Assemblée Nationale : Ouverture de la 1ère session ordinaire de l’année 2013

Guillaume Soro, Président de l'Assemblée Nationale de Côte d'Ivoire (abidjan.net)

Guillaume Soro, Président de l’Assemblée Nationale de Côte d’Ivoire

L’Assemblée Nationale de Côte d’Ivoire a effectuée ce mercredi 24 avril 2013 l’ouverture solennelle de sa 1ère session ordinaire. Il s’agissait d’un moment très attendu par les députés et le peuple Ivoirien dans la mesure où il intervient dans un contexte post-électoral. Il devait être l’occasion pour le Président de l’Institution de se prononcer sur les dernières élections locales et de préciser les orientations politiques, économiques et sociales qui seront celles de l’Assemblée Nationale Ivoirienne pour les mois avenirs. L’ouverture de la 1ère session ordinaire de l’Assemblée Nationale Ivoirienne a été rehaussée par la présence des représentations parlementaires de plusieurs pays d’Afrique. Nous citerons entre autre celle du Burkina conduite par son Président Ouattara Soungalo, le Congo-Brazzaville avec le Président Justin Koumba, la RDC et sa délégation conduite par le Président Aubin Minaku N., la représentation parlementaire du Niger avec à sa tête le Président Hama Amadou…

Moment très attendu, dès l’ouverture de la séance par le Secrétaire-général de l’Assemblée Nationale, le discours du Président Soro Guillaume. Celui-ci s’est officiellement prononcé sur ces élections locales et les dérives violentes qui en découlent. Il a félicité le premier Ministre Daniel Kablan Duncan pour les efforts du Gouvernement dans le cadre du dialogue politique avec l’opposition non sans prendre de soin de saluer les efforts de la Commission Electorale Indépendante et son président Youssouf Bakayoko. Ces deux personnalités selon le Président ont eu le mérite de conduire à bon port le processus des élections locales. Aux candidats malheureux qui rechignent à respecter le choix du peuple, Guillaume Soro a eu ce message à leur endroit :

« Je demande solennellement aux candidats qui ont participé aux élections de dimanche dernier (21 avril NDLR) d’accepter le verdict des urnes. Faisons en sorte que quelques sautes d’humeur bien compréhensibles de la part de candidats qui étaient certains de leur victoire mais que le peuple n’a finalement pas retenu, ne retardent la publication des derniers résultats ».

Pour le Président de l’Assemblée Nationale il est grand temps que les élus acceptent d’orienter désormais leurs efforts vers la relance économique au moment où l’on peut dire sans risque de se tromper que l’Etat de droit est rétabli en Côte d’Ivoire. Placé  sous le signe d’une diplomatie parlementaire efficace au plan continental et mondial, le magistère du Président Guillaume Soro a aussi pour objectif de rapprocher l’assemblée nationale des contribuables. Les chantiers engagés dans cette logique se poursuivront a-t-il assuré avec un objectif clairement affiché : promouvoir la réconciliation et le bien être des populations.

Au terme de cette cérémonie solennelle plusieurs députés se sont prononcés sur ce moment qui marque l’ouverture de la 1ère session ordinaire de l’Assemblée Nationale. Pour l’honorable Boby Assa Emilienne, député de Dimbokro, les parlementaires sont disposés à servir le peuple de Côte d’Ivoire et ces derniers ne ménageront aucun effort pour faire le choix de texte de loi susceptibles d’apporter le bien être aux populations. Se prononçant sur l’appel de la 7ème vice-présidente de l’Assemblée Nationale du Sénégal, Kathy Cissé WONE, qui a plaidé pour une loi sur la parité parlementaire en Côte d’Ivoire, l’honorable Boby Assa Emilienne a souligné que le parlement à l’initiative de cette loi. Elle soutient que la tâche ne sera pas facile mais elle sait pouvoir compter sur le lobbying des femmes et surtout le soutient du Président Guillaume Soro. L’honorable Adama Bitogo député d’Aboisso a félicité le Président Guillaume Soro pour l’efficacité de sa diplomatie parlementaire. Il a souligné que la présence de toutes les délégations étrangères est « le symbole d’un come back diplomatique réussit de la Côte d’Ivoire ». Pour l’honorable Soro Fobeh député de Katiali-niofoin, l’appel à la raison du N°1 de l’hémicycle est le morceau choisi pour son analyse. Il salue le franc parlé du Président Guillaume Soro et « demande avec insistance aux perdants de faire preuve de grandeur et de culture démocratique ».

