Catégorie : Région

La méningite sévit dans le nord et le centre de la Côte d’Ivoire

 

Campagne de vaccination (archive)

Les zones nord et centre de la Côte d’Ivoire sont des zones à forte épidémicité de la méningite. Chaque année le gouvernement avec l’appui de l’OMS diligente des équipes de vaccination dans ces zones pour prévenir tout cas d’infection. Si le mal persiste c’est surtout parce que le nord et le centre du pays demeure plongé dans un climat sec avec de faible précipitation, une période d’harmattan prolongé avec une forte concentration de particule poussiéreuse dans l’aire. Ce terreau fertile pour la maladie occasionne des bouffées épidémiques annuelles à l’image de celle qui frappent déjà le pays.

La situation inquiète de plus en plus les autorités sanitaires car la maladie à déjà fait 11 morts sur les 36 cas déclarés. Le directeur de cabinet du ministère de la Santé et de la lutte contre le Sida, le Pr Antoine Amonkou a souligné que quatre districts sanitaires sont touchés par l’épidémie. Il s’agit de Bouaké nord-est, Kani, Kouto et Tingréla. Selon lui, l’analyse des données montre que deux germes circulent en ce moment dans le nord et le centre du pays : le pneumocoque et le méningocoque W135. Une riposte sanitaire est en cours et elle est marquée par la présence au nord et au centre du pays d’une mission d’appui épidémiologique et bactériologique pour renforcer les dispositions locales de prise en charge et de surveillance épidémiologique. Une campagne de vaccination à grande échelle est en cours de préparation en attendant les autorités sanitaires demandent aux populations de jouer la carte de la prévention et de l’application stricte des règles d’hygiène.

Pour Docteur Konan Ahou directrice départemental de la santé de Bouaké ses mesures consistent notamment à se rendre rapidement dans un centre de santé devant toute fièvre avec raideur de la nuque chez l’adulte et l’apparition brutale d’une fièvre avec raideur de la nuque ou non chez les enfants. La fontanelle bombée du nouveau né avec une fièvre doit alerter la mère et en cas de décès suite à la méningite le corps du malade ne doit pas être manipulé.

SUY Kahofi



L’ONUCI explore les moyens d’impulser la cohésion sociale avec des journalistes des radios privées non-commerciales

Studio radio

L’Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire (ONUCI) a organisé du 25 au 27 janvier 2012, un séminaire sur « la contribution des radios privées non commerciales au renforcement de la cohésion sociale », à Kotobi, localité située à huit kilomètres de Bongouanou et à environ 210 km d’Abidjan.

Ce séminaire, organisé dans le cadre des Journées de l’ONUCI (JDO) de Bongouanou, était destiné aux journalistes et animateurs des radios privées non commerciales de huit régions de l’Est du pays: le Gontougo, le Boukani, l’Indenié-Djuablin, les Perles, les Grands Ponts, l’ Iffou, le N’Zi et le Sud Comoé. S’adressant aux participants à l’ouverture du séminaire, le Directeur par intérim du Bureau de l’information publique de l’ONUCI, Hamadoun Touré, a invité les participants à soutenir les autorités locales à relever les trois défis auxquels elles se trouvent confrontées : la sécurité, la cohésion sociale et la réconciliation nationale. Il les a ensuite invités à appliquer, au quotidien, les principes fondateurs du métier de journalisme et à s’approprier les valeurs éthiques et déontologiques de la profession.

Le 26 janvier, les vingt-deux (22) journalistes et animateurs se sont engagés devant les autorités administratives, religieuses, coutumières et la population de Bongouanou à accompagner la réconciliation nationale et la cohésion sociale en étant de véritables instruments de paix dans leurs localités respectives. Ils se sont engagés à permettre un accès égal à leurs antennes à toutes les composantes sociales de leurs régions et à produire des émissions de sensibilisation sur la réconciliation à travers une exploitation professionnelle des techniques de production radiophonique. Les journalistes et animateurs ont souligné qu’ils souhaitent contribuer davantage au développement local et soutenir les acteurs du monde rural, et ils se sont également engagés à combattre la rumeur et à bannir tout propos haineux de leurs antennes. Le séminaire était organisé autour de trois modules : Radio et renforcement de la cohésion sociale, les Techniques de production radiophoniques, les Genres et Formats Radio.

 



La chef adjointe de l’humanitaire des Nations Unies en mission dans l’ouest Ivoirien

 

Mme Bragg et M. Ndolamb Ngokwey Coordonnateur Humanitaire pour la Côte d’Ivoire

Neuf mois après la crise post-électorale, la situation des réfugiers Ivoiriens demeure toujours préoccupante et pour toucher du doigt ce problème Mme Catherine Bragg la Sous-secrétaire Générale aux Affaires Humanitaires des Nations Unies et Coordinatrice Adjointe des Secours d’Urgence a mené une mission dans l’ouest du pays pour être au parfum des difficultés des populations. Elle s’est rendue mardi 17 janvier à Guiglo, Bloléquin et Duékoué dans l’ouest de la Côte d’Ivoire pour se rendre compte des besoins humanitaires importants qui restent à combler dans cette région. L’ouest du pays avait été très gravement touché par les violences au plus fort de la crise post électorale. Des centaines de milliers de personnes avaient été contraintes de fuir cherchant refuge dans des zones plus sûres en Côte d’Ivoire, d’autres se rendant au Liberia. Fait de la stabilisation de la situation et de l’amélioration des conditions sécuritaires, particulièrement depuis le mois de juillet 2011, un nombre élevé de personnes déplacées et de réfugiés se trouvant au Liberia, sont rentrés dans leurs villages.

Chasseur traditionnel Dozo

Des tensions sur le foncier rural persistent

Cap est mis sur Zéaglo dans le département de Bloléquin pour démarrer cette tournée. Ici 8000 habitants sur les 12.500 que comptait la localité avant la crise sont de retour. Les autochtones restés longtemps dans les camps de réfugiers ont toujours peur et se disent privé de leurs plantations seul source de revenus pour eux comme le confirme Léï Robert chef du quartier Pinhoun à Zéaglo. « Cette année notre retour a été vraiment difficile parce qu’il y a des Dozos en brousse et nous ne pouvons pas nous y aventurer au risque de nous faire tuer ! Je ne sais pas ce qu’ils nous reprochent mais toutes les autres communautés peuvent se rendre dans leurs plantations sauf les autochtones ». La forêt classée de Kopézéha restituée aux populations et située dans le sud de la localité est le nœud du problème. De son côté Yéhi Zéon Antoinne enfonce le clou en indexant directement les allogènes qui vivaient avec les populations Guéré depuis plusieurs années sans problème. « Je dois vous dire que toute la crise Ivoirienne s’est jouée ici sur ces terres de Zéaglo entre les Guérés et les Burkinabés. Aujourd’hui se sont les Baoulés et les Burkinabés qui ont armé les Dozos (chasseurs traditionnels) et qui menacent nos vies dans nos propres plantations. Jusqu’à ce jour pas un seul jeune autochtone dans ce village n’a vendu un seul grain de cacao ! » Les autochtones inquiétés par la tournure des évènements disent avoir transmis leurs doléances au Préfet et aux humanitaires qui tentent d’apaiser les tensions communautaires. L’éternel problème du foncier rural refait surface à l’heure du retour et les allogènes Baoulé, Burkinabé, Sénoufo et lobi qui sont accusées d’être les bourreaux des autochtones se défendent. Djanda Moumouny est le Président de la jeunesse burkinabé et il ne botte pas en touche pour dénoncer une campagne d’intoxication. « J’affirme et j’assume que depuis notre retour aucun jeune burkinabé n’a mis la main sur la plantation d’un Guéré. Nos frères se basent sur des ‘’on-dit’’ pour éviter de se rendre dans leurs plantations. Il n’y a rien en brousse ! » Les autochtones affirmant être martyrisés par les dozos et des éléments véreux des FRCI (forces républicaines de côte d’ivoire) qui les rançonnent ne vivent que de l’aide humanitaire. « Nous sommes privés de nos champs et n’y a que l’aide humanitaire qui nous fait vivre. Vous voyez que même le village est en train d’être reconstruit grâce à ces humanitaires. Nous leur disons merci pour les vivres et non-vivres que nous recevons » affirme Léï Robert chef du quartier Pinhoun.

Habitation détruite à Niambly

Niambly : l’heure est à la reconstruction !

Après Zéaglo direction Niambly dans la sous-préfecture de Duékoué. Ici aussi les tensions persistent ! Les autochtones accusent les allogènes d’avoir pillé leurs maisons et leurs plantations durant la crise et d’avoir fait main basse sur leurs aires cultivables. Malgré ces problèmes le village détruit est en pleine reconstruction en dépit des difficultés et de la douleur d’avoir tout perdu. Dakoury Delphin pose les fondations de sa nouvelle maison en briques artisanales et selon le maçon elle sera achevée dans cinq jours ! « J’ai retrouvé ma maison dans un état de délabrement : tout a été emporté et comme vous le voyez je suis en train de tout reconstruire avec le soutien d’une ONG ». Solidarités International aide les populations à se reloger avec un programme de réhabilitation de 37 logements et la construction de 88 autres. Les besoins restent cependant importants car 6000 logements sont à financer le plus rapidement.   

La peur du retour

Le camp de réfugiers de Niambly qui compte plus de 4500 âmes nous accueille pour la fin de cette tournée. Les difficultés sont aussi importantes : 2 m² de tente que se partagent des familles nombreuses entre 7 et 12 membres et les difficultés ne s’arrête pas là. Gaha Thérèse témoigne ! « Nous n’avons que du riz et du maïs. Les rations sont insuffisantes et nous devons tenir pendant un mois avec ! Plusieurs malades en âge avancé peuvent rester sans soins pendant plusieurs jours. L’accès à l’eau potable est difficile et il faut se rabattre sur les puits autour du camp ». Dans ce camp de réfugier le mot réconciliation n’est pas à l’ordre du jour car pour les populations déplacées il faut désarmer et régler le problème du foncier avant de parler du retour. « Qui peut nous parler de réconciliation quand nos plantations sont encore occupées par les Dozos ? Il faut d’abord que le désarmement se fasse et les conditions de sécurité soient réunis avant d’en parler » affirme Goho Jean Paul un jeune réfugier du site de Niambly.

Réussir un plaidoyer auprès des donateurs

Mme Bragg après avoir touché du doigt les problèmes des réfugiers pense que son voyage pourra lui permettre de mieux mener son plaidoyer auprès des donateurs dès son retour à New York. « Il est important que l’action humanitaire soit renforcée dans cette région. Il faut s’assurer que les populations dans les villages puissent subvenir à leurs besoins de base et contribuer à la reconstruction des habitations et bâtiments communautaires. Il est donc  essentiel que des ressources financières soient disponibles » a déclaré Mme Bragg avant de conclure « nous ferons notre travail, mais les communautés doivent faire le leur en construisant ensemble, permettant ainsi aux ivoiriens de vivre côte à côte en harmonie ». Madame Bragg a été accueillie par les forces de l’Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire (ONUCI) principalement le bataillon marocain, qui jouent un rôle clé dans le renforcement de la sécurité pour le retour des déplacés et des réfugiés, un rôle qui doit rester important en 2012. Au cours de cette visite, Mme Bragg était accompagnée du Coordonnateur Humanitaire pour la Côte d’Ivoire, M. Ndolamb Ngokwey, et du Directeur des Affaires Sociales, M. Adama Coulibaly.

SUY Kahofi



L’ONUCI promeut la culture de la paix en milieu scolaire à Samatiguila

L’Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire (ONUCI), a organisé jeudi 12 janvier 2012 à Samatiguila, ville située à plus de 900 kilomètres au nord d’Abidjan, une caravane scolaire dont l’objectif était de sensibiliser les jeunes des écoles secondaires sur le mandat et la mission de l’ONUCI et de promouvoir la culture de la Paix. Toudou Assoumane, chef de poste de la police des Nations Unies à Odienné, qui conduisait la délégation de l’ONUCI, a souligné, que dans le cadre de son mandat, l’ONUCI accorde une grande importance à l’éducation Il a engagé les élèves, à être des étoiles de la paix et des partisans de la non-violence. Pour sa part, le Principal du collège, Kadio Kadio François, a exprimé sa reconnaissance à l’ONUCI pour la tenue des cette activité qui, a-t-il dit, permettra aux enfants d’envisager avec sympathie les notions de justice, d’égalité, de liberté, de tolérance, de démocratie et leur donnera envie d’œuvrer pour un monde plus humain, plus solidaire.

