France 2012 : ce que je retiens du 1er round

23/04/2012 5 commentaires

Des valeurs au-delà du jeu politique

Ce que je retiens du premier tour de la présidentielle française est loin d’être la haine politique plate que certains Ivoiriens, remontés contre Nicolas Sarkozy, badigeonnent sur leur mur facebook. Ce que je retiens chaque fois qu’une élection se déroule dans une Nation policée, c’est cette valeur intrinsèque du respect du jeu démocratique qui prévaut dans l’arène. Pendant que certains prétendus adversaires africains de Sarkozy appelaient je ne sais qui à voter contre Sarkozy avec des mots orduriers, les premiers concernés par le vote se contentaient d’échanger sur l’avenir de leur pays à travers des débats civilisés. L’avenir du pays, le bien-être du citoyen au-delà des chapelles politiques, le respect de la dignité humaine… Voici autant de valeur que certains Ivoiriens oublient quand ils se rendent aux urnes. Pour eux c’est Gbagbo ou le pays brûle ! Si ce n’est pas Ouattara on casse tout ! Hier dimanche avez-vous entendu chers Ivoiriens une chaîne de radio ou de télé françaises annoncer que des militants du PS et de l’UMP se sont affrontés à la machette dans les rues de Paris ? Avez-vous entendu un membre du bureau politique du PS dire de Sarkozy qu’il est une graine acide pour le sol français ? Avez-vous entendu un chargé de communication de Sarkozy dire de François Hollande qu’il est un assassin ou un bandit de grand chemin ? Pourquoi ce que l’occident nous donne comme bon modèle à suivre passe aussi difficilement ? Au lieu de nous époumoner à Abidjan à critiquer la politique française, nous ferions mieux d’apprendre ce que les autres nous enseignent avec humilité. Ce n’est pas la tête de Sarkozy qui doit être le débat mais la capacité que le peuple français a à organiser des élections sans violence et sans contestations. Là où notre CEI met trois jours pour annoncer des résultats, la France le fait en 1 heure ! Ça, c’est une leçon. Là où nous avons des slogans du genre on gagne ou on gagne, on nous propose des slogans rassembleurs. Ça, c’est une leçon ! Là où on pousse certains jeunes à devenir des Maguy le tocard, on éduque la jeunesse française au choix politique responsable. Ça, c’est une leçon ! Là ou on pousse certains à choisir ADO parce qu’il est dioula ou Gbagbo parce qu’il est bété, on se retrouve avec des candidats qui oublient qu’un tels est juif, roumains, breton…pour prôner un idéal celui de la Nation. Ça, c’est une leçon !

Jeune Ivoirien à qui l’on fait croire jour et nuit que quelque chose va changer si un tels ou un tels devient Président de la France, saches que ton esprit est sous le régime des manipulations politiques qui t’ont conduit dans les rues d’Abidjan kalachnikov en main. Quelque soit le Président qui débarque, la France-Afrique sera toujours là ! Quelque soit celui qui s’emmène Gbagbo restera dans le tourment de la justice qu’elle soit nationale ou internationale ! Quelque soit celui qui s’impose, les intérêts de la France seront toujours préservés ! Le chien ne mange pas la viande du chien comme disent les abidjanais. C’est une manière claire de te dire que rien ne changera. Au PS Gbagbo ‘’ne sentait pas bon’’ il y a longtemps : les mêmes socialistes sur lesquels certains comptent pour un revirement de situation à La Haye sont les mêmes qui ont dit de Gbagbo qu’il est infréquentable. Je n’ai jamais aimé la politique de Laurent Gbagbo mais ce jour là j’ai eu pitié pour lui car même à un animal de compagnie dont on ne veut plus on lui évite ce genre de propos. Jeune Ivoirien les minutes que tu uses à te mêler de la politique française qui ne t’apporte rien, dépense le à rechercher des bourses d’étude sur le web. Le temps que tu perds à injurier Sarkozy, tu peux l’utiliser largement pour chercher un emploi. Chacun son pays, chacun sa politique et les urnes sont bien gardées car au demeurant on aura jamais besoin des hélicoptères Ivoiriens pour sortir Sarkozy d’un bunker à l’Elysée mais c’est plutôt le contraire qui peut se produire a tout moment.

