ONUCI : un nouveau chef pour quelles missions ?

Aïchatou Mindaoudou, la nouvelle patronne de l'ONUCI

Aïchatou Mindaoudou, la nouvelle patronne de l’ONUCI

L’Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire a un nouveau patron ou plutôt une nouvelle patronne ! Elle est le cinquième haut fonctionnaire désigné par Ban Ki Moon pour accompagner la Côte d’Ivoire dans son processus de normalisation socio-politique.

Crée en 2004 l’Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire (ONUCI) fait partie du paysage socio-politique et économique de la Côte d’Ivoire. Sa mission depuis sa création a été d’accompagner le pays vers la paix après le déclenchement de la crise militaire de septembre 2002. Dotée d’une force militaire, l’ONUCI a notamment veillé au respect du cessez-le-feu entre FDS et FN. L’histoire de cette mission opérationnelle des Nations Unies a été très mouvementée ; en témoigne les quatre fonctionnaires qui a tour de rôle ont dirigé la mission en huit (8) ans. Leur mandats respectifs ont été de durée différente mais ils ont partagé une même appréciation de la part des ivoiriens. Jamais aimé et toujours contesté !

L’ONUCI d’Albert Tévodjéré à Aïchatou Mindaoudou

Parlant des patrons de l’ONUCI retenons que c’est Albert Tévodjéré a ouvert le bal. Il avait une connaissance assez approximative de la sociologie des Ivoiriens. Il a pris les rennes de la mission avec une ferme volonté de trouver lui l’africain une solution à une crise africaine. Les boulangers politiques Ivoiriens, les bandes armées et leurs dirigeants aux exigences et humeurs changeantes ont eu raison du diplomate Togolais qui a rendu son tablier. Pierre Shöri se lance dans la course et devient l’homme du kiproko constitutionnel de 2005 avec les voyages multiples du groupe de contact. Il négocie apparemment un maintient au pouvoir de Laurent Gbagbo et le prolongement du mandat des députés pour éviter le KO. Il se lance sur la voie des négociations pour la tenue des élections présidentielles mais ne restera pas assez longtemps pour les voir. Il a été jugé de personnage trop timide pour une crise chaude que celle qu’a vécu la Côte d’Ivoire. Son successeur Young Ji Choi est lui aussi timide en apparence sauf que réellement il ne l’est pas. Il réussira à accompagner la Côte d’Ivoire aux élections et même à faire respecter le choix des urnes. Son départ a suscité une grande émotion chez ses collaborateurs, une indifférence teintée de mépris chez les partisans de Laurent Gbagbo. Albert Gerard Koenders succède à Young Ji Choi et conduit le processus électoral à sa fin malgré les violences qui l’ont émaillé. Un mandat trop court hélas puisse que l’homme est nommé à la tête de la Minusma (Mission intégrée des Nations unies pour le Mali). A 53 ans l’ancienne ministre nigérienne Aïchatou Mindaoudou succède à Albert Gerard Koenders et devient le deuxième patron africain de l’Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire après le Professeur Albert Tévodjéré.

Qui est Aïchatou Mindaoudou ?

Aïchatou Mindaoudou connait bien la Côte d’Ivoire pour y avoir fait une partie de ses études de droit international. Les missions qui seront également les siennes ne lui sont pas étrangères. Elle aura la lourde tache de poursuivre l’œuvre de pacification de l’ouest-ivoirien et surtout d’aider à trouver des réponses idoines à des problématiques comme celle du foncier, le désarmement, la question de l’équilibre dans la justice transitionnelle et surtout penser à pacifier les élections présidentielles de 2015. Forte d’une carrière de femme d’Etat de 20 ans elle possède sans nul doute les armes nécessaires pour réussir sa mission. En effet, récompensé en 2006 par une légion d’honneur pour « son engagement dans la résolution des crises en Afrique », Mindaoudou est devenue un personnage clé de la diplomatie sous régionale. Après avoir été ministre du Développement social en 1995, elle occupera le ministère des Affaires étrangères sous la présidence de Mamadou Tandja pendant près de 10 ans. En 2005 à Accra, lorsque le chef de l’État nigérien est élu à la présidence de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), Aïchatou Mindaoudou prend la tête du Conseil des ministres pour la médiation et la paix. Pendant deux ans elle suit tous les sujets importants et conduit les missions de l’organisation en Guinée-Bissau et au Togo au lendemain de la mort du Général Gnassigbé Eyadema. Le secrétaire général des nations unies n’a donc pas fait confiance à une novice pour gérer le dossier ivoirien, reste à savoir si elle pourra faire le consensus auprès de la classe politique ivoirienne qui a déjà eu raison de plusieurs représentants de Ban Ki Moon.

