Les jeunes avocats s’engagent pour le développement de l’Afrique

Maître WADE et ses filleuls de la FA-UJA

Maître Wade et ses filleuls de la FA-UJA

La Fédération africaine des associations et Unions des jeunes avocats (FA-UJA) se réunit à Abidjan pour son 2e congrès ordinaire. Plus de 200 participants venus des quatre coins du continent participent à cet évènement dont le thème est : « Le rôle du jeune avocat africain dans le développement de l’Afrique ».

Placée sous le patronage du président Alassane Ouattara et le parrainage de l’ancien président sénégalais Maître Abdoulaye Wade, cette rencontre donne l’occasion aux jeunes avocats de réfléchir sur leur engagement dans le processus de développement de leur continent. La FA-UJA est une organisation panafricaine née le 25 mars 2009 à Dakar. Elle regroupe 25 associations et unions des jeunes avocats des barreaux africains. Selon Maître Nadia Miriam Biouélé la présidente de la FA-UJA : « Les objectifs de la fédération sont la défense des intérêts moraux et matériels de ses membres, mais également une contribution à la promotion des droits de l’homme, à la défense de la défense et l’instauration d’un Etat de droits ».

Les assises d’Abidjan s’inscrivent dans la droite ligne du statut et des recommandations du 1er congrès de la Fédération qui s’est tenue à Bamako du 9 au 12 novembre 2011. Ainsi chaque deux ans un congrès ordinaire se tient pour plancher sur les problèmes qui sont liés à l’exercice de la fonction d’avocat par les jeunes Africains. Pour cerner les principales problématiques qui sont les leurs, les jeunes avocats africains ont subdivisé leurs travaux en ateliers. Maître Abdoulaye Wade, parrain des assises d’Abidjan a prononcé la conférence inaugurale autour du thème « Le jeune avocat africain au service du développement de l’Afrique ». Déontologie et marketing de l’avocat (Atelier 1), l’Avocat, conseil des Etats et au service des droits humains (Atelier 2), Financements structurés et projets de développement (Atelier 3) et « Quel Avocat pour l’Afrique à l’horizon 2030 ? » sont les principaux sous-thèmes qui ont meublé les échanges des jeunes avocats africains.

Sur le rôle que doit être celui du jeune avocat africain dans le développement de l’Afrique, Maître Martin Pradel, avocat au barreau de Paris et secrétaire général adjoint de la Conférence internationale des barreaux (CIB) estime qu’il doit être celui d’un réel accompagnement du processus de développement du continent. Aussi les jeunes avocats africains doivent mettre à profit « leur jeunesse » pour faire avancer leur cause et celle du corps du métier auquel ils appartiennent soutient pour sa part Maître Abdoulaye Wade.

SUY Kahofi

URPCI : un nouveau mandat pour le président Karamoko Bamba

Karamoko Bamba reconduit à la tête de l'URPCI

Karamoko Bamba reconduit à la tête de l’URPCI

C’est dans une belle ambiance de retrouvailles que l’URPCI a organisé ce samedi 09 novembre son assemblée générale visant à renouveler ses instances dirigeantes.

Avec plus de 120 radios membres et le millier d’acteurs actifs passé, on peut sans risque de se tromper dire l’URPCI est la faitière de média la plus importante de Côte d’Ivoire. Cette organisation qui a pion sur rue dans le pays à cause de sa force d’action de proximité a renouvelé ses instances dirigeantes au cours d’une Assemblée Général qui a regroupé 116 radios.

Autour du thème « la contribution des radios de proximité à la promotion et à la protection des droits l’homme« , les membres de l’URPCI ont longuement réfléchi sur leur contribution à la construction d’une Côte d’Ivoire nouvelle. Au cours de ses assises de 24 heures il a été également question de faire le bilan de l’action de la faitière. Les activités de reconstruction post-crise des radios ont principalement été à l’ordre du jour. Dans l’ensemble l’URPCI a pu capter des fonds qui ont permis l’équipement des stations soit en émetteurs, en ordinateurs, en mixeurs et enregistreurs ou tout autre élément susceptible d’aider les radios, pour certaines totalement détruite à donner de nouveau de la voix. L’organisation solidement installée et proche des populations par le canal des radios de proximité bénéficie aujourd’hui de la confiance d’institutions comme l’UNICEF, l’ONUCI, la CDVR ou encore l’Ambassade des Etats Unis.

Le bilan moral présenté par l’équipe sortante a visiblement satisfait l’assemblée et cela s’est ressenti lors du vote du nouveau président. Karamoko Bamba le président sortant a été reconduit à la tête de l’organisation pour un troisième mandat qu’il place sous le signe de la consolidation des acquis. Yao Bruce Kadio de radio Attécoubé est quant à lui nommé PCA de l’URPCI. Une belle ambiance de retrouvailles a prévalue lors de cette assemblée générale, signe de l’unité au sein de la faitière.

