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Nouvelles tensions sur le campus universitaire de Cocody

Véhicule incendié à l’Université de Cocody

Véhicule incendié à l’Université de Cocody

Depuis ce week-end, la FESCI (Fédération Estudiantine et Scolaire de Côte d’Ivoire) a lancé un nouveau mot d’ordre de grève. Un blocus sur les activités universitaires qui commencent sur fond de violences.

Ce lundi 18 juillet, les étudiants régulièrement inscrits à l’Université de Cocody ont débuté les cours dans le calme malgré l’appel à la grève de la FESCI. Ce calme ne sera que de courte durée puisse qu’un groupe d’étudiants va investir le campus. Selon les informations recueillies sur place, les étudiants protestent contre la présence de la police sur la cité en violation des franchises universitaires. Au-delà ils demandent l’amélioration des conditions d’études, la réforme du système LMD et le maintien des étudiants dans leurs chambres. En effet, le gouvernement prévoit de libérer la cité universitaire de Cocody afin de loger les athlètes des jeux de la francophonie. (suite…)



Un campus des droits de l’homme à destination des jeunes ivoiriens

Les jeunes acteurs des droits de l’homme manifestent un intérêt particulier pour le Campus de l’OIDH

Les jeunes acteurs des droits de l’homme manifestent un intérêt particulier pour le Campus de l’OIDH

L’ONG Observatoire Ivoirien des Droits de l’Homme (OIDH) organise un Campus des Droits de l’Homme (CDH) à destination de 26 jeunes de la société civile de moins de 30 ans du 02 au 09 novembre 2014. Cette initiative bénéficie du soutien du Centre de Conseils et d’Appui aux Jeunes Défenseurs des Droits de l’Homme (CODAP), ONG de Droit Suisse basée à Genève. Selon Eric Aimé SEMIEN président de l’OIDH, ce camp à pour objectif premier de susciter une nouvelle génération d’acteur de la société civile résolument engagés dans la promotion et la protection des droits de l’homme. (suite…)



Universités Ivoiriennes : 1600% de majoration pour les frais d’inscription !

Fermeture de l’Université croquée par Polman (http://caric-actu.com)

La réhabilitation des Universités Ivoiriennes, on le savait déjà, allait avoir un coût sur les droits d’inscription. Les Parents et Etudiants étaient certes préparés mais ils étaient loin de s’imaginer que le Gouvernement ivoirien allait majorer à plus de 1600% les frais d’inscription ! De 6000 f CFA à l’origine soit 0,5% du coût de formation, le droit d’inscription dans les Universités publiques passe à 100.000 f CFA à partir de la rentrée académique fixée au 3 septembre prochain. Pour être plus explicite les étudiants Ivoiriens et leurs camarades de l’espace UEMOA paieront, pour la Licence, 100.000 f CFA, le Master 200.000 f CFA et le Doctorat 300.000 f CFA. Tandis que les étudiants hors espace UEMOA devront s’acquitter pour les mêmes niveaux d’étude respectivement de 300.000 f CFA, 400.000 f CFA et de 500.000 f CFA. La participation des apprenants au coût de leur formation augmente donc d’une manière vertigineuse ! Avec des coûts aussi élevés qui laissent parents et étudiants sans voix, les Ivoiriens se posent des questions. L’argent investi dans la réhabilitation de l’Université sera-t-il remboursé par les Etudiants ? Alassane Ouattara le technocrate champion de la privatisation veut-il faire basculer les universités publiques dans le privé ? Comment expliquer que les réformes éducatives en pleine situation post-crise puissent être aussi couteuses pour les contribuables ?

