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Côte d’Ivoire : reprise du dialogue politique

Les partis politiques se sont réunis à la primature pour amorcer le dialogue

Les partis politiques se sont réunis à la primature pour amorcer le dialogue

Le Front Populaire Ivoirien se sera finalement excusé dans l’après midi du jeudi. Evoquant certaines raisons que le ministre d’Etat Jeannot Ahoussou a préféré taire, le parti fidèle à Laurent Gbagbo n’a pas pris part à la première rencontre qui marque le retour des activités du cadre permanent de dialogue, le CPD.

Cette rencontre opposition-pouvoir en Côte d’Ivoire se tient après plusieurs autres qui auront permis à l’opposition d’exposer ses besoins et ses attentes au pouvoir. Pour l’année 2014, ce nouveau départ marquant la reprise du dialogue politique s’inscrit dans la droite ligne du discours de fin d’année du président Alassane Ouattara. Un discours qui prône une main tendu à l’opposition dans le sens de la recherche de la paix pour aboutir à une Côte d’Ivoire réconciliée.

Au terme de la rencontre de ce jeudi, le ministre en charge des affaires présidentielles a souligné que cette première  prise de contact avec l’opposition a permis d’identifier tous les problèmes politiques qui méritent de trouver des solutions. Les préoccupations des partis politiques venus à la table du dialogue sont pratiquement identiques à celles soulevées par le Front Populaire Ivoirien et qui sont contenues dans les propositions des Etats Généraux de la République voulu par Pascal Affi N’guessan. Ces préoccupations sont principalement le dégel des avoirs des personnalités politiques, la libération des prisonniers politiques, le financement des partis d’opposition et la régularisation de la situation des fonctionnaires en liberté provisoire. A cela s’ajoute deux autres préalables de l’opposition. Il s’agit de la refonte et de réorganisation de la Commission Electorale Indépendante (CEI) et de la révision de la liste électorale dans l’optique des élections de 2015.

Concernant cette dernière préoccupation, Youssouf Bakayoko le patron de la CEI a souligné que l’institution qu’il dirige est consciente de la nécessité de réviser la liste électorale de 2010 pour inclure les nouvelles personnes en âge de voter et celles qui ont été omises lors de la consolidation des fichiers électoraux. L’absence du FPI de cette première rencontre du CPD n’est pas le symbole d’une quelconque panne du dialogue politique ; le ministre d’Etat Ahoussou Jeannot estimant que le pouvoir d’Abidjan étant quêteurs de paix, il ira vers le parti de Laurent Gbagbo « probablement mardi prochain » pour échanger avec son président. Habitués aux constants effets d’annonce des politiciens, les ivoiriens estiment qu’il est temps que la classe politique ivoirienne puisse jouer franc jeu, faire preuve de sincérité afin d’aider à la réconciliation.

SUY Kahofi



21 avril : Abidjan un désert électoral pour un fiasco démocratique

Agents de la CEI oisifs un bureau de vote (@kingsuy)

Agents de la CEI oisifs un bureau de vote (@kingsuy)

Le processus électoral de sortie de crise s’est achevé ce 21 avril en Côte d’Ivoire. Celui-ci pour mémoire avait débuté en novembre 2010 avec les élections présidentielles qui se sont finalement soldées par une violente crise post-électorale. Ont suivi, les législatives encore marquées par des violences entraînant des partielles au mois de février 2012. Les élections régionales et municipales couplées quant à elles ont été reportées à deux reprises avant d’être pratiquement imposées en avril 2013.

Boycotte pacifique réussit

Dès l’annonce de cette date par le Conseil des Ministres, Richard Kodjo le secrétaire général du Front Populaire Ivoirien de Laurent Gbagbo n’est pas passé par quatre chemins pour annoncer la volonté de son parti (FPI) de boycotter le scrutin prétextant d’un dialogue politique de sourd au sommet de l’Etat. Malgré cet appel au boycotte une quinzaine de cadres du FPI vont apporter leur soutien dans plusieurs localités aux candidats du PDCI d’Henri Konan Bédié. Un écart de comportement sanctionné par le Directoire du FPI mais qui donne toute la mesure de la fragilité du navire RHDP. En effet ces élections ont permis de voir combien de fois le torchon brûle entre le PDCI et le RDR d’Alassane Ouattara. Une gué-guerre politique qui a engendré de nouvelles violences. Ces violences verbales, physiques et les actes de destruction qui les accompagnent étaient sans doute rendu possible par les enjeux de ces élections pour des postes de développement. Un engouement politique qui a permis d’enregistrer 659 têtes de listes pour les élections municipales et 84 au régionales. Une véritable course aux fonctions de maires et de conseillers régionaux qui s’est joué à coup de programme de société plus novateurs les uns que les autres mais aussi à coup de billet de CFA et de gadgets notamment les tee-shirts.

On ne vote pas les violents !

Les différentes stratégies de campagne on-t-elle porté leurs fruits ? Il faut bien attendre ce 21 avril pour le savoir. Ce dimanche de vote, la sanction est tombée. Les Ivoiriens ont boudé le scrutin au grand désarroi des représentants de candidats. L’espoir de l’affluence dès l’ouverture des bureaux de vote à vite laissé la place au découragement. Nombreux sont les Ivoiriens qui ne sont pas allés voter : les élections régionales et municipales ayant trop peu d’enjeu à leurs yeux. Au-delà, c’est une abstention sanction face une classe politique ivoirienne qui semble s’accommoder des violences électorales avec une certaine aisance.

« Les politiciens Ivoiriens ne sont pas sérieux ! Ils nous invitent à participer aux scrutins et après pour des résultats ils endeuillent des familles. Je ne vote plus et en plus je me prépare pour quitter ce pays avant les présidentielles de 2015 » avance déçu Kouakou Gérard, un jeune informaticien.

Seule une poignée d’Ivoiriens s’est déplacée vers les urnes. Un véritable désert électoral dans les dix communes d’Abidjan qui fait planer le taux de participation à 30%, selon les premières estimations. Une misère démocratique quant on sait que 5 millions d’Ivoiriens étaient attendus aux urnes ! La raison de ce désert électoral est toute simple : les candidats ont préféré se chicaner, s’injurier et s’agresser au lieu de s’opposer par des programmes de société.

« De nombreux candidats seront surpris par les résultats de ces élections. C’est la première fois que des élections couplées sont organisées en Côte d’Ivoire et très peu de candidats ont pris le soin d’indiquer à leurs militants et sympathisants comment voter.  Ils étaient plutôt préoccupés par des promesses électoralistes au point d’oublier l’éducation citoyenne » nous explique Nathalie Koné, directrice du CEFCI (Centre Féminin pour la Démocratie et les Droits Humains en Côte d’Ivoire).

Si la CEI, la Commission Electorale Indépendante, pour éviter toute contestation et proscrire le désordre à décidé de proclamer les résultats à partir de ce lundi, il n’y aura pas de suspens concernant le taux d’abstention et surtout celui des bulletins nuls. Sur ce dernier point, les Organisations de la Société Civile estiment que la proportion de bulletins impropres au comptage des voix pourrait osciller entre 15 % et 20 %.

SUY Kahofi



Revue de la presse du 04 au 09 mars 2013

La conseillère Afrique de l’Elysée, Hélène Legal,

La conseillère Afrique de l’Elysée, Hélène Legal,

Les Ivoiriens ont consacré le 8 mars à la célébration de la journée internationale de la femme. Une journée marquée par le message officiel du Gouvernement ivoirien lu par la Ministre Anne Ouloto. Fraternité Matin le quotidien à capitaux public relaie ce message qui insiste sur la volonté du Gouvernement de lutter contre les violences faites aux femmes. Dans ce combat l’Etat Ivoirien peut compter sur ses partenaires extérieurs si l’on s’en tient à L’Agence Ivoirienne de Presse. La France par la voix de son ambassadeur a réaffirmé son soutien aux femmes ivoiriennes par les mécanismes d’aide au développement. Toujours au compteur des relations franco-ivoiriennes, la conseillère Afrique de l’Elysée, Hélène Le Gal, s’est prononcé sur la plainte ouverte à Paris contre le président de l’Assemblée nationale Soro Guillaume. Au terme d’une audience à la présidence la diplomate française a affirmé dans les colonnes de L’Expression que l’Elysée n’entendait pas se mêler de ce problème. En effet Michel Gbagbo, le fils français de Laurent Gbagbo, nous apprend Le Nouveau Courrier a instruit une plainte contre le Président de l’Assemblée Nationale pour « enlèvement, séquestration, traitements inhumains et dégradants ». Cette semaine la CEI, la Commission Electorale Indépendante a enregistré les derniers dossiers pour les élections locales. Sur la question c’est le quotidien Le Jour Plus qui nous apprend que plus de 90% des candidatures ont été rejetées avant de révéler en page intérieure les raisons de ces rejets. Soir Info sans prendre le risque d’avancer des chiffres parle plutôt d’une vive tension ce 06 mars au siège de la Commission Electorale Indépendante, cependant le confrère confirme que plusieurs dossiers ont été invalidés. Fraternité Matin plus sobrement affiche à sa une : Elections couplées du 21 avril fini le dépôt des dossiers et d’ajouter dans la foulée pour les éventuels retardataires cette note d’espoir : la CEI s’en remet au Gouvernement. Seule certitude concernant ces élections avenirs la non-participation du FPI le Front Populaire Ivoirien chose que confirme Notre Voie. Malgré cette situation le confrère nous apprend cependant que le FPI maintient la flamme du dialogue avec le gouvernement puisse que ce 8 mars un tête-à-tête a eu lieu entre le Directoire de ce parti et le Premier Ministre Ivoirien. Les journaux proches de l’opposition ont consacré leur une à la grogne sociale. Les différents points de presse animés par les responsables syndicaux de l’enseignement et du personnel soignant sont largement relayés par nos confrères. Le Nouveau Courrier rapporte à sa une ces propos du Docteur Ernest ATTE Boka du SYNACACI qui affirme que le personnel soignant va boycotter la signature des bons de mutuelle ; Le Quotidien d’Abidjan annonce de son côté que les enseignants menacent encore de paralyser l’école quand LG Info nous apprend aussi que les enseignants du privé laïc entrent en grève le 18 mars prochain.

A la semaine prochaine !



L’ONUCI forme des hommes en armes et se prépare à la certification

 

Eléments de la Gendarmerie Ivoirienne

La police des Nations Unies (UNPOL) a procédé,  vendredi 3 février 2012, à la remise d’attestations à 20 officiers et sous officiers du Groupe d’intervention de la Gendarmerie et à 18 agents de la Compagnie Républicaine de Sécurité (CRS) de la police qui ont suivi des formations assurées par l’UNPOL. Avant de remettre les attestations aux 20 gendarmes au camp de la gendarmerie d’Agban, le Général Constant Prosper Sossou, contrôleur général de police et membre de l’UNPOL, a salué la disponibilité des formateurs. « Vous aviez su en peu de temps renforcer la capacité d’intervention de ce corps d’élite que constitue le groupe d’intervention de la gendarmerie »,  a dit le Gal. Sossou, qui présidait la cérémonie. Il a expliqué que la formation se situait dans la cadre du mandat de l’Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire (ONUCI), qui consiste à accompagner les populations ivoiriennes à sortir définitivement de la crise.

Il a demandé aux gendarmes formés d’être des relais capables de restituer la formation reçue. « Vous êtes un corps d’élite. Vous aviez été formés dans les meilleures écoles. Cette formation vous permet de vous rappeler ce que vous saviez déjà. Pour ce qui est de l’ONUCI, nous nous tiendrons toujours à vos côtés pour vous aider à être de bons relais de cette formation », a-t-il indiqué. A l’Ecole Nationale de police, où les attestations ont été décernées aux 18 policiers, le Gal. Sossou a souligné la difficulté de la tâche de la police. « Vous avez le devoir de protéger, à la fois les institutions de la République et les populations. Dans l’accomplissement de cette tache, il peut arriver qu’il y ait des dérapages. Cette formation vous permet d’éviter ces dérapages », a-t-il dit aux agents. Pour le commissaire Caire N’Guessan, porte-parole des stagiaires, cette formation était nécessaire parce qu’elle vient après les événements douloureux qu’a connus la Cote d’Ivoire. « Elle permet de mieux orienter le policier dans son rôle de gardien de l’ordre dans la cite » a-t-il indiqué. Débutées le lundi 30 janvier dernier, les formations avaient pour objectif d’accroître les connaissances techniques et les capacités d’intervention, selon les normes internationales,  de la police et de la gendarmerie.

Au-delà de cette formation l’ONUCI reste active dans sa mission de maintien de la paix et d’appui au retour des Institutions qui régulent la vie politique du pays. L’ONUCI conformément à son mandat va certifier partiellement, la semaine prochaine, les élections législatives sur les décisions arrêtées par le Conseil Constitutionnelle (CC) et la Commission Electorale Indépendante (CEI). Cette annonce a été faite vendredi 3 février 2012 par le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies pour la Côte d’Ivoire, Bert Koenders, à l’issue d’une réunion tripartite avec les Présidents du CC, Francis Wodié et de la CEI, Youssouf Bakayoko. Selon M. Koenders, cette rencontre a permis d’évoquer tous les éléments relatifs aux élections législatives et qui restent à régler. Le chef de l’ONUCI a précisé que cette certification partielle se ferait dans le souci de faire avancer le processus. « On pourra ainsi avancer avec les autres choses. Il y a une avancée et cela est positif », a-t-il souligné.



Côte d’Ivoire : les législatives sous fond d’abstention et de faible taux de participation

 

Bureau de vote des législatives du 11 décembre à Abidjan

Jusqu’à 14 heures TU moins d’une cinquantaine d’Ivoiriens s’étaient déjà déplacés dans plusieurs bureaux de vote d’Abidjan. Ce dimanche 11 décembre qui marque le jour de vote de l’élection législative a été un dimanche comme les autres avec un nombre important d’habitants de la capitales économique qui sont restés dans leurs maisons évitant ainsi de prendre part au vote. Certains estiment qu’il s’agit d’une parodie électorale pour cautionner le hold-up du RHDP au parlement, d’autres pensent que ce vote ne permettra pas à la Côte d’Ivoire de se réconcilier vu que l’application d’une justice à deux vitesses est déjà visible avec le transfèrement de Laurent Gbagbo à la CPI. Une frange importante de ceux qui pratique une abstention volontaire estiment également que c’est par crainte de violence qu’ils ne se sont pas rendu dans l’isoloir.

Dans l’ensemble les opérations de vote se passent dans le calme et la tranquillité. Les forces de l’ordre veillent au grain par leur présence dissuasive dans les bureaux de vote. Les forces de l’ONUCI qui participent à la sécurisation du scrutin veillent à la bonne marche des opérations de vote à Abidjan avec 63 patrouilles mobiles et près de 360 sur toute l’étendue du territoire national. Bert Koenders le représentant spécial du secrétaire général de l’ONU a salué le sens de civisme du peuple Ivoirien et il a invité au cours de sa tournée de ce dimanche matin les uns et les autres à s’impliquer dans le processus électoral en participant au vote.

Au moment ou nous achevons la rédaction de ce billet et où nous le mettions en ligne (15 heures 15 TU) le nombre de votants augmente timidement dans les bureaux de vote avec la fin des cultes évangéliques. Si le contrôle de la future Assemblée Nationale par le RHDP est une certitude, la grande inconnue demeure le taux de participation pour ces législatives qui officiellement doit mobiliser un peu plus de 5,7 millions d’Ivoiriens.