« Je retiens de cette assemblée générale que l’URPCI est une organisation forte qui une fois encore a démontré son esprit d’attachement aux valeurs démocratiques. La réélection du président Bamba est la preuve que nous sommes satisfaits de son bilan et qu’il a su maintenir l’unité au sein de la famille des radios de proximité » se réjouit Konan Kan Christian, gestionnaire de Radio Elite.

Bien que les acquis de l’URPCI soient importants, il plus que juste de noter que les défis avenir seront aussi importants. En effet il s’agit pour la nouvelle équipe dirigeante de doter l’organisation d’un siège appartenant à son patrimoine, mener la lutte pour la régularisation des radios crées pendant la crise de 2002 ou encore intégrer la commission d’attribution de la carte professionnelle. Au-delà il s’agira aussi et surtout d’agir pour la levée du décret sur la redevance annoncée de 3 millions f CFA imputable à chaque radio de proximité. Sur ce dernier point, le président Karamoko Bamba se veut claire, une série d’action seront menées pour faire comprendre aux autorités compétentes qu’une telle disposition « tuerait » à la limite les radios.

Il était une fois un 11 avril !

Les séquelles de la crise sont encore visibles

Les séquelles de la crise sont encore visibles en Côte d’Ivoire

Voici deux ans jour pour jour que le régime de la refondation s’écroulait à Abidjan au terme d’une longue et meurtrière crise post-électorale qui a fait 3000 morts.

Laurent Gbagbo ayant perdu les élections présidentielles après le second tour de décembre 2010, avait alors refusé de céder le pouvoir à son rival Alassane Ouattara. Très vite deux camps se sont crées et surtout cristallisés autour des deux protagonistes. Il ne s’agissait pas seulement de pro-gbagbo contre des pro-ouattara avec son corollaire de miliciens, mercenaires et autres dozos* mais il s’agissait pour certains d’une opposition entre des « panafricanistes » et des esclaves de l’occident. Laurent Gbagbo convaincu de sa victoire parce que proclamée par le Conseil Constitutionnel a été suivi dans sa logique par certains intellectuels qui étaient convaincu que comme Kadhafi, l’occident voulait tuer un autre fils de la révolution africaine. Alassane Ouattara victorieux selon la certification des Nations Unies avait eu (et encore aujourd’hui) le soutien de plusieurs Nations dont la France et les Etats Unis. Pendant qu’au sommet de la hiérarchie politique les tractations se faisaient de plus en plus difficiles voir impossibles, le peuple avait commencé à sentir les effets de cette crise qui était la mélodie d’une longue symphonie baptisée « guerre civile ». Plus de liquidité parce que le « Président légitime » selon la certification avait fermé le robinet depuis la BCEAO à Dakar. Inflation à Abidjan et hausse des prix parce que le « Président légitime » selon le Conseil Constitutionnel menaçait de créer sa monnaie. Ni Alassane Ouattara ni Laurent Gbagbo n’ont réellement souffert de cette crise ! OUI aucun d’autre eux n’a souffert comme le peuple de Côte d’Ivoire et en ce 11 avril 2013 c’est a ce peuple que je veux particulièrement penser.

Au-delà de l’interprétation que chaque camp politique fera de cette crise, je reste convaincu que la véritable lecture est celle qu’en fera le peuple. Le FPI de Laurent Gbagbo et la coalition du RHDP continueront chaque jour de ressasser le même discours de la victoire contestée. Mais l’Ivoirien qui n’arrivait plus à manger est celui là qui peut réellement rendre compte de cette crise. Au risque de me répéter, ni les occupants de l’hôtel du Golf nourris chaque jour par un MI-8 de l’ONUCI, ni les occupants du Palais Présidentiel d’Abidjan-Cocody ne pourront réellement vous parler de cette crise. OUI le peuple de Côte d’Ivoire est le seul témoin de ces six mois de combats. C’est à ce peuple que je dédie ce triste anniversaire. Ce peuple qui chaque jour respirait l’odeur des corps en putréfaction, ce peuple qui chaque jour vivait comme si c’était le dernier a attendu patiemment que les choses se tassent pour soupirer. La faim, des parents égorgés devant leurs enfants, les cadavres, les enfants malades, le choléra, la fièvre jaune, les déplacements des populations des zones ouest où femmes et enfants étaient violés et tués : c’était ça la crise Ivoirienne. Loin des images de simple guérilla urbaine rapportées par TF1, CNN ou France 24, un véritable drame s’est joué en Côte d’Ivoire. J’en veux pour preuve les fausses communes qui sont découvertes chaque mois. J’ai de la peine pour toi cher Côte d’Ivoire, car malgré ta souffrance, les politiciens semblent ne pas avoir tiré des leçons de ton douloureux passé, passé portant si proche. Les mêmes discours guerriers sont encore présents ! Aux menaces du FPI, le RDR répond par la fermeté ou l’indifférence. « Ce n’est pas encore fini » disent certains partisans de Laurent Gbagbo, « venez on vous attend » répondent ceux d’Alassane Ouattara. Et pendant que le jeu des menaces signe son retour, le peuple retient son souffle.

