Cacaoculture : la Côte d’Ivoire réceptionne 10.000 t de TERACTIV

Remise symbolique d’un sac d’engrais au Ministre Sangafowa

Remise symbolique d’un sac d’engrais au Ministre Sangafowa

Une nouvelle ère s’ouvre pour la Cacaoculture en Côte d’Ivoire et ce n’est pas peu de le dire ! En effet ce 03 avril, le premier producteur mondial de cacao a accusé réception de 10.000 tonnes de TERACTIV, un engrais développé par la firme OCP (Office Chérifien des Phosphates) en coopération avec ADM (Archer Daniels Midland Company) et IDH. La cérémonie officielle de remise de ce nouvel engrais aux autorités ivoiriennes a eu lieu à la salle Ebène de l’Hôtel TIAMA (Abidjan-Plateau). La réception de 10.000 tonnes de TERACTIV s’inscrit dans le cadre du projet Bringing back soil fertility to the cacoa farms. Cette initiative, soutenue par des entreprises de l’industrie cacaoyère, les agences gouvernementales et des ONG, à pour mission première de restaurer la fertilité des sols utilisés pour la culture du cacao en Afrique de l’ouest. L’objectif en associant le premier producteur mondial de cacao est de faire face à la demande mondiale de fève qui évolue de 2 à 3% par an. Il s’agit également selon Jonas Mva Mva Responsable du projet cacaoculture durable à IDH de faire en sorte que les quarte facteurs indispensables à la production soient enfin réunis. « Le marché mondial doit faire face à un déficit d’environ 1 million de tonne d’ici 2020 ! Une des solutions au problème serait la combinaison des quatre facteurs que sont la formation des producteurs, la protection des vergés, l’importance du matériel végétal amélioré et les engrais » a-t-il expliqué. Les trois premiers facteurs étant plus ou moins mis en place, il s’agit de faire en sorte que les producteurs puissent avoir accès au quatrième facteur qui est l’engrais. Cette volonté d’IDH trouve un écho favorable auprès des entreprises de l’industrie cacaoyère et surtout auprès de la firme OCP, l’Office Chérifien des Phosphates.

Fondé en 1920, le groupe OCP (Maroc) est un leader mondial de la production et de l’exportation de roches phosphoriques, d’engrais à base de phosphates et de produits dérivés. Selon Mr Ben Ali, le représentant d’OCP l’objectif de la production de la TERACTIV Cacao est de soutenir la politique africaine de cacaoculture durable. L’OCP s’associe donc à un programme de productivité prévoyant de meilleures pratiques agricoles, la gestion des pesticides, du matériel d’exploitation de meilleure qualité et l’utilisation d’engrais. Cette stratégie peut faire passer la productivité actuelle de 500 kg par ha à 1000 kg par ha ! Une hausse qui améliorera substantiellement les moyens de subsistance des planteurs de cacao. Une telle initiative ne pouvait se mettre en place sans le premier producteur mondial de cacao. La Côte d’Ivoire en s’inscrivant dans ce projet de fertilisation des sols dédiés à la cacaoculture veut à court terme accroître sa production nationale de 200% d’ici trois ans ! Pour se faire elle entend subventionner 100.000 tonnes d’engrais qui pourront redonner à 500.000 hectares un meilleur rendement. Une plus-value non négligeable pour un pays qui tire 40% de son PIB de l’industrie du cacao. Pour Mamadou Sangafowa Coulibaly le Ministre Ivoirien de l’Agriculture « le projet engrais d’IDH s’inscrit dans la politique du Gouvernement Ivoirien de rendre disponible aux producteurs l’ensemble des facteurs qui contribuent à l’amélioration de la productivité du cacao et des cultures associées dont la plupart sont des cultures alimentaires ». En plus, cette initiative en faveur d’une cacaoculture durable est en parfaite cohérence avec le Programme National d’Investissement Agricole Ivoirien notamment sur son programme d’amélioration de la productivité de l’ensemble des spéculations agricoles. La Côte d’Ivoire qui a vu sa boucle du cacao passer de l’est à l’ouest de son territoire est largement instruit des dangers liés à l’appauvrissement des sols.