Notons que 235 députés étaient présents lors de cette cérémonie.

SUY Kahofi

Un papa, une maman : il n’y a pas mieux pour un enfant !

Docteur Nicolas MADELENAT Di Florio

Docteur Nicolas MADELENAT Di Florio

La loi sur le mariage pour tous est passée en France et c’est le moment pour certains africains de s’interroger sur le temps qui reste pour que l’ancienne puissance colonisatrice « la fasse appliquer par les pays de son pré-carré ». Quel pourrait être l’impact de cette loi dans les relations Afrique-France ? Élément de réponse avec Docteur Nicolas MADELENAT Di Florio, sociologue et maître de conférences, chercheur associé à l’Université d’Aix-Marseille sur les questions d’éthique.

Eburnietoday : la loi sur le mariage pour tous vient d’être adoptée en France : doit-on penser à un vote de celle-ci dans les pays du pré-carré français en Afrique ?

Nicolas MADELENAT : Si je veux être franc envers vous, je dirais tout simplement que je ne sais pas ! La raison est simple : je n’aurais jamais pensé il y a trois ou quatre ans que la France puisse accepter le mariage homosexuel. A partir de là nous sommes obligés de réfléchir sur le fait que les gouvernements ne vont plus forcément écouter la voix du peuple. Si le Gouvernement Hollande avait été franc et honnête, il aurait refusé cette loi et il ne l’aurait pas fait voter en force comme c’est le cas. Il n’y aurait pas eu autant de débordements des deux côtés pour condamner ce texte qui est une aberration juridique et qui a été imposée contre toute la volonté de la population simplement pour faire plaisir au lobby homosexuel qui est quand même minoritaire en France. Les sociétés africaines au sens large ne veulent pas de cette loi qui est complètement décalée des modes de vie et des mentalités. Mais en même temps quand on voit que récemment le Gouvernement du Président Ouattara a fait voter une loi pour modifier le code de la famille en Côte d’Ivoire, je me dis que potentiellement le mariage homosexuel peut un jour arriver en Afrique. Cette situation sera extrêmement problématique !

ET : Cette loi ouvre également le boulevard incontrôlé de la GPA (gestation pour autrui) ?

NM : Oui car à partir de la circulaire Taubira tous les français qui ont recourt à la GPA grâce à des mères porteuses du tiers-monde peuvent prendre ces enfants, les ramener en France et obtenir pour eux des papiers français.

ET : La France institutionnalise donc une traite humaine ?

NM : C’est même pire que la traite humaine parce qu’il n’y a pas seulement le transport des enfants. Il y a une fabrication d’être humain en quelque sorte en louant le ventre de femmes fertiles en Afrique. On propose de l’argent à des personnes qui peuvent procréer puis on leur demande d’abandonner cet enfant à des pères de gens. Deux hommes ou deux femmes qui eux ne peuvent pas faire d’enfant le récupèrent et le ramène en France. C’est un enfant qu’on achète, un ventre qu’on loue ! C’était comme si un fermier avait une vache et que tous les veaux qu’elle mettait au monde lui appartenait de facto. C’est pire que l’époque où l’on venait acheter des esclaves noirs.

ET : La loi sur le mariage pour tous peut-elle être un moyen de pression politique et surtout économique sur les Etats africains ? Une monnaie d’échange qui pourrait conditionner l’aide au développement ?

NM : Plus je travaille sur l’aide et plus je découvre tous les côtés abominables qu’elle peut avoir. Donc oui je pense que c’est parfaitement possible qu’il y ait un package d’évolution sur la famille, sur le droit à l’affiliation voir même pour encourager l’adoption d’enfants africains par des couples homosexuels qui ne veulent pas avoir recourt à la gestation pour autrui. C’est parfaitement possible mais ce que je crains d’avantage c’est que la France par exemple exige un assouplissement des mesures de gestation pour autrui ou même de reconnaissance du nouveau né. Même si la gestation pour autrui n’est pas à encourager, on connait tous les réalités de terrain. Si en étant à Abidjan je vais dans un quartier très pauvre dans un tout petit coin de Yopougon par exemple et que je propose 5 millions ou 10 millions à une femme pour qu’elle porte un enfant puis elle l’abandonne et je l’emporte en France ; je suis certain que je trouverais des gens qui acceptent cela. Donc il est possible que la France exige que les maternités soient moins regardantes, que certains hôpitaux privés soient moins regardants notamment sur le nom de la mère. A partir de ce moment il suffit simplement que la personne qui veut l’enfant reconnaisse l’enfant en son nom, la mère biologique ne le reconnait pas, il y a un seul parent inscrit à l’Etat Civil, automatiquement ce nouveau né devient votre enfant même si vous n’en êtes pas le père biologique. Cette situation sera encore plus aberrante parce qu’imaginez-vous un instant un enfant d’Abidjan adopté par un couple homosexuel, qui quand il aura 18 ans voudra retourner dans sa famille en Afrique ; imaginez-vous un seul instant quel sera l’accueil qui lui sera réservé quand il dira qu’il a deux papas ou deux mamans ?

ET : La question reste posée ! Merci Docteur

SUY Kahofi 

Revue de la presse de la semaine du 19 au 24 novembre 2012

Simone Gbagbo l’ex-première dame ivoirienne

Grosse polémique autour de l’Affaire ‘’femme chef de la famille au même titre que l’homme’’ : Les dignitaires musulmans étaient en conclave le 19 novembre rapporte L’Intelligent d’Abidjan. Les responsables des différentes entités de la communauté musulmane ivoirienne se retrouvent tous, pour la première fois, en un même lieu pour réfléchir sur un texte de loi. Ce projet de loi relatif au mariage qui a causé la dissolution du gouvernement Ahoussou, continue de susciter commentaires et interprétations. Des Imams et pasteurs se sont donc prononcés sur ce texte de loi qui suscite également des controverses dans les foyers soutient Le Démocrate. Musulmans et Chrétiens sont formels l’homme est le chef de la famille et la loi de 1964 est conforme à cette prescription du saint Coran et de la Bible. Malgré la position tranchée des religieux la loi fut votée cette semaine nous informe Fraternité Matin. Loi sur le mariage voté, le PDCI retire ses amendements constate pour sa part Le Patriote mais pour Nord-Sud le PDCI se plie et vote. Pour Notre Voie et je m’en vais citer le confrère, « après un bras de fer d’une semaine avec Alassane Ouattara le chantage a eu raison du PDCI ». De retour de Rome (Italie), le samedi 17 novembre 2012, où il a été reçu par sa Sainteté le Pape Benoît XVI, le président de la République, Alassane Ouattara, a annoncé qu’il « engagerait des consultations pour un nouveau gouvernement » information relayé par Soir Info et L’Intelligent d’Abidjan. Sur la question, un tête-à-tête a eu lieu entre les Présidents Henri Konan Bédié et Alassane Ouattara. Ce tête-à-tête très discret sans déclaration à la presse a permis la formation du nouveau gouvernement soutient Le Mandat. C’est le come-back du technocrate modeste et humble soutient La Matinale. Le Patriote de son côté note que la primature reste toujours au PDCI et croit savoir pourquoi le Président Alassane Ouattara a choisi Duncan. Pour comprendre les raisons du choix de Daniel Kablan Duncan prenons rendez-vous avec les confrères de L’Intelligent d’Abidjan qui ont passé l’homme au scanner pour dresser la liste de ses forces et ses faiblesses. Des forces et de la compétence il en aura besoin car selon Nord-Sud quotidien il a des dossiers chauds qui l’attendent et il devra compter sur une équipe restreinte qui s’est réunit le 22 novembre en conseil des ministres extraordinaire selon le Nouveau Réveil. C’est encore un gouvernement sans le FPI selon L’Inter. Le secrétaire général par intérim du Front populaire ivoirien (FPI), Richard Kodjo a déclaré qu’il est pour l’heure prématuré pour ce parti politique d’entrer dans le prochain gouvernement Ouattara. M. Kodjo qui intervenait lors d’un entretien avec des journalistes, a relevé que des solutions n’ont pas encore été trouvées aux problèmes posés par le FPI nous explique Le Jour plus. Parlons sécurité à présent ! Pour faire face aux déstabilisateurs / Les FRCI et la LICORNE lancent l’opération « Akwaba ». Dans le cadre de la coopération militaire basée sur le renforcement des capacités entre la Côte d’Ivoire et la France, le Général de Corps d’Armée Soumaïla Bakayoko, chef d’état-major Général (CEMG) des Forces Républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI) et le Colonel François Xavier Mabin, Commandant la Force LICORNE (COMANFOR) se sont accordés sur le plan des opérations de l’exercice militaire conjoint « AKWABA » souligne L’Expression. Cet exercice militaire franco-ivoirien qui précède la visite d’Etat dans la région du Zanzan et la grande manœuvre frontalière ivoiro-libérienne, engagera plus de six cents (600) hommes et permettra d’aguerrir les FRCI ajoute Nord-Sud quotidien. L`armée ivoirienne a été responsable d’atteintes généralisées aux droits humains, en août et au début du mois de septembre 2012, a déclaré Human Rights Watch dans un rapport publié cette semaine rapporte Le Quotidien d’Abidjan. Ces abus incluaient des arrestations arbitraires, des détentions illégales, des actes d’extorsion, des traitements inhumains et, dans certains cas, des actes de torture. Le rapport de 80 pages intitulé « Bien loin de la réconciliation : répression militaire abusive en réponse aux menaces sécuritaires en Côte d’Ivoire », détaille la répression brutale qui a fait suite à une série d’attaques violentes contre les installations militaires à travers le pays en août nous explique Notre Voie. Malgré une situation chaotique des droits de l’homme dans le pays, la Côte d’Ivoire a été élue lundi 12 novembre dernier au Conseil des droits de l’homme de l’ONU. Une surprise pour Le Nouveau Courrier qui soutient que l’ONU cautionne et officialise la torture qui est actuellement reine dans la Côte d’Ivoire d’Alassane Ouattara. Fronde sociale, les enseignants Ivoiriens observent un mouvement de grève totale nous apprend Le Mandat. Selon Notre Voie le mouvement de grève de cinq jours entamé par les enseignants a tourné au drame à Duékoué. Le bilan, né des violences provoquées, fait état d’un élève tué et deux autres blessés. Selon des sources jointes sur place, les élèves du Lycée Moderne se sont rendus au collège privé IGEP pour déloger leurs camarades, soutenant ainsi l’action de leurs professeurs. La semaine s’est achevée avec l’émission d’un mandat d’arrêt international contre l’ex-première dame de Côte d’Ivoire. Jeudi 22 novembre un mandat d’arrêt a été émis contre Simone Gbagbo pour des crimes contre l’humanité commis lors des violences de 2010-2011. L’ex-Première Dame est ardemment réclamée par la CPI. Simone Gbagbo fait l’objet d’un mandat d’arrêt confidentiel depuis le 29 février, qui avait été demandé le 7 février par le procureur nous apprend L’Intelligent d’Abidjan. Ce dernier soupçonne la sexagénaire, 63 ans d’âge, de meurtres, de viols et d`autres formes de violences sexuelles, d’autres actes inhumains et d’actes de persécution, commis sur le territoire de la Côte d’Ivoire entre le 16 décembre 2010 et le 12 avril 2011 souligne Le Mandat.

Guillaume Soro et ses collaborateurs se forment à la maitrise des réseaux sociaux

Guillaume Soro et ses collaborateurs en formation

Soucieux de la formation et de l’encadrement de son équipe de communication, le Président  de l’Assemblée Nationale, l’Honorable Soro Kigbafori Guillaume a initié ce vendredi 30 mars 2012 une séance de formation avec ses collaborateurs sur l’utilisation de l’Internet en général et des réseaux sociaux en particulier.

Rassemblés autour de lui dans une salle climatisée logée au sein d’une villa à la Riviera Golf, une vingtaine d’agents de son service de communication a été formée à la maitrise des réseaux sociaux tels que Twitter et Facebook, plateforme d’échanges planétaires via internet. Ce sont M. Koné Seydou et Mlle Arthuriane de Abidjan.net qui ont été cooptés par Le Conseiller en Communication, M. Touré Moussa pour cette séance de Formation. Pendant environ 3 heures de temps, ces deux (2) férus d’internet ont expliqué au Président Guillaume Soro et à ses collaborateurs en communication le fonctionnement, la pratique et le bien-fondé de l’utilisation des réseaux sociaux. Et c’est très décontracté et avec plaisir que Guillaume Soro ne s’est pas point gêné pour souvent interrompre ‘’ses professeurs’’ lorsqu’il n’assimilait pas bien une leçon. C’est aussi souvent qu’il le faisait sciemment pour permettre à certains de ses collaborateurs, un peu réservés, vu sa présence, de mieux comprendre. Cette séance a été importante pour lui, car désormais le monde étant un village planétaire, Guillaume Soro a décidé d’échanger et de s’ouvrir au monde vu son aura politique. C’est tout satisfait qu’à la fin de cette séance de formation que le président Soro Kigbafori Soro a souhaité offrir une glace à son service de Communication au Restaurant ‘’Chez Paco’’ au II Plateaux à Cocody. Là aussi, ce fut une atmosphère bonne enfant. L’honorable Guillaume Soro a saisi cette occasion pour raconter des blagues et pour se remémorer des souvenirs avec des anciens camarades qu’il a rencontrés sur les lieux, notamment avec Le journaliste Beugré Joachim.  L’Honorable Guillaume Soro a quitté les lieux sous les ovations des petits badauds et de quelques fans postés sur la voie en face dudit restaurant.

Que l’Assemblée Nationale soit utile au peuple

Une vue de l’Assemblée Nationale Ivoirienne

Bien trop souvent, les Ivoiriens se sentent loin des décisions prises à l’hémicycle. Rares sont les personnes qui sont véritablement au courant des projets de loi de l’Assemblée Nationale… C’est qu’elle semble être plus soucieuse de plaire aux politiciens qu’au peuple qui l’a élu !

Le pouvoir législatif est, en théorie, le plus important en Côte d’Ivoire.  » En théorie « , car en Côte d’Ivoire, on assiste à une hyper Présidence avec des pouvoirs illimités pour le Président. Malgré cela, l’Assemblée Nationale continue d’exister et d’être le lieu du débat politique. Celui qui contrôle l’Assemblée Nationale, contrôle la vie publique du pays. Depuis le Président Houphouët Boigny, l’hémicycle est contrôlé par le parti au pouvoir : le Président est sûr que personne ne viendra lui faire écran s’il décide de faire voter un projet de loi. Les débats n’existent pas sauf lorsqu’un scandale tel que le déversement de déchets toxiques à Abidjan dérange les barrons au pouvoir. Dans ce cas de figure, une Assemblée Nationale à sens unique, préoccupée par la défense des chapelles politiques, peut-elle véritablement servir les intérêts du peuple ? «  Non « , affirme Jean-Philippe Feldman, professeur agrégé de droit et constitutionnaliste français. «  Par essence, l’Assemble Nationale est le centre par excellence du débat politique contradictoire pour impulser le développement d’un pays. Lorsque celle-ci est coupée du reste de la population, elle ne peut servir que les intérêts d’une minorité au détriment de la population  » explique-t-il. L’Assemblée Nationale est-elle autant éloignée du peuple ? Les Ivoiriens se prononcent.