Ce 11 avril c’est aussi l’anniversaire du règne de l’impunité, d’une justice bancale et du retour de la violence dans l’ouest du pays. Seul Laurent Gbagbo et ses partisans sont au cachot : les assassins des gendarmes de Bouaké, qui ont pris le soin de boire leur sang courent toujours ! Seul le parti de Laurent Gbagbo est empêché d’organiser des meetings : les autres peuvent danser jusqu’au matin ! Seuls les journaux proches de l’opposition sont muselés : ceux proches du pouvoir peuvent chanter « hosanna » aux nouveaux barrons du pays ! Comment peut-on parler de réconciliation au peuple quand tout est fait pour diviser d’avantage ? Ce 11 avril c’est l’occasion pour moi de rappeler aux politiciens de mon pays qu’il est temps de penser au peuple. La réconciliation dictée dans l’hypocrisie et la promotion des violations des droits de l’homme nous conduiront de nouveau vers des bruits de bottes et de mitraillettes. Le musèlement de l’opposition et les rapports des droits de l’homme jetés à la poubelle nous entraineront de nouveau vers la violence. 11 avril 2011 – 11 avril 2013, voici que deux ans d’hypocrisie politique viennent de passer, il est temps d’asseoir les bases d’une vraie réconciliation.

SUY Kahofi

L’ADPH lance les activités de l’observatoire de la justice transitionnelle

Chaque victime doit avoir accès à la justice

Chaque victime doit avoir accès à la justice

Conformément au chronogramme de ses activités dans le cadre de l’exécution du projet « Accompagnement juridique et judiciaire des victimes de la crise Ivoirienne« , l’APDH a procédé au lancement des activités de l’Observatoire de la Justice Transitionnelle. La salle de conférence de l’Hôtel Manhattan Suite sis à Cocody-Attoban a été le cadre choisi par l’organisation des droits de l’homme pour présenter cet outil de veille et d’éveil pour la promotion d’une justice équitable. L’APDH (Action pour la Protection des Droits de l’Homme) a décidé de faire en sorte que les victimes oubliées de la crise puissent avoir accès à la justice aussi bien au plan national qu’international. Pour y arriver, il est important de mettre en place un mécanisme qui loin de s’opposer aux initiatives existantes va plutôt aider à la promotion d’une justice transversale applicable à tous. La mission finale d’une telle initiative est, selon Eric-Aime SEMIEN le président de l’APDH, « la promotion d’une réconciliation vraie et d’un climat de paix ». La question de la réconciliation n’étant pas un dossier exclusivement consacré à la CDVR (Commission Dialogue Vérité et Réconciliation), la mise sur pied de l’Observatoire de la Justice Transitionnelle vient donner un coup d’accélérateur à un processus clé qui semble gagné par une certaine lenteur. Voici pourquoi Mr BAKO Jean Frutueux a tenu à féliciter l’ONG pour cette initiative. Le Directeur de Cabinet adjoint du Ministre de la Justice, des droits de l’Homme et des Libertés Publiques a souligné toute la disponibilité de la tutelle a accompagné ce projet qui aide à rapprocher les Ivoiriens de la justice mais surtout qui aide à l’instauration d’un climat social apaisé.

Les activités de l’Observatoire sont prévues pour s’étendre sur une période de 12 mois avec une possibilité d’extension selon les besoins. Et pour plus d’efficacité, l’APDH s’est entourée de deux organisations sœurs : il s’agit de la LIDHO (Ligue Ivoirienne des Droits de l’Homme) et du MIDH (Mouvement Ivoirien des Droits Humains). Sur l’esprit de cette main tendue aux autres OSC (organisations de la société civile), l’APDH précise qu’elle n’est pas fortuite. L’organisation sait que le travail de monitoring de la justice transitionnelle est une action de grande envergure qui mérite une synergie des moyens humains et matériels. C’est donc pour être plus efficace qu’elle a fait appelle à deux organisations qui ont plus d’expérience qu’elle dans le domaine. Cette politique d’ouverture est hautement saluