforme du système LMD et le maintien des étudiants dans leurs chambres. En effet, le gouvernement prévoit de libérer la cité universitaire de Cocody afin de loger les athlètes des jeux de la francophonie. (suite…)



Côte d’Ivoire : un homme de culture n’est plus !

 

L’artiste Zadi n’est plus !

Il aura surpris et éblouie par son talent et même éblouie par le choix de son jour de départ. Un homme de culture qui avait le français comme langue d’expression première s’en est allé un jour où cette langue est célébrée à travers le monde. Le Professeur Bernard Zadi Zaourou puisse que c’est de lui qu’il s’agit, a quitté le monde des vivants. Homme de culture, il a tiré sa révérence ce mardi dans une clinique à Abidjan à l’âge de 74 ans. Zadi Zahourou éminence grise et professeur d’université, il s’est illustré par la qualité des ses œuvres littéraires.

Effacé de la scène politique, depuis sa démission de la présidence de l’Union des socio-démocrates (USD) créé dans les années 1990, le Pr Zadi, connu également sous le nom de Bottey Zadi Zaourou, enseignant, écrivain, ancien ministre de la culture et de la francophonie, souffrait d’un mal pernicieux qui a eu raison de lui ce mardi dans une clinique de la capitale économique où il était hospitalisé depuis quelques jours, a précisé la source Concepteur du Didiga moderne ou « l’art de l’impensable », Zadi Zaourou a porté l’art dramatique ivoirien sur les fonts baptismaux, par un savant cocktail harmonieux des genres. Son écriture irradie tous les arts et son engagement pour la culture est reconnu de tous. De retour de Strasbourg où il obtient un doctorat d’Etat, Bernard Zadi Zaourou entre en tant qu’enseignant à l’Université d’Abidjan.

Très tôt, il devient une « star » de par son atypique vision de l’enseignement, de la contestation politique et de la perception des arts et de la culture africains. Il connut une carrière réussie d’enseignant-chercheur à l’Université de Cocody, précisément à la Faculté des lettres, arts et sciences humaines, et à l’Unité de formation et de recherche en langues, littératures et civilisations. Musicien, promoteur de l’arc musical, dès la fin des années 1970, Zadi Zaourou est un critique musical averti. Il est également un farouche défenseur de la tradition orale africaine qui met en dialogue discours historique, musique épique et esthétique littéraire. Il a consacré son énergie à cette œuvre pendant plusieurs années au Groupe de recherche en tradition orale (GRTO) où il fut directeur. Bernard Zadi Zaourou, homme de culture « insatiable », va créer, en 1990, un parti politique, l’Union des socio-démocrates (USD), à la faveur du retour au multipartisme en Côte d’Ivoire. Très vite, l’homme sera déchanté de la politique et va se retirer pour consacrer, ces dernières années, sa plume à l’animation de chroniques dans des journaux d’opinion.

SUY Kahofi



Vague de déguerpissement à Abidjan

 

Où dormiront cette mère et son bébé cette nuit ?

Le plan ORSEC qui a pour mission d’assainir les zones à risque de la capitale Ivoirienne est entré dans une autre phase que certains sur place qualifient de plus répressive. Le quartier présidentiel de Cocody a décidé de faire peau neuve et les victimes sont les habitants des bidonvilles de Wassa, Blingué I et II. Ces bidonvilles situés à 1500 m du domicile du Président Alassane Ouattara sont adossés depuis des années à l’Université de Cocody. Certains riverains affirment même que le bidonville de Wassa existe depuis 1930 ! La rumeur selon laquelle les nouvelles autorités Ivoiriennes voulaient ‘’en finir’’ avec ces bidonvilles circulait depuis des semaines. Il faut dire que ces baraques avec leurs vieilles tôles rouillées affichaient une misère insolente qui venait narguer les villas huppées du quartier chic de Cocody.

Tout commence trois semaines auparavant lorsque la notabilité des bidonvilles cités plus haut est obligée d’écourter une réunion à cause d’une rumeur persistante. « J’ai appris que les bulldozers stationnés aux abords du quartier sont là pour le raser ! » avait affirmé une jeune fille. Les habitants inquiets sont allés s’informer auprès du chef des travaux de l’université de Cocody qui a eu pour toute réponse cette phrase : « nous sommes là pour nettoyer les alentours de l’Université à cause des travaux d’extension ». Malgré cette réponse plutôt rassurante, l’information continue de circuler et c’est un élément des FRCI qui la confirme. Le Commandant Fargass en charge du secteur de Cocody étant en mission à Bouaké, c’est son second Bamba dit roujo qui est venu porter l’information selon laquelle le cadastre avait l’intention de raser effectivement les maisons ! Pour tenter une médiation, la notabilité s’est rendue à la Mairie, à la Préfecture et même envoyé une délégation de 10 personnes chez le Président de la République. Les tractations n’ont pas porté de fruit comme le souligne ce notable qui a requit l’anonymat. « On nous a fait croire que seule une partie de Wassa proche du grand portail de l’université serait rasée. On nous a même dit que Blingué II serait épargné mais à notre grande surprise les bulldozers ont marché sur les trois bidonvilles ».

 

Chacun se cherche !

Résultat de ce dialogue de sourd entre autorités et habitants le début depuis trois jours d’une vaste opération de déguerpissement. Le désarroi des habitants est grand à l’image de cette mère de famille assise entre ses ustensiles de cuisine. « Vers 2 heures du matin (25 juillet), on est venu nous dire que le Ministre a ordonné aux bulldozers de commencé à casser les maisons. Les gens qui étaient sur place lui auraient dit que les gens dorment et que le pire pouvait se produire. Après des échangent ils ont décidé d’opérer au petit matin. Comme vous pouvez le constater ils sont passé à l’action ». De quel Ministre s’agit-il ? Les populations hésitent entre celui de l’urbanisation et de l’éducation !

La polémique sur le dédommagement

Malgré le sit-in de ces dernières 48 heures sur l’axe carrefour Mitterrand – Collège moderne de Cocody les bidonvilles ont été détruits sous l’œil menaçant des éléments FRCI armes en mains. Contrairement à certains journaux de la place qui ont souligné qu’une opération de dédommagement a précédé ce déguerpissement, les habitants de Wassa, Blingué I et II sont formels : personne n’a reçu un seul centime ! « Comment des gens qui ont été dédommagés n’arrivent pas à payer un taxi pour transporter leurs bagages ? Depuis 2004 seuls les habitants du 3ème pont ont reçu de l’argent ! Personne ne nous a donné 5 f. On nous a demandé depuis trois jours de faire un recensement des populations pour procéder à un dédommagement et c’est profitant de cette fausse promesse qu’ils sont venus tout casser » déclare un notable des bidonvilles. Sur la question des indemnités de déguerpissement l’histoire nous enseigne que les habitants des bidonvilles font souvent preuve de mauvaise fois. L’épisode du bidonville Washington le montre très bien. Le Président Henri Konan Bédié avait fait raser le quartier puis relogé les habitants sur un site neuf, construit au frais de l’Etat avec des maisons modernes. Biabou le nouveau quartier n’a jamais été habité par les déguerpis de Washington. Les habitants ont vendu les maisons et sont revenus rebâtir le même bidonville sur le même site !

Pas si pauvre ces habitants !

Dans l’imaginaire populaire il n’y que les pauvres qui squattent les bidonvilles. Que nenni ! A Wassa, Blingué I et II ne vient pas y vivre qui veut. « Les loyers sont élevés ici. Moi j’ai une deux pièces à 13.000 f à Abobo mais ici vous avez les studios à partir de 18.000 f jusqu’à 35.000 f » souligne Coulibaly un chauffeur de taxi. Parmi les objets amassés sur le sol on remarque certains qui laissent deviner le niveau social des occupants. Parabole neuve, écran plasma dernière génération, climatiseur, chaîne hi-fi…appartiennent selon des jeunes du quartier à des tontons enseignants, professeurs, cadres d’entreprise qui profitent du loyer bas pour être à proximité de leurs lieux de travail.

Officiellement le déguerpissement de Wassa, Blingué I et II répond à des questions de sécurité mais cette phrase lancée par un homme en arme sur le site m’a fait sursauter. « Le Président veut avoir une large vue sur Abidjan quand il va au travail et surtout sur le chemin qui l’y mène » a-t-il lancé avec un large sourire. En Afrique on dit toujours qu’il n’y jamais de fumée sans feu et le citoyen est en droit de se poser une question : et si cette opération de déguerpissement n’était en fait qu’un prétexte pour la mise sur pied d’un plan de sécurisation du Chef de l’Etat ?

Suy Kahofi