SUY Kahofi

Le secteur minier Ivoirien en plein essor

20/04/2012 un commentaire

Alassane Ouattara mise sur le dynamisme du secteur minier Ivoirien

Pendant de nombreuses années le secteur des mines a été le parent pauvre de l’économie Ivoirienne. Malgré la présence de pétrole au large du golf de guinée et une variété non négligeable de minerais dans son sous-sol, la Côte d’Ivoire n’a véritablement pas bénéficié des retombés du secteur minier. Le secteur n’occupait que 12.000 à 15.000 actifs dans le pays avec des exploitations traditionnelles ou semi-artisanales. Aujourd’hui avec l’exécution du programme de développement du Président Alassane Ouattara, le secteur minier est de nouveau sur la sellette avec l’arrivée de grands groupes dans le pays qui exploitent déjà des mines d’or ou explorent d’autres régions riches en fer et en manganèse. Le secteur minier est donc en plein essor en Côte d’Ivoire avec des découvertes très importantes de mine d’or et de gisements de pétrole en mer. Bien que depuis l’indépendance le développement de l’activité des mines a donné naissance à des sociétés d’Etat sensées réguler et promouvoir les activités du secteur, c’est seulement en cette année 2012 que des gisements d’or importants pour une exploitation industrielle ont été découverts. « Nous découvrons autant de gisements dans le pays aujourd’hui parce les méthodes que nous utilisions auparavant n’étaient pas les bonnes aussi bien pour l’Or que pour le Pétrole. En 10 ans il y a eu cinq forages or d’Avril à Décembre 2011 nous avons eu cinq forages ! Rien que pour cette année 2012, douze forages sont annoncés » nous explique Adama Toukara, le Ministre Ivoirien des Mines et de l’Energie.

Une ère nouvelle semble donc s’ouvrir pour le secteur des mines en Côte d’Ivoire avec de gros investissements. Des entreprises telles que TATA Steel sont en prospection pour le fer et RANDGOLD a déjà installé des usines pour l’exploitation de l’or. Le gouvernement Ivoirien veille à la dynamique du secteur car il est un gros pourvoyeur d’emploi en cette période de relance économique. « Le secteur minier emploie 30.000 personnes aujourd’hui ce qui est très salutaire pour le pays en cette période post-crise. Nous, je veux parler du ministère et des acteurs du secteur, nous voulons être un grand contributeur à la solution que le Président développe pour résoudre le problème du chômage des jeunes » affirme le Ministre des Mines et de l’Energie. Au-delà des salaires directs qui sont versés aux travailleurs et des impôts perçus par l’Etat, les entreprises qui opèrent dans le secteur des mines contribuent au développement des localités où elles sont implantées par la réalisation d’infrastructures socio-économiques. Avec l’essor du secteur minier et les actions sociales des entreprises, c’est plus de routes et de pistes, plus de centre de santé, plus d’école et plus de médicaments dans les hôpitaux pour les malades. A titre d’exemple nous citerons TATA Steel qui est pour l’instant en prospection et qui a décidé de recruter son personnel à Bangolo et de le former. Ainsi des jeunes filles sélectionnées sont déjà en formation et reviendront servir leur pays. Au-delà, l’entreprise apporte une assistance médicale aux populations et réalise des routes. Les mines apportent un véritable développement dans les régions et l’exemple de TATA Steel ne saurait faire de l’ombre à celui RANDGOLD à Tongon. L’entreprise a redonné vie à la piste pour aéronef, réalisé des barrages pour alimenter les villages en eau potable et soutenir l’agriculture locale sans oublier les écoles qu’elle continue de construire et des centaines d’emplois qu’elle offre aux populations riveraines.

Pour le Ministre Tounkara la belle aventure du secteur minier ne pourra se poursuivre que si les Ivoiriens acceptent de construire un climat de paix et de réconciliation à même de rassurer les investisseurs.

SUY Kahofi

Lutte contre la fuite des noix de cajou

17/04/2012 Aucun commentaire

 

Noix de cajou

L’anacarde est aujourd’hui l’or vert pour de nombreux paysans du nord de la Côte d’Ivoire et cette culture faire vivre un nombre important de famille. Malheureusement les revenus des paysans sont en chute libre et la côté part revenant à l’Etat en termes de recette à l’exportation est tout aussi menacé par le phénomène de l’exportation illégale des noix de cajou. L’ARECA, l’Autorité de Régulation du Coton et de l’Anacarde a décidé de stopper ce phénomène en mobilisant paysans et autorités autour du problème.