SUY Kahofi

Droit de l’homme : Doudou Diène fait le point de sa mission

Doudou Diène, l’expert indépendant de l’ONU sur la question des droits de l’homme en Côte d’Ivoire

Doudou Diène, l’expert indépendant de l’ONU sur la question des droits de l’homme en Côte d’Ivoire

Doudou Diène, l’expert indépendant de l’ONU sur la question des droits de l’homme en Côte d’Ivoire était face à la presse ce 03 mai. L’objectif de cette rencontre était de faire le bilan de sa mission en Côte d’Ivoire.

Le point presse a été animé à Sébroko, le quartier général de l’ONUCI. Face aux journalistes de la presse nationale et internationale, Doudou Diène a fait le bilan de sa mission en Côte d’Ivoire. L’objectif de cette rencontre était d’informer les ivoiriens sur le contenu du rapport qu’il doit remettre aux Nations unies, rapport qui porte bien entendu sur l’évolution de la situation des droits de l’homme. Dès l’entame de son propos, l’expert indépendant a souligné que durant son séjour il a eu l’opportunité de rencontrer toutes les composantes de la société ivoirienne. Il s’agit principalement des membres du gouvernement, ceux de la société civile, les généraux de l’armée, les chefs coutumiers, certaines victimes de la crise post électorale, des détenus pro-Gbagbo, les différents partis politiques… Doudou Diène par ce large éventail a voulu toucher du doigt la situation des droits de l’homme en Côte d’Ivoire. Au terme de ses consultations, il a tiré une première conclusion qui pourrait donner de l’espoir au peuple de Côte d’Ivoire. « Beaucoup a été fait, et beaucoup reste encore à faire pour le respect des droits de l’homme », a-t-il affirmé.

« Nous avons passé en revue les manifestations de l’impunité depuis 1990 jusqu’à aujourd’hui, y compris la crise postélectorale et analysé les réponses apportées par le gouvernement et d’autre part mis en lumière les principes et les actions juridiques les plus appropriées pour combattre l’impunité et promouvoir une justice équitable sur la base du droit ivoirien et du droit international, et suite à tous ces échanges, des recommandations ont été faites » a indiqué Doudou Diène.

Au chapitre des recommandations

L’expert indépendant au chapitre des recommandations a demandé aux autorités ivoiriennes d’engager des poursuites contre tous les auteurs de crimes graves, quel que soit leur statut ou leur appartenance politique, ethnique ou religieuse. Sur ce point il a rappelé que seuls des partisans de l’ex-président Laurent Gbagbo ont été jusqu’à présent poursuivis pour des crimes commis durant la crise postélectorale de 2010-2011 qui a fait quelque 3.000 morts. Cette état de fait vaut régulièrement au régime du chef de l’Etat Alassane Ouattara l’accusation de favoriser une « justice des vainqueurs ». Il a invité les autorités Ivoiriennes à améliorer les conditions de détention des prisonniers pro-gbagbo non sans prendre le soin de se réjouir du transfert de l’ex-première Dame à Abidjan pour des questions médicales. Au peuple de Côte d’Ivoire, Doudou Diène a rappelé son humanité et sa pratique du vivre ensemble qui ont été sapé par la crise post-électorale. Il s’est dit confiant dans les possibilités des Ivoiriens à cultiver la réconciliation et à promouvoir de nouveau la paix. Le rapport de l’expert indépendant  de l’ONU sera remis en juin à Genève,  au siège du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies.