L’Ivoirien lambda s’explique mal ces reformes qui plongent encore plus les Ivoiriens dans la précarité. « La vie est déjà chère, c’est à peine si on peut manger correctement, les soins de santé et les médicaments sont hors de portée…et pour couronner le tout nos enfants ne pourront plus étudier ! Dans quelle Côte d’Ivoire vivons-nous aujourd’hui ? » s’interroge Françoise Koffi une mère de famille. Fofana Abdoulaye un jeune étudiant est encore plus outré et s’attaque à ce qu’il qualifie ‘’d’hypocrisie présidentielle’’. « Depuis que le Docteur Alassane Ouattara est au pouvoir dans chacun de ces discours il n’a cessé de marteler que la jeunesse est une priorité pour lui. Je trouve que cette jeunesse est une drôle de priorité parce que grâce à cette décision nombreux sont ceux qui ne pourront pas s’inscrire à l’Université ». Les vraies raisons qui militent en faveur de la fermeture totale des Universités Ivoiriennes sont aujourd’hui connues. Le gouvernement savait que tenter d’imposer des reformes aussi audacieuses au moment où les étudiants étaient réunis, c’était prendre le risque d’entrer dans une poudrière avec un cigare allumé ! Plus loin, certains étudiants pensent que c’est aussi la raison qui a poussé le Gouvernement à suspendre toutes les activités syndicales sur les campus. « Vous connaissez les étudiants ivoiriens, ils ne sont pas des tendres quand on bafoue leurs droits. Si nous étions sur le campus il y avait de fortes chances que ce droit d’inscription fixé à 100.000 ait occasionné une grève. Malheureusement le très très démocratique régime du Président Ouattara a décidé de marcher sur la liberté syndicale surtout pour les étudiants » affirme déçu un membre de la Fédération Estudiantine et Scolaire de Côte d’Ivoire (FESCI). Pour le Gouvernement il n’y a pas le feu au lac, cette décision a été prise pour améliorer la qualité de l’enseignement. Qu’à cela ne tienne: chaque Ivoirien attend que cette Université Ivoirienne change véritablement, car des problèmes, il y en a dans cet antre du savoir ! Les droits de cuissage imposés par les enseignants pour des notes, les mémoires d’étudiants diffusés par les enseignants sous la forme de publications d’université, les formules chimiques volées aux étudiants, l’administration boiteuse et hyper lente dans son fonctionnement sont les pratiques et réalités que les étudiants veulent voir disparaitre.

SUY Kahofi



L’université Ivoirienne : « Les profs sont en campagne ! »

Difficile de trouver un enseignant sur le campus

Les amphithéâtres des Universités de Côte d’Ivoire sont pratiquement tous déserts. Les étudiants se contentent de finir leurs travaux dirigés et d’attendre. On flâne sur le campus sans but précis ou on rentre à la maison car les professeurs sont de plus en plus absents. La cause de ces absences répétées pour les élèves est toute simple : les enseignants sont en campagne ! La preuve certains viennent même sur les plateaux de télévision défendre leurs candidats à la présidentielle.

« Je me demande vraiment où va ce pays » s’indigne Coulibaly Assane avant de conclure « pour des élections on arrête d’enseigner et demain on viendra se plaindre que les masses ne sont pas instruites. Comment former une élite responsable quand nos devanciers préfèrent penser à leurs intérêts qu’à ceux du pays ? ». Comme lui, un nombre important de jeunes étudiants ne supportent pas cette situation de statut quo sur le campus. « Nous arrivons ici chaque matin et il n’y a personne : c’est comme ça depuis le début de la campagne ! L’éducation dans un pays est plus importante que la politique car sans personnes éduquées la politique elle-même ne peut pas se faire » souligne Traoré Sinaly. Les parents s’inquiètent également de cette situation. Kouakou Koffi Gérard est producteur agricole il estime que le politique doit inviter la jeunesse à prendre le chemin de l’école et non l’en détourner. « Les leaders politiques envoient des bus pour racler le contenu des amphis et les mêmes se plaignent après que les étudiants font de la politique : je ne les comprends pas ! C’est une forme de démission et de manque de civisme que de déserter l’Université pour se retrouver sur le champs politique !». En attendant que les complaintes des étudiants ne trouvent oreille attentive, les enseignants en grande majorité restent introuvables. Certains plutôt optimistes estiment que l’attente ne sera plus longue. « Pourquoi se lamenter ? On vote dimanche (28) et tout le monde sera de retour ! On accuse les enseignants mais nous mêmes étudiants nous sommes aussi en campagne. Alors faisons l’effort d’attendre le retour de nos chers enseignants » soutien avec un brin d’ironie Serge Kouakou.

Les Ivoiriens dans leur grande majorité sont convaincus que la Côte d’Ivoire retrouvera à coup sûr son train de vie normal seulement après la proclamation définitive des résultats de l’élection présidentielle.

Suy Kahofi



Les petites activités des Campus Universitaire d’Abidjan

Sur les campus, petits magasins et résidence Universitaire cohabitent

Cocody Mermoz, Cité rouge, Campus Ancien, Port-Bouët, Cité Williamsville… dans toutes les cités universitaires d’Abidjan, les étudiants vivent au rythme des études mais aussi du petit commerce qui permet de joindre les deux bouts. Décorateur d’intérieur, cordonnier, commerçante de denrée alimentaire, opérateur de saisie, maître karaté, instructeur sportif…la liste des activités économiques des campus est longue et chaque étudiant tire profil en fonction de son sens d’organisation et de gestion.

Petits boulots : un mal nécessaire !

Les raisons qui poussent les étudiants à exercer une activité génératrice de revenu à côté des études divergent d’une personne à l’autre. Pour un nombre important d’étudiants les difficultés économiques des parents sont à l’origine du choix. « Je suis conscient des problèmes que mes parents ont pour gérer la scolarité des mes frères et sœurs. Aussi j’ai décidé de voler de mes propres ailes en assurant mes études par mais propres moyens. Avec mes économies j’ai acquis un ordinateur et je fais des saisies pour payer mes cours, louer une chambre et couvrir mes besoins » souligne Richard Kouakou. Pour certains étudiants le petit boulot ou gombo dans le jargon ivoirien permet juste d’assurer l’argent de poche : les frais d’étude étant déjà couverts par la famille. Il faut une bonne organisation pour réussir à concilier business et étude : un manque d’organisation peut permettre aux affaires de prendre le dessus sur les études ou vis versa ! Pour ceux qui ont choisi de vivre des petits boulots, ils ne se privent pas de profiter de la manne qu’offre les campus. On peut ouvrir sa boutique dans sa chambre d’étudiant, négocier un espace auprès du syndicat étudiant pour déposer sa cabine téléphonique ou encore louer un magasin quand vous avez les moyens.

Les avantages d’investir sur le campus

Sur le campus il n’y presque pas d’impôt : les propriétaires ne s’acquittent donc que des loyers et d’une prime mensuelle revenant au syndicat étudiant puisse que le commerçant se retrouve « sur leur zone d’exercice ». Si à l’origine les magasins étaient la propriété d’investisseurs versés dans les affaires, les étudiants leur livrent la concurrence de plus en plus. « Je pense que vu la rentabilité des activités les étudiants on décidé de se lancer pour gagner eux aussi. Sur le campus un simple opérateur de saisie peut facilement se retrouver avec 90.000 ou 130.000 f CFA chaque fin de mois ! Le gain est plutôt tentant » soutien Beugré Camille avant de conclure « les étudiants sont fatigués d’être des employés : ils veulent profiter de plein droit des ‘’richesses’’ des campus alors pour se faire ils s’investissent ».

Même dans les pays les plus développés du monde les gouvernements ne pourront pas permettre à tous les jeunes diplômés d’entrer à la fonction publique. Le secteur privé et surtout l’auto emploi sera donc la porte de sortie pour des millions de jeunes. Si en Côte d’Ivoire les étudiants arrivent à pratiquer des activités génératrices de revenus, cela peut leur ouvrir l’esprit pour monter à l’avenir leurs propres boites.

Suy Kahofi