Le gouvernement ivoirien a décidé d’aller en guerre contre les exportations frauduleuses de noix de cajou vers les pays frontaliers qui ont atteint au cours de la campagne écoulée un record de plus de 100.000 tonnes représentant le quart de la production nationale. Les stratégies de lutte ont été examinées lors d’un atelier de trois jours à Bondoukou, dans l’est du pays, sur le thème « Porosité des frontières et exploitations frauduleuses des noix de cajou ». Selon Bamba Mamadou président du conseil d’administration de l’Autorité de régulation du coton et de l’anacarde ARECA, la région de Bondoukou est non seulement l’une des plus importantes zone de production de l’anacarde en Côte d’Ivoire, mais également la plus grande porte de sortie frauduleuse des noix de cajou vers le Ghana, particulièrement, à cause de la porosité des frontières. « La situation inquiète l’Etat », a-t-il indiqué relevant qu’en 2011 moins de 280.000 tonnes de noix de cajou avaient été enregistrées au port d’Abidjan pendant que le Ghana dont la production nationale est estimée à 25.000 tonnes a transformé au plan local environ 17.000 tonnes et exporté près de 125.000 tonnes de noix de cajou. L’atelier, qui a été initié à la faveur du lancement officiel de la campagne de commercialisation de la noix de cajou au titre de l’année 2012, a permis de réfléchir sur les stratégies à mettre en place en vue mettre fin au phénomène de fuite des noix. L’atelier a également permis de faire un diagnostic objectif des causes de fuite des noix de cajou vers les pays frontaliers, notamment le Ghana, d’identifier les mesures adéquates permettant de lutter efficacement contre le phénomène, de sensibiliser les acteurs de la filière sur les bonnes pratiques en matière de qualité et de sensibiliser les autorités sur les dispositions réglementaires mises en place pour encadrer la campagne 2012. La Côte d’Ivoire est le premier pays africain producteur de noix de cajou et deuxième au plan mondial après le Vietnam.

SUY Kahofi

Des mécènes Ivoiriens s’engagent pour la cause des enfants

13/04/2012 Aucun commentaire

 

Pose de la première pierre par la Ministre Jeanne Peuhmond et compagnie du Prof Fassinou Fondateur de Children Hope international

L’ONG panafricaine Children Hope international vient de se lancer dans un ambitieux mais noble projet celui de mobiliser des mécènes Ivoiriens pour bâtir le premier centre de prise en charge totale des enfants en difficultés. Il s’agit de ceux rendus vulnérable du fait du VIH, des orphelins de la guerre mais aussi ceux en difficultés abandonnés dans les rues. Le projet aura un coût total de 2 milliards 116 millions de franc CFA entièrement financé par l’ONG et des partenaires tous Ivoiriens. Le complexe dont la première pierre vient d’être posée sera composé d’un hôpital moderne, d’une école, d’une pouponnière et d’un centre agro-pastoral. Ce projet s’inscrit dans le cadre des actions de l’Etat pour la prise en charge des OEV mais de l’action de chaque Ivoirien pour le bien être des enfants. « L’orphelinat aura une capacité de 200 lits, le centre médico-social 150 lits et un atelier d’apprentissage et une école. Le complexe agro-pastoral aura une superficie de 15 hectare et son objectif sera d’assurer aux pensionnaires une auto-suffisance alimentaire » affirme Professeur Fassinou, fondateur de l’ONG Children’s Hope International. La mobilisation d’un mécénat 100% Ivoirien était à l’origine un projet que d’aucun trouvait surréaliste au début de la conception du projet. Malgré cette appréhension, les Chefs d’entreprise Ivoiriens ont répondu favorablement à l’appel du Professeur Fassinou. Parmi ces mécènes nous pourrons citer SETACI, la CDCI, les Studio Fifty Four, Flash Intervention, SOTACI, Carré d’or… Le groupe d’assurance NSIA, filiale de la BIAO fait parti de ces entreprises. Madame Diby Directeur du développement du groupe nous explique pourquoi son entreprise s’engage pour la cause des enfants. « L’assurance à tout de même un côté social et c’est un peu dans ce cadre que nous intervenons aux côtés de Children Hope International. Dans notre organisation la plupart des Directeurs sont des femmes et en nous engageant dans ce projet c’est une manière de contribuer au développement social des enfants et par ricochet de la femme ».

Croire au potentiel de l’Afrique certains le disent, d’autre y croient et c’est cette dernière frange qui s’engage pour que le sud puisse se mobiliser pour trouver des solutions aux besoins du sud. Le mécénat ne signifie pas obligatoirement tendre la main à l’occident mais il peut aussi se faire grâce à l’engagement de chaque Ivoirien pour le bien être de ses concitoyens quelque soit ses ressources. Mr Chaudron patron du groupe SETACI représentant le constructeur KIA Motors estime « qu’un tels projet pour les jeunes est une opportunité que les entreprises Ivoiriennes doivent saisir pour accompagner le projet en vue de le voir émerger. La jeunesse Ivoirienne a souffert durant ces dix dernière années et elle a le droit de croire en un avenir radieux, en un avenir fait d’espoir ». La Côte d’Ivoire attend beaucoup de ce complexe dédié à l’enfant car il sera aussi un centre d’accueil pour d’autres besoins d’urgence tels que les cas d’accident pour lesquels les blessés doivent être convoyés du nord vers d’autres régions. Pour que ce projet puisse véritablement avancer, l’ONG Children Hope International a sollicité Dr Ibrahim RAAD en qualité de coordonnateur National. Notons qu’il assure déjà la coordination des activités de l’ONG au Sénégal. Dr RAAD a accepté d’accompagné la Côte d’Ivoire dans ce projet non sans reconnaître en toute modestie que la tache sera immense mais pas impossible à surmonter. Dans 18 mois ou tout au plus 24 le complexe dédié à l’enfant sera opérationnel mais avant la date d’inauguration des bâtisses, les populations de N’Zokossou (département de Sakasou) où sera logé le centre ne cachent pas leur joie. Serons-nous spectateurs lorsque des enfants meurent ? A cette question les partenaires de l’ONG Children Hope International répondent NON et s’engagent pour que le Centre N’Nafissou soit une réalité.

SUY Kahofi

11 avril : restauration ou mort de la démocratie en Côte d’Ivoire ?

11/04/2012 3 commentaires

 

Laurent Gbagbo est-il le seul coupable?

Voici un an jour pour jour que s’achevait la crise post-électorale Ivoirienne avec la chute du régime de la refondation. Laurent Gbagbo braqué contre la communauté internationale refusait de céder le pouvoir à son rival Alassane Ouattara au terme du second tour de la présidentielle de novembre 2011. La fin de l’histoire est connue de tous : l’ex-président ivoirien est sorti de son bunker sous une pluie de roquette. Un an après la chute de celui qu’on appelle le woody de mama, la Côte d’Ivoire continue de vivre et renoue même avec la croissance. Selon certains analystes, le taux de croissance devrait être supérieur à 8%. Un an après le 11 avril 2011 la Côte d’Ivoire continue de chercher sa voie car les deux chantiers les plus importants du programme Ouattara ne sont toujours pas achevés. D’un côté la réconciliation et de l’autre la restauration de la sécurité.

Insécurité, vie chère et réconciliation

La Côte d’Ivoire de son statut de havre de paix et de quiétude est aujourd’hui un asile pour bandits de grands chemins. Les vols, les meurtres, les braquages à l’arme lourde font parti du quotidien des Ivoiriens. « Il ne se passe pas une seule semaine sans que dans mon quartier on ne signale un vol ou un viol.  L’insécurité est aujourd’hui normal dans ce pays et le comble certains voleurs sont des éléments des FRCI » affirme un Ivoirien sous couvert de l’anonymat. Au-delà de cette insécurité galopante c’est aussi l’épineux dossier de la vie chère que le gouvernement Ouattara n’est toujours pas capable de résoudre. « La vie était chère avant la crise et aujourd’hui est encore plus grave. On n’arrive plus à manger à sa fin et le peu que vous avez ne peut pas vous permettre de vous nourrir convenablement » se lamente Chantal Kouakou une mère de famille. « Où allons-nous » s’écrit une autre mère de famille. Ehouré Joseline dénonce l’attitude des commerçants véreux. « Ils s’enrichissent sur le dos des pauvres en fixant des prix en fonction de la tête des clients et le comble rien n’est fait pour les arrêter ». L’autre débat, celui de la réconciliation est plus politisé. Le parti au pouvoir et l’opposition se rejettent la responsabilité du drame Ivoirien et s’accusent de manque de volonté pour rassembler les Ivoiriens. Si au sommet la querelle vire aux menaces par presse inter-posée, à la base les militants ne se font pas de cadeaux. « La réconciliation est de façade. Je suis de l’ouest mais depuis que je suis de retour dans le quartier tout le monde me regarde comme un pestiféré puisse que je suis de la même ethnie que l’ancien Président. On ne peut pas rendre tout un peuple responsable de ce qui est arrivé au pays » s’indigne Bahi avant de souligner que certains de ses voisins ne lui adresse plus la parole ! Pour Konaté un nordiste « le véritable obstacle à la réconciliation réside dans le refus du FPI de demander pardon ». Le FPI selon lui « ne peut pas jouer la victime là où tout le monde reconnait sa culpabilité ». Il faut donc que le FPI demande pardon avant toute chose estime le chef d’entreprise. Pour Méïté le nœud du problème réside dans le transfèrement de Laurent Gbagbo à la CPI. « Laurent Gbagbo est notre frère et je pense qu’on pouvait le laisser ici, le juger ici ou même le gracier. Ses partisans ne se sentent pas dans cette réconciliation simplement parce que leur leader est derrière les barreaux ». Pour Traoré Wodjo Fini la logique d’un Gbagbo en prison répond certes à un besoin de justice mais attention à ne pas tomber dans une logique justice des vainqueurs sur les vaincus. « Jusqu’à ce jour seuls les leaders d’un camp sont harcelés et cela n’est du tout bon pour  la justice transitionnelle ». Le pardon oui mais pas seulement celui venant du FPI car selon Konan Oscar « tous les Ivoiriens sont coupables. Cette crise est le résultat de la longue querelle de succession qui a commencé à la mort de Félix Houphouët Boigny. Chaque politicien doit des excuses et un pardon sincère au peuple parce que chaque fois c’est le peuple qui souffre ».

La Côte d’Ivoire veut devenir un hub de croissance pour la sous-région et même pour l’Afrique. Avant de réaliser se rêve elle doit avant tout se donner les moyens de devenir un pays respecté non pas pour sa richesse mais pour les solutions qu’elle trouvera à ses problèmes.

SUY Kahofi

 

Pièces mutilées…pomme de discorde !

10/04/2012 un commentaire

 

Pièces de monnaie de la BECEAO en vigueur en Côte d'Ivoire

Les pièces de monnaies constituent le moyen d’échange par excellence de nombreux Ivoiriens. Sur les marchés, dans les transports et même dans les grandes surfaces, les pièces permettent d’assurer les paiements et facilitent la monnaie pour des prix généralement affichés avec 25, 50 ou 100 f cfa de majoration. Pourtant les pièces de monnaie sont à l’origine de petits problèmes entre consommateurs et vendeurs car celles-ci ne sont pas présentables souvent. En effet certaines pièces mutilées sont refusées car leur aspect rebute ! On les appelle communément des pièces lisses, finies ou effacées. Personne n’en veut, pourtant elles circulent ! Ils sont rares ceux qui n’ont jamais interpellé un apprenti gbaka (mini car de transport urbain) ou une vendeuse pour une pièce jugée lisse. « L’argent circule et le plus souvent vous recevez ce type de pièces par mégarde. Je peux dire qu’on se débarrasse d’elles pour éviter qu’elles nous reste entre les mains », affirme M. Affeli, client d’un supermarché. On se demande comment la pièce peut ainsi s’effacer. La durée de vie est la première raison et la seconde, les mauvais traitements infligés aux pièces.

Certaines personnes les marquent à l’aide d’un couteau ou les frottent à même le sol pour espérer les revoir. Pourtant ces pièces qu’on dit lisseslavées ou finies sont bel et bien valables selon des fonctionnaires de la BCEAO (Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest) que nous avons interrogé nous ont donné les raisons qui rendent une pièce invalide.

« Une pièce est dite mutilée et donc sans valeur quand les inscriptions suivantes sont totalement absentes des deux surfaces de la pièce. Les inscriptions faisant référence à la structure émettrice (UEMOA, BCEAO), le silure symbole de la BCEAO et la valeur faciale de la monnaie (50, 25, 100, 250…) ». En d’autres termes, si votre pièce porte toujours une des inscriptions citées, elle est encore valable. Mais où se situe donc le problème ? « Moi je ne peux pas prendre ‘’l’argent lisse’’ parce que  ‘’c’est vilain’’ et puis les clients ne prennent pas ça si tu fais la monnaie avec », affirme Ouédraogo Binta, vendeuse de charbon. C’est donc l’aspect des pièces qui pose problème ! Alors, seule la Banque émettrice peut résoudre le problème en récupérant les pièces mutilées pour les jeter en haute mer et émettre de nouvelles. « Jeter en haute mer des pièces mutilées : quel gâchis », soutient un banquier « on peut bien penser à les recycler ». En effet, aucune méthode de recyclage n’existe pour les pièces pourtant l’alliage ferro-nickelé pourrait servir à fabriquer de nouvelles pièces. En attendant que des pièces neuves ne viennent prendre la place des anciennes sur le marché, consommateurs et vendeurs continueront de refuser les pièces mutilées ou de se débarrasser d’elles en cas d’inattention d’un interlocuteur.