SUY Kahofi

Assemblée Nationale : Ouverture de la 1ère session ordinaire de l’année 2013

Guillaume Soro, Président de l'Assemblée Nationale de Côte d'Ivoire (abidjan.net)

Guillaume Soro, Président de l’Assemblée Nationale de Côte d’Ivoire

L’Assemblée Nationale de Côte d’Ivoire a effectuée ce mercredi 24 avril 2013 l’ouverture solennelle de sa 1ère session ordinaire. Il s’agissait d’un moment très attendu par les députés et le peuple Ivoirien dans la mesure où il intervient dans un contexte post-électoral. Il devait être l’occasion pour le Président de l’Institution de se prononcer sur les dernières élections locales et de préciser les orientations politiques, économiques et sociales qui seront celles de l’Assemblée Nationale Ivoirienne pour les mois avenirs. L’ouverture de la 1ère session ordinaire de l’Assemblée Nationale Ivoirienne a été rehaussée par la présence des représentations parlementaires de plusieurs pays d’Afrique. Nous citerons entre autre celle du Burkina conduite par son Président Ouattara Soungalo, le Congo-Brazzaville avec le Président Justin Koumba, la RDC et sa délégation conduite par le Président Aubin Minaku N., la représentation parlementaire du Niger avec à sa tête le Président Hama Amadou…

Moment très attendu, dès l’ouverture de la séance par le Secrétaire-général de l’Assemblée Nationale, le discours du Président Soro Guillaume. Celui-ci s’est officiellement prononcé sur ces élections locales et les dérives violentes qui en découlent. Il a félicité le premier Ministre Daniel Kablan Duncan pour les efforts du Gouvernement dans le cadre du dialogue politique avec l’opposition non sans prendre de soin de saluer les efforts de la Commission Electorale Indépendante et son président Youssouf Bakayoko. Ces deux personnalités selon le Président ont eu le mérite de conduire à bon port le processus des élections locales. Aux candidats malheureux qui rechignent à respecter le choix du peuple, Guillaume Soro a eu ce message à leur endroit :

« Je demande solennellement aux candidats qui ont participé aux élections de dimanche dernier (21 avril NDLR) d’accepter le verdict des urnes. Faisons en sorte que quelques sautes d’humeur bien compréhensibles de la part de candidats qui étaient certains de leur victoire mais que le peuple n’a finalement pas retenu, ne retardent la publication des derniers résultats ».

Pour le Président de l’Assemblée Nationale il est grand temps que les élus acceptent d’orienter désormais leurs efforts vers la relance économique au moment où l’on peut dire sans risque de se tromper que l’Etat de droit est rétabli en Côte d’Ivoire. Placé  sous le signe d’une diplomatie parlementaire efficace au plan continental et mondial, le magistère du Président Guillaume Soro a aussi pour objectif de rapprocher l’assemblée nationale des contribuables. Les chantiers engagés dans cette logique se poursuivront a-t-il assuré avec un objectif clairement affiché : promouvoir la réconciliation et le bien être des populations.

Au terme de cette cérémonie solennelle plusieurs députés se sont prononcés sur ce moment qui marque l’ouverture de la 1ère session ordinaire de l’Assemblée Nationale. Pour l’honorable Boby Assa Emilienne, député de Dimbokro, les parlementaires sont disposés à servir le peuple de Côte d’Ivoire et ces derniers ne ménageront aucun effort pour faire le choix de texte de loi susceptibles d’apporter le bien être aux populations. Se prononçant sur l’appel de la 7ème vice-présidente de l’Assemblée Nationale du Sénégal, Kathy Cissé WONE, qui a plaidé pour une loi sur la parité parlementaire en Côte d’Ivoire, l’honorable Boby Assa Emilienne a souligné que le parlement à l’initiative de cette loi. Elle soutient que la tâche ne sera pas facile mais elle sait pouvoir compter sur le lobbying des femmes et surtout le soutient du Président Guillaume Soro. L’honorable Adama Bitogo député d’Aboisso a félicité le Président Guillaume Soro pour l’efficacité de sa diplomatie parlementaire. Il a souligné que la présence de toutes les délégations étrangères est « le symbole d’un come back diplomatique réussit de la Côte d’Ivoire ». Pour l’honorable Soro Fobeh député de Katiali-niofoin, l’appel à la raison du N°1 de l’hémicycle est le morceau choisi pour son analyse. Il salue le franc parlé du Président Guillaume Soro et « demande avec insistance aux perdants de faire preuve de grandeur et de culture démocratique ».

Notons que 235 députés étaient présents lors de cette cérémonie.