SUY Kahofi

Cacao : accroître la production par l’utilisation d’engrais

De l’engrais pour booster la production

L’utilisation de l’engrais dans la cacao-culture comme dans les maraîchers pour accroître la productivité des plantations ! L’idée serait une première pour de nombreux paysan car en Côte d’Ivoire, le nombre de producteurs utilisant l’engrais pour une plantation de cacao est nul. C’est pour rompre avec cette réalité que l’IDH a décidé de lancer la phase pilote d’un projet de fertilisation des sols dédiés à la cacao-culture par l’utilisation d’engrais. Ce projet ambitieux a été présenté aux acteurs de l’industrie du cacao ce 21 novembre à la salle Akwaba de l’hôtel Pullman Abidjan-Plateau. L’IDH est une initiative agro-industrielle du Gouvernement Néerlandais basée sur la réalité du commerce et de la production durable. Elle oriente ses réflexions sur l’avenir de plusieurs productions agricoles et le cacao représente un programme entier. En sa qualité de responsable du programme cacao Jonas Mva Mva soutient que l’initiative Engrais pour la Côte d’Ivoire et le Nigeria « vient en réponse à la problématique de l’appauvrissement des sols. IDH a voulu mettre autour de la table les acteurs du secteur pour attirer leur attention sur la nécessité de rendre à la terre ce que nous lui prenons en termes de fèves ».

La Côte d’Ivoire et le Nigeria ont été choisis pour la phase pilote de ce projet pour deux raisons principales. La Côte d’Ivoire c’est connu, est le premier producteur mondial. De la survie du cacao Ivoirien dépend en grande partie l’avenir de toute l’industrie. Accroître la production à l’hectare cultivé peut très vite faire doubler la production Ivoirienne et apporter une meilleure plus-value aux paysans. Le Nigeria de son côté est un laboratoire qui étudie plusieurs alternatives pour booster sa production. L’initiative de la fertilisation des sols est donc une opportunité clé pour le pays. Mamadou Sangafowa Coulibaly, ministre sortant de l’agriculture a félicité l’IDH pour ce projet « qui changera à coup sûr l’avenir du cacao et duquel la Côte d’Ivoire attend beaucoup » ! Après la phase pilote, l’initiative sera étendue à d’autres pays producteurs. L’entreprise OCP, leader mondial des engrais a permis le développement les nouveaux types d’engrais pour le projet. L’entreprise confirme que l’engrais a été étudié pour les besoins de la cacao-culture et sera accessible aux producteurs à la base. Ayant marqué un intérêt particulier pour le projet de la fertilisation des sols alors qu’il était membre du gouvernement néerlandais, Bert Koenders, l’actuel représentant spécial du secrétaire général des Nations Unies pour la Côte d’Ivoire se félicite de l’aboutissement d’un projet qui viendra freiner la pauvreté. En effet plusieurs milliers de personnes à travers le monde vivent directement du cacao et accroître la production pourrait les aider à améliorer leurs conditions de vie. Notons que des entreprises clés de l’industrie du cacao soutiennent cette initiative. Nous citerons entre autre Cargill, Ferrero, Mars Chocolate, Barry Callebaut…

SUY Kahofi

Initiative Norman E. Borlaug : un Ivoirien bénéficiaire du programme

Dr KOKO Louis au premier plan

Le Docteur KOKO Louis est une fierté pour la Côte d’Ivoire tout entière ! En effet ce jeune chercheur issu du Centre National de Recherche Agronomique (CNRA) est le premier Ivoirien à bénéficier du célèbre programme de bourses sur l’initiative mondiale du cacao de Norman E. Borlaug International Science et technologies agricoles. Ce programme a été initié il y a quelques années conjointement par la Fondation Mondiale du Cacao (World Cocoa Foundation/WCF) et l’USDA (United States Department of Agriculture/Ministère de l’Agriculture des Etats-Unis). Après quatre mois aux Etats-Unis, Docteur KOKO Louis, de retour en Côte d’Ivoire était face à la presse ce 10 septembre pour partager son expérience. Sa recherche revêt un caractère très important pour la Côte d’Ivoire parce que touchant à l’amélioration de la productivité du cacao.