SUY Kahofi

 

Point humanitaire frontière ivoiro-malienne

09/04/2012 Aucun commentaire

 

N'dolamb N'gokwey Coordonnateur humanitaire en Côte d'Ivoire

A la suite du coup d’Etat militaire au Mali pays frontalier à la Cote d’Ivoire, des informations récurrentes ont fait cas de mouvement de population Malienne vers la frontière Ivoirienne. Afin de vérifier les faits, une mission  a été effectuée le 3 Mars 2012 à la frontière  Ivoirienne (POGO) et Malienne (ZEGOUA). L’objectif de la mission humanitaire était de vérifier la présence de populations réfugiées sur les deux frontières et l’état du trafic (marchandises, hommes, véhicules) entre les deux pays.

Sur les deux axes à l’allé comme au retour, aucun  mouvement de population en masse n’a  été observé : seulement des circulations ordinaires de véhicules et de motos. Que ce soit sur  l’axe de Korhogo-ZEGOUA en passant par NIELLE, la circulation est normale. Pas de changement observé  au niveau des villes, des routes principales et secondaires. Les populations vaquent à leurs occupations habituelles. A POGO, la mission a pu observer une soixantaine de camions  et une dizaine de petites voitures en provenance du Mali  qui sont  en attente de régularisation des documents afin de descendre vers  la Cote d’Ivoire. Pour le chef de poste de la douane ivoirienne, c’est le trafic habituel qu’ils ont l’habitude de gérer au niveau du poste. De la cote de la frontière malienne à ZEGOUA (village malien), c’est le calme plat, le trafic est normal. La mission a observé une dizaine de camions en stationnement du côté du poste de la douane malienne et en régularisation des documents. Pas de présence de population en déplacement pas d’engorgement de la frontière. Sur l’axe de retour soit POGO, OUANGOLO, FERKE, KORHOGO, le trafic ordinaire de camions et de véhicules particuliers, transportant les marchandises et des personnes, pas de convois observés, pas  de  groupes de personnes observés.

Des échanges avec la police à Pogo, il ressort que la frontière avait été fermée à la suite des instructions reçues  de la hiérarchie depuis la semaine du 26 au 31 Mars 2012. Des renforts  ont été envoyés au niveau des FRCI, de la gendarmerie et de la police afin de sécuriser la frontière. Les forces Onusiennes sont venues par la suite pour apporter un appui. Pendant le temps qu’a duré la fermeture de la frontière, aucun mouvement de population n’a été observé. Les populations en voyage changeaient seulement de véhicule et poursuivaient le voyage de part et d’autre de la frontière. Les véhicules de transport de marchandises et de produit pétrolier sont restés en stationnement. Les cargaisons de denrées périssables comme la banane, les légumes  se sont dégradées contraignant les propriétaires à les brader. Au niveau de la Douane de POGO, les mêmes informations ont été recueillies. Le Chef de poste,  nous a fait savoir que la frontière est ouverte depuis le Dimanche 1er Avril 2012 et la circulation a repris. Les longs fils d’attente  de véhicules ont régularisé leur situation et le poste s’est désengorgé progressivement. Pour lui la fermeture a eu un impact, économique  sur les deux pays en raison du trafic transfrontalier qui existe. Ils sont dans l’attente d’une nouvelle décision de fermeture de la frontière à cause  des sanctions décidées par la CEDEAO contre le pouvoir  militaire en place au Mali. Pour eux l’application des sanctions induirait la fermeture de la frontière à nouveau. Ils sont donc en attente de l’ordre. Mais pour le moment rien n’est décidé.

Dans l’ensemble, sur les deux axes de la mission, la situation est calme. Le trafic est normal et les populations vaquent à leurs occupations des deux côtés de la frontière Ivoiro-Malienne. Toutefois le développement de l’actualité politique et militaire peut à tout moment modifier la situation et occasionner des mouvements de population. C’est pourquoi les acteurs humanitaires et de l’Etat doivent observer la situation  et penser à d’éventuelles réponses urgentes a de probable arrivée massive de population en Côte d’Ivoire.

La Radio des Nations Unies (ONUCI Fm) lance un album pour la paix

06/04/2012 Aucun commentaire

 

Fréquences Nationales d’ONUCI Fm, la fréquence de la paix

La radio de l’Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire, ONUCI FM a procédé au lancement, ce vendredi 6 avril 2012, de son album de treize chansons dédiées  à la paix, au siège de la mission onusienne, à Sébroko. Selon Martin Moalli, initiateur du projet « Album de la paix », la musique est le moyen par excellence pour faire passer le message de la cohésion sociale, de la réconciliation et de la paix. « Il fallait trouver des personnes capables de nous aider en cela. Nous avons fait un casting et nous avons sélectionné des artistes et des compositeurs que nous pensions être les meilleurs dans leur catégorie », a soutenu M. Moalli. Une vingtaine d’artistes dont la plus connue est Nash et des paroliers comme Mendoza, de la célèbre émission « Le Kpapkato pressé sur ONUCI FM », ont travaillé à cet album.

« Ça a été un véritable plaisir pour moi de composer des chansons. J’en ai composé treize, dont trois ont été choisis parmi lesquels ‘’l’étranger n’est pas un danger’’. C’était la première fois que j’écrivais des paroles pour des chansons » a indiqué Mendoza. Le projet « Album de la paix », qui avait commencé avant la crise post électorale, a mis une année avant de voir le jour. Les treize titres de l’album sont tous des appels au pardon, à la réconciliation, à la cohésion sociale et à la paix. Il convient de noter que le lancement de cet album s’est fait au cours de  l’émission le « 7-12 », animée par Annie Dago d’ONUCI FM.

Lutte contre la cherté de la vie : un accord sur la baisse du prix du riz

04/04/2012 Aucun commentaire

 

Un accord sur la baisse du prix du riz

La signature d’un protocole d’accord sur le prix de vente maximum des différentes qualités de riz vendues sur le marché Ivoirien a réuni importateurs, grossistes, détaillants, associations et fédérations de consommateurs ainsi que le ministre du Commerce autour de la même table. Ce protocole prévoit une réduction de 10% sur le prix des différentes quantités de riz. Contrairement au précédent accord qui ne concernait que le riz de grande consommation 25% brisures, appelé couramment ‘’Denikachia’’, la nouvelle disposition couvre toutes les qualités de riz à savoir semi luxe et luxe. A    partir 7 avril 2012, les nouvelles dispositions sur le prix du riz seront mis en application de sorte que dans les semaines avenirs les prix soient respectés par les commerçants sur les marchés. Le ministre Dagobert Banzio a tenu personnellement à remercier tous les acteurs qui ont participé à l’aboutissement de ce nouveau protocole. Pour le ministre, cette signature de protocole d’accord entre dans le cadre de la lutte contre la vie chère qui a fait objet de communication gouvernementale. Le premier responsable du Commerce en Côte d’Ivoire a ajouté que des mesures d’ordre structurel sont en cours et seront annoncées au fur et à mesure en vue d’une baisse du coût de la vie en Côte d’Ivoire. Il a en outre appelé les signataires de l’accord à se conformer à cet engagement. A ce sujet il a mis en garde les commerçants véreux qui seraient tenté de pratiquer les prix qu’ils souhaitent. Il a brandit le spectre de l’application stricte de la loi pour que ces prix soient respectés. Pour ne plus gruger les consommateurs, les commerçants auront l’obligation d’afficher les prix et de délivrer des factures normalisées si le client en fait la demande. Une campagne de sensibilisation et d’information des consommateurs sur les nouveaux prix est en vue. Dans le cadre du protocole d’accord, le kilogramme du riz 25 % de brisure aura un prix qui oscille entre 297 FCFA et 317 FCFA. Celui du sémi-luxe sera désormais vendu au kilogramme entre 362 FCFA et 543,11 FCFA. Quant au riz de luxe, le kilogramme se discutera entre 710 FCFA et 760 FCFA.

SUY Kahofi

Les autorités Ivoiriennes s’engagent contre la cherté de la vie

03/04/2012 Aucun commentaire

 

Les boutiquiers sont sommés de pratiquer des prix responsables

Le Premier ministre ivoirien, Jeannot Ahoussou Kouadio a mis en mission de contrôle et de veille sur les mesures mises en œuvre pour lutter contre la cherté de la vie. Ce 31 mars à Yamoussoukro la capitale politique de la Côte d’Ivoire, le corps préfectoral et les responsables des collectivités territoriales ont été interpellés. Les mesures gouvernementales décidées relativement à la cherté de la vie concernent la mise en place d’un Comité de veille permanent pour l’ensemble des produits de grande consommation qui devra rendre compte au gouvernement, diligenter une étude sur les protections dont bénéficient les industries installées en Côte d’Ivoire en vue de mesurer leur pertinence. La question de la cherté de la vie est aujourd’hui au cœur de tous les débats en Côte d’Ivoire. Il ne se passe pas un seul jour sans que les populations Ivoiriennes ne se plaignent de la hausse des prix sur le marché. Les boutiquiers et les vendeuses à l’étalage semblent afficher des prix qui passent du simple au double entre deux jours. Une situation qui occasionne des grognes au sein de la population. « Le marché était cher avant la crise et je dois dire qu’il est devenu plus cher. L’Ivoirien ne peut plus rien acheter : du riz aux légumes en passant par l’huile ou le savon, chacun affiche ces prix comme si nous étions dans la jungle » affirme Françoise Konan une mère de famille. Madame Kouassi se propose de nous faire l’état des denrées dont le prix est passé du simple au double. « Nous avons sur le marché des vivriers, la banane, le manioc, les légumes mêmes. Pour la viande le kilo à 2100 ou 2300 f CFA par endroit c’est trop. Le poisson et le poulet on n’en parle pas ! ».

Au-delà des produits cités par cette mère de famille, il y a également la hausse du prix du riz pour lequel le gouvernement Ivoirien vient d’obtenir une légère réduction. « Le riz de grande consommation que nous appelons déni kachia qui est le riz avec 25% de brisure a un prix qui varie autour de 300 f CFA » soutien Dagobert Banzio Ministre Ivoirien du Commerce. Une amélioration a été faite car en 2008 le prix de ce même riz de grande consommation oscillait entre 315 et 450 f CFA, en 2009 il est passé entre 325 et 345 f CFA. Dans le nord le riz de luxe et semi luxe est vendu à 280 et 310 f CFA. Si en théorie ces prix se stabilisent certains commerçants véreux continuent d’afficher des prix à la tête du client. Alors pour faire des économies et varier leur alimentation, les populations Ivoiriennes se rabattent sur les marchés de vivrier où la hausse se fait aussi sentir. Kouadio Ahou Bertine est commerçante de vivrier au marché Gouro d’Adjamé, elle nous explique que la hausse sur l’étalage est fonction du prix sur le marché de gros. « Avant la crise le lot de banane était vendu à 5000 ou 6000 f mais aujourd’hui nous l’achetons entre 12.000 et 15.000 voir 17.000. Pour le manioc on pouvait avoir un tas à 200 ou 300 mais aujourd’hui il faut 1000 ou 1500 pour un tas ». Avec 50.000 une vendeuse pouvait faire le plein de marchandise avant la crise mais aujourd’hui avec 100.000 f il faut serrer la ceinture pour avoir de quoi payer le transport. Sous l’impulsion du premier ministre Ahoussou Jeannot qui se fait désormais aider des préfets, sous-préfets et du corps administratif Ivoirien, les autorités sont en guerre contre la vie chère et les commerçants rebelles aux reformes et baisse des prix. Le gouvernement ne pourra pas à lui seul arriver à restaurer l’ordre sur les marchés d’où cet appel du Ministre du Commerce. « Les associations de consommateurs à la base doivent saisir le ministère pour signaler les commerçants qui affichent des prix trop élevés. Ils doivent aussi saisir les consommateurs pour les orienter vers les boutiques les moins chers. Il ne s’agit pas de boycotter les boutiquiers qui pratiquent les mauvais prix mais d’aider les Ivoiriens à dépenser moins pour se nourrir ». Le gouvernement de son côté n’entend pas mener exclusivement la politique du bâton mais il entend surtout sensibiliser chaque acteur pour que sa politique de lutte contre la vie chère puisse être épousé par chaque habitant du pays.

SUY Kahofi