Des élus loin du peuple

L’Assemblée Nationale ivoirienne est marquée depuis 1960 par la présence de ceux qu’on qualifie ici de dinosaures ou de monstres sacrés de la politique. On se demande si le renouvellement habite l’hémicycle, à force d’y voir les mêmes visages depuis 50 ans. Les jeunes sont les premiers choqués par cette composition vieillissante de l’Assemblée Nationale. «  Nous vivons dans un pays où les présidents des jeunes dans les partis politiques ont 45 ans : c’est une manière de vous dire qu’à 20 ans, vous êtes un bébé ! Non, franchement, comment voulez-vous que de vieilles cervelles puissent penser pour un monde qui a foncièrement changé ? Ce n’est pas possible et c’est la raison pour laquelle la politique dans ce pays ne nous fait pas avancer « , s’indigne Faustin G., cadre dans le bâtiment. «  Ces vieux ne sont bons qu’à somnoler sur les bancs du Parlement et à lever la main pour dire ‘oui’ ou ‘non’ quand les quelques jeunes présents lors des débats ont fini de s’époumoner. Ces députés qui vivent depuis une éternité à Abidjan mettent rarement les pieds dans les circonscriptions où ils ont été copté. Quand le député lui-même est loin de son peuple, comment l’Assemblée peut voter des projets de loi utile aux populations ?  » s’interroge Issouf K., étudiant.

Les femmes non plus n’en peuvent plus de cette Assemblée. La raison : la domination des hommes. «  Les hommes ont géré ce pays pendant 50 ans et ils ont passé leur temps à se battre et à semer la désolation et la tristesse. Il est temps que les choses changent : plus de jeunes et de femmes à l’hémicycle pour qu’un esprit de renouvellement puisse s’installer dans ce pays « , affirme Micheline K., technicienne UHF.

Retour au régime parlementaire

Un rajeunissement de l’Assemblée Nationale et une meilleure implication des femmes ne pourront pas, à eux seuls, garantir un changement. Pour le professeur Mamadou Coulibaly, président de l’Assemblée Nationale, il faut revenir à la constitution de 1958 qui consacre un régime parlementaire : «  Pour qu’un parlement soit utile au peuple, il faut bien que celui-ci ait de la valeur et retrouve toute son importance conformément à la Constitution. La Constitution d’Houphouët Boigny de 1958 donne à l’Assemblée Nationale toute sa valeur. Un régime parlementaire sur le modèle anglais de Westminster peut permettre à la Côte d’Ivoire d’avoir un parlement plus utile au peuple.  » Le parlement n’est utile au peuple que si, et seulement si, la Constitution lui en donne les moyens. Or, cela n’est pas le cas en Côte d’Ivoire. Il faut donc limiter les pouvoirs présidentiels, séparer le pouvoir législatif du pouvoir judicaire et exécutif mais surtout faire en sorte que le député lui-même soit à l’abri des besoins. La liberté du parlement ne garantie pas seulement la liberté politique dans une nation, elle définit la liberté au sens large pour chaque citoyen. C’est bien cette théorie que défend Emmanuel Martin, docteur en sciences économiques de la Fondation Atlas, spécialisée en recherche économique : «  La liberté part de principes clairement établis et défendus par des institutions fortes dont l’Assemblée Nationale en est la principale. Un Parlement indépendant dans ces choix, c’est l’assurance que chaque citoyen peut être libre d’entreprendre et de bénéficier des fruits de son labeur. L’exemple comparatif entre les pays à régime parlementaire et ceux à régime présidentialiste parle de lui-même. Dans les pays avec des régimes parlementaires, les indices de développement sont meilleurs, l’indice de sécurité est plus élevé, ces pays ont connu et connaissent moins de coup d’Etat. « 

SUY Kahofi