Le sous-préfet du département, Bony Bonaventure, a salué la tenue de cette activité qui, selon lui, privilégie au sein de l’école, la formation des futurs citoyens aux valeurs universelles. Cette journée a été marquée par une double cérémonie qui a porté sur l’inauguration de quatre (04) bâtiments du collège municipal réhabilités par l’ONUCI  en 2011 à la faveur des Journées de l’ONUCI qui avaient eu lieu dans la région en Octobre 2010. L’école en tant qu’institution de la société ne saurait se mettre à l’écart du processus de réconciliation nationale engagé par les autorités ivoiriennes, c’est pourquoi l’ONUCI  à travers la caravane scolaire entend faire de l’éducation à la culture de la paix, une nécessité à l’école.

 



A la découverte de l’île aux chimpanzés de Grand-Lahou

 

Le mâle dominant et sa compagne

L’un des attraits touristiques majeur du sud de la Côte d’Ivoire est l’île des chimpanzés. D’une superficie de 5 ha, elle est située à 2 km du lieu d’intersection entre le fleuve Bandama et la lagune des 3 A appelée aussi lagune de Grand-Lahou. Les chimpanzés de cette île sont les membres d’une même famille : le père et la mère rescapés d’une colonie ont donné naissance à un jeune mâle et une femelle. Cette famille de chimpanzé à une véritable histoire et grâce au lieutenant Rodrigue Abou Djédjé de l’OIPR, nous avons pu non seulement découvrir l’île mais connaître l’histoire de cette famille.

Origine des chimpanzés par le Lieutenant Rodrigue Abou de l’OIPR

« Les chimpanzés de l’île sont originaires d’une colonie venue du Libéria il y quelques années. L’Etat de Côte d’Ivoire dans sa politique de protection des parcs et réserves et surtout dans sa lutte pour la sauvegarde des espèces protégées a jugé utile de faire venir toute une colonie de chimpanzés. Au début du projet, la colonie venue du Libéria devait cohabiter avec celle de la Côte d’Ivoire. Les chimpanzés ont été libérés dans le parc d’Azagny car cette espèce animale a besoin d’un grand espace de vie pour se sentir à l’aise. Malheureusement les choses ne se sont passées comme prévues. Une violente bataille a opposée les chimpanzés autochtones et ceux venus du Libéria. Au fil des affrontements, les morts étaient de plus en plus importants et vu que la colonie des locaux était supérieure en nombre elle a failli décimer celle du Libéria. Les autorités chargées de la gestion du parc ont jugé utile de récupérer les rescapés pour leur trouver un nouvel habitat d’où le choix de cette île ».

Théoriquement des membres d’une même espèce animale, quand bien même d’aire géographique différente, doivent pouvoir cohabiter mais le cas des chimpanzés est bien exceptionnel. Certaines études montrent que le chimpanzé est très proche de l’homme dans ses habitudes et le sentiment d’appartenance à un groupe est très fort chez l’espèce. Il garde jalousement les membres de son clan et n’hésite pas à recourir à la violence pour éloigner l’intrus fut-il semblable à lui-même.

Les limites de la réintroduction

L’île de 5 ha ne suffit pas aux 4 membres de la famille car l’espèce a besoin d’un espace très vaste pour s’épanouir. Aucune denrée n’est disponible sur l’île car cocotiers et arbres fruitiers ont été mangés. La famille ne vit que des fruits offerts par les gardes et les visiteurs. Un problème plus grave guette l’île aux chimpanzés : la disparition de ses habitants. En effet le père et la mère frappés par la limite d’âge ne peuvent plus enfanter. Le frère et la sœur conscients de leur lien de parenté ne peuvent s’accoupler. L’île aux chimpanzés va-t-elle disparaître ? Il est temps de songer à une politique de sauvegarde de cette merveille touristique.

SUY Kahofi