Lors de cette conférence de presse, Mr MBALO Ndiaye Directeur du bureau WCF Afrique de l’ouest a présenté le programme de bourses sur l’initiative mondiale du cacao de Norman E. Borlaug International Science et technologies agricoles. Il a surtout souligné l’importance de ce programme d’échange pour la cacaoculture dans le monde. De nombreux chercheurs d’Asie et d’Afrique ont bénéficié de ce programme et les retombés sont déjà visibles sur le terrain pour les pays où les recherches sont appliquées. Pour le cas de la Côte d’Ivoire, bien qu’il soit le premier pays producteur de Cacao dans le monde, le choix d’un chercheur ne fut pas aisé. « La barrière linguistique a été le premier problème à surmonter parce qu’au niveau des échanges aux Etats-Unis tout ce fait en anglais ! » a tenu à souligner Mr MBALO. A cela s’ajoute le profil même du chercheur et le bien fondé de sa recherche pour l’avenir du Cacao. « Le Docteur KOKO Louis répondait à tous ces critères » selon le Directeur du bureau WCF Afrique de l’ouest d’où la raison de son choix.

Sur le contenu de la recherche

Avec plus de 40% de la production mondiale estimée à 1.300.000 t et 1.000.000 de producteurs, il serait juste de dire que la Côte d’Ivoire vit du cacao. Les fèves brunes représentent 30% des recettes d’exportation et 15% du PIB mais malgré ces chiffres exceptionnels des problèmes importants minent la cacaoculture Ivoirienne. Ces problèmes sont notamment la faible adoption de matériel végétal amélioré, la forte pression parasitaire, le vieillissement du verger, la dégradation de la fertilité des sols et l’épuisement des réserves forestières. Pour apporter des solutions à tous ces problèmes, Docteur KOKO Louis au cours de son séjour, s’est familiarisé aux techniques de fertilisation pour une cacaoculture durable. Ces techniques sur le terrain doivent permettre de restaurer la fertilité des sols par l’application d’engrais organiques ou de mélange engrais organiques et engrais minéraux phosphatés. Ces méthodes d’agriculture durable permettent de lutter contre la dégradation des vergers. Au-delà, Docteur KOKO Louis préconise également une meilleure mise en valeur des sols en jachère vu l’appauvrissement des sols forestiers hautement exploités. Ces sols de jachère estimés à 8 million d’hectare sont une aubaine pour la Côte d’Ivoire. « Ces sols sont plus ou moins acides et possèdent une forte capacité à immobiliser le phosphore qui constitue l’élément nutritif essentiel pour les cacaoyers » a souligné le chercheur.

Pour être plus proche des producteurs et mieux les appuyer, le Docteur KOKO Louis est basé à Divo (sud-ouest Ivoirien). Il refuse que les fruits de sa recherche soient simplement confinés dans un document de synthèse pour orner des étagères. Aussi il estime que les résultats de son effort intellectuel doivent se traduire en avancées notables sur le terrain. Au-delà de ce premier Ivoirien bénéficiaire du programme de bourses sur l’initiative mondiale du cacao de Norman E. Borlaug International Science et technologies agricoles, d’autres demandes Ivoiriennes sont en cours d’étude. Selon Mr MBALO Ndiaye Directeur du bureau WCF Afrique de l’ouest, le travail de recherche du Docteur KOKO Louis sera suivi et ouvrira la porte à d’autres possibilités de recherche aux Ivoiriens.

SUY Kahofi

Le cacao Ivoirien à l’heure des reformes pour la campagne 2012-2013

Le Gouvernement Ivoirien espère un bon cacao pour la campagne 2012-2013

Des grandes reformes sont annoncées dans la filière café-cacao en Côte d’Ivoire et celles-ci pourraient entrer en vigueur lors de la prochaine campagne. Parmi ces reformes figure l’engagement de l’Etat Ivoirien à fixer un prix garanti aux producteurs conformément au cahier des reformes qu’il a soumis en début d’année aux bailleurs de fond que sont notamment le Fond Monétaire International et la Banque Mondiale.