SUY Kahofi

21 avril : Abidjan un désert électoral pour un fiasco démocratique

Agents de la CEI oisifs un bureau de vote (@kingsuy)

Agents de la CEI oisifs un bureau de vote (@kingsuy)

Le processus électoral de sortie de crise s’est achevé ce 21 avril en Côte d’Ivoire. Celui-ci pour mémoire avait débuté en novembre 2010 avec les élections présidentielles qui se sont finalement soldées par une violente crise post-électorale. Ont suivi, les législatives encore marquées par des violences entraînant des partielles au mois de février 2012. Les élections régionales et municipales couplées quant à elles ont été reportées à deux reprises avant d’être pratiquement imposées en avril 2013.

Boycotte pacifique réussit

Dès l’annonce de cette date par le Conseil des Ministres, Richard Kodjo le secrétaire général du Front Populaire Ivoirien de Laurent Gbagbo n’est pas passé par quatre chemins pour annoncer la volonté de son parti (FPI) de boycotter le scrutin prétextant d’un dialogue politique de sourd au sommet de l’Etat. Malgré cet appel au boycotte une quinzaine de cadres du FPI vont apporter leur soutien dans plusieurs localités aux candidats du PDCI d’Henri Konan Bédié. Un écart de comportement sanctionné par le Directoire du FPI mais qui donne toute la mesure de la fragilité du navire RHDP. En effet ces élections ont permis de voir combien de fois le torchon brûle entre le PDCI et le RDR d’Alassane Ouattara. Une gué-guerre politique qui a engendré de nouvelles violences. Ces violences verbales, physiques et les actes de destruction qui les accompagnent étaient sans doute rendu possible par les enjeux de ces élections pour des postes de développement. Un engouement politique qui a permis d’enregistrer 659 têtes de listes pour les élections municipales et 84 au régionales. Une véritable course aux fonctions de maires et de conseillers régionaux qui s’est joué à coup de programme de société plus novateurs les uns que les autres mais aussi à coup de billet de CFA et de gadgets notamment les tee-shirts.

On ne vote pas les violents !

Les différentes stratégies de campagne on-t-elle porté leurs fruits ? Il faut bien attendre ce 21 avril pour le savoir. Ce dimanche de vote, la sanction est tombée. Les Ivoiriens ont boudé le scrutin au grand désarroi des représentants de candidats. L’espoir de l’affluence dès l’ouverture des bureaux de vote à vite laissé la place au découragement. Nombreux sont les Ivoiriens qui ne sont pas allés voter : les élections régionales et municipales ayant trop peu d’enjeu à leurs yeux. Au-delà, c’est une abstention sanction face une classe politique ivoirienne qui semble s’accommoder des violences électorales avec une certaine aisance.

« Les politiciens Ivoiriens ne sont pas sérieux ! Ils nous invitent à participer aux scrutins et après pour des résultats ils endeuillent des familles. Je ne vote plus et en plus je me prépare pour quitter ce pays avant les présidentielles de 2015 » avance déçu Kouakou Gérard, un jeune informaticien.

Seule une poignée d’Ivoiriens s’est déplacée vers les urnes. Un véritable désert électoral dans les dix communes d’Abidjan qui fait planer le taux de participation à 30%, selon les premières estimations. Une misère démocratique quant on sait que 5 millions d’Ivoiriens étaient attendus aux urnes ! La raison de ce désert électoral est toute simple : les candidats ont préféré se chicaner, s’injurier et s’agresser au lieu de s’opposer par des programmes de société.

« De nombreux candidats seront surpris par les résultats de ces élections. C’est la première fois que des élections couplées sont organisées en Côte d’Ivoire et très peu de candidats ont pris le soin d’indiquer à leurs militants et sympathisants comment voter.  Ils étaient plutôt préoccupés par des promesses électoralistes au point d’oublier l’éducation citoyenne » nous explique Nathalie Koné, directrice du CEFCI (Centre Féminin pour la Démocratie et les Droits Humains en Côte d’Ivoire).

Si la CEI, la Commission Electorale Indépendante, pour éviter toute contestation et proscrire le désordre à décidé de proclamer les résultats à partir de ce lundi, il n’y aura pas de suspens concernant le taux d’abstention et surtout celui des bulletins nuls. Sur ce dernier point, les Organisations de la Société Civile estiment que la proportion de bulletins impropres au comptage des voix pourrait osciller entre 15 % et 20 %.

SUY Kahofi

Cacaoculture : la Côte d’Ivoire réceptionne 10.000 t de TERACTIV

Remise symbolique d’un sac d’engrais au Ministre Sangafowa

Remise symbolique d’un sac d’engrais au Ministre Sangafowa

Une nouvelle ère s’ouvre pour la Cacaoculture en Côte d’Ivoire et ce n’est pas peu de le dire ! En effet ce 03 avril, le premier producteur mondial de cacao a accusé réception de 10.000 tonnes de TERACTIV, un engrais développé par la firme OCP (Office Chérifien des Phosphates) en coopération avec ADM (Archer Daniels Midland Company) et IDH. La cérémonie officielle de remise de ce nouvel engrais aux autorités ivoiriennes a eu lieu à la salle Ebène de l’Hôtel TIAMA (Abidjan-Plateau). La réception de 10.000 tonnes de TERACTIV s’inscrit dans le cadre du projet Bringing back soil fertility to the cacoa farms. Cette initiative, soutenue par des entreprises de l’industrie cacaoyère, les agences gouvernementales et des ONG, à pour mission première de restaurer la fertilité des sols utilisés pour la culture du cacao en Afrique de l’ouest. L’objectif en associant le premier producteur mondial de cacao est de faire face à la demande mondiale de fève qui évolue de 2 à 3% par an. Il s’agit également selon Jonas Mva Mva Responsable du projet cacaoculture durable à IDH de faire en sorte que les quarte facteurs indispensables à la production soient enfin réunis. « Le marché mondial doit faire face à un déficit d’environ 1 million de tonne d’ici 2020 ! Une des solutions au problème serait la combinaison des quatre facteurs que sont la formation des producteurs, la protection des vergés, l’importance du matériel végétal amélioré et les engrais » a-t-il expliqué. Les trois premiers facteurs étant plus ou moins mis en place, il s’agit de faire en sorte que les producteurs puissent avoir accès au quatrième facteur qui est l’engrais. Cette volonté d’IDH trouve un écho favorable auprès des entreprises de l’industrie cacaoyère et surtout auprès de la firme OCP, l’Office Chérifien des Phosphates.

Fondé en 1920, le groupe OCP (Maroc) est un leader mondial de la production et de l’exportation de roches phosphoriques, d’engrais à base de phosphates et de produits dérivés. Selon Mr Ben Ali, le représentant d’OCP l’objectif de la production de la TERACTIV Cacao est de soutenir la politique africaine de cacaoculture durable. L’OCP s’associe donc à un programme de productivité prévoyant de meilleures pratiques agricoles, la gestion des pesticides, du matériel d’exploitation de meilleure qualité et l’utilisation d’engrais. Cette stratégie peut faire passer la productivité actuelle de 500 kg par ha à 1000 kg par ha ! Une hausse qui améliorera substantiellement les moyens de subsistance des planteurs de cacao. Une telle initiative ne pouvait se mettre en place sans le premier producteur mondial de cacao. La Côte d’Ivoire en s’inscrivant dans ce projet de fertilisation des sols dédiés à la cacaoculture veut à court terme accroître sa production nationale de 200% d’ici trois ans ! Pour se faire elle entend subventionner 100.000 tonnes d’engrais qui pourront redonner à 500.000 hectares un meilleur rendement. Une plus-value non négligeable pour un pays qui tire 40% de son PIB de l’industrie du cacao. Pour Mamadou Sangafowa Coulibaly le Ministre Ivoirien de l’Agriculture « le projet engrais d’IDH s’inscrit dans la politique du Gouvernement Ivoirien de rendre disponible aux producteurs l’ensemble des facteurs qui contribuent à l’amélioration de la productivité du cacao et des cultures associées dont la plupart sont des cultures alimentaires ». En plus, cette initiative en faveur d’une cacaoculture durable est en parfaite cohérence avec le Programme National d’Investissement Agricole Ivoirien notamment sur son programme d’amélioration de la productivité de l’ensemble des spéculations agricoles. La Côte d’Ivoire qui a vu sa boucle du cacao passer de l’est à l’ouest de son territoire est largement instruit des dangers liés à l’appauvrissement des sols.

SUY Kahofi