La campagne café-cacao 2012-2013 débute pour la grande saison dans un mois, occasion toute trouvée pour le gouvernement Ivoirien à travers le Conseil d’administration du Conseil du café et du cacao de sonner la mobilisation de la masse paysanne et surtout de donner des gages forts concernant le prix stabilisé du binôme café-cacao. La question du prix stabilisé aux paysans figure sur l’agenda des grandes reformes de la filière mais elle n’en n’est pas le seul élément. « Le premier élément c’est la qualité. Cela représente l’une des clés essentielle du succès de la reforme qui a été engagé. Pour y arriver nos parents producteurs doivent renouer avec les bonnes pratiques agricoles. Il n’y aura plus de réfraction bord champ dans le nouveau système et je vous assure que nous allons renforcer le contrôle sur la commercialisation intérieur du binôme café-cacao pour que cette mesure soit respectée » soutien Lambert Kouassi Konan le Président du Conseil d’administration du Conseil du café et du cacao. Au-delà de ce premier point très important, Lambert Kouassi Konan a insisté sur la lutte contre la fuite du cacao Ivoirien vers les pays limitrophes notamment le Ghana. Il s’agit pour le pays d’un véritable problème contre lequel tous les acteurs de la filière doivent lutter. Le café qui est aujourd’hui victime d’un abandon de la part de plusieurs paysans sera aussi au cœur d’un vaste programme de redynamisation.

Toutes ces reformes annoncées sont certes salutaire pour les paysans mais dans l’immédiat d’énormes problèmes plombent les activités des producteurs Ivoiriens. Ces derniers tout soulignant leur entière adhésion à la vaste politique de reforme engagées par le gouvernement Ivoirien, insistent auprès du ministère de l’agriculture pour que ces problèmes qui sont plus urgents soit pris en compte pour faciliter la tâche aux paysans. « L’entretien des pistes rurales, le racket des paysans par les forces de l’ordre, la sécurité des planteurs, le problème des intrants et de la sacherie, le recensement des planteurs et l’appui aux coopérative sont les problèmes que nous vivons au quotidien » affirme Morokro Barthélémy en guise de chapelé de doléances au Conseil du café et du cacao ainsi qu’au Ministère de l’Agriculture. Mamadou Sangafowa Coulibaly le Ministre Ivoirien de l’agriculture conscient que de tels problèmes peuvent saper la qualité et la quantité d’une production lors des prochaines récoltes a tenu rassurer les producteurs. Les services du Ministre de l’Agriculture lors de leurs enquêtes de terrain ont pris en compte toutes ces doléances en vue de leur traitement pour une meilleure récolte lors de la campagne 2012-2013. Le Ministre a annoncé que lors de la prochaine campagne l’objectif du Gouvernement sera de permettre aux paysans de toucher 60% minimum du prix CAF.

60% du prix CAF aux paysans, une annonce qui met de l’espoir dans le cœur des paysans mais tous attendent que cela se traduise en faits concrets.

SUY Kahofi

Côte d’Ivoire: le corps du journaliste Guy-André Kieffer aurait été retrouvé

L'image de Guy-André Kieffer sur un visuel Commémoratif

Un squelette a été découvert dans l’ouest de la Côte d’Ivoire. Il pourrait s’agir du journaliste franco-canadien Guy-André Kieffer. Il avait disparu le 16 avril 2004 à Abidjan.

« Un squelette a été découvert dans la région d’Issia (ouest), en présence du juge français Patrick Ramaël. Les éléments d’enquête donnent à penser qu’il pourrait s’agir du corps de Guy-André Kieffer« , a précisé une source proche du dossier. « Des prélèvements ont été effectués en vue d’analyses ADN« . « Un certain nombre d’éléments laissent penser que cela pourrait être le corps de Kieffer mais il faudra attendre les résultats de tests ADN« , qui vont être faits « le plus rapidement possible« , a déclaré de son côté Maîtree Alexis Gublin, avocat de Bernard Kieffer, frère de Guy-André. Journaliste économique, à Libération, La Tribune et au Monde, Guy-André Kieffer avait disparu le 16 avril 2004 sur un parking de la capitale économique ivoirienne Abidjan alors qu’il enquêtait sur des malversations, notamment dans la filière cacao, dont le pays est le premier producteur mondial. L’enquête menée en France s’est orientée vers des cercles proches du pouvoir de l’ancien président ivoirien Laurent Gbagbo, arrêté le 11 avril 2011 après une crise postélectorale de quatre mois, qui a fait quelque 3.000 morts. Le juge Ramaël est arrivé le 2 janvier à Abidjan pour une nouvelle mission dans le cadre de cette enquête. Au moment de sa disparition, le journaliste travaille pour La Lettre du Continent consacrée à l’Afrique. Il rédige des articles gênants et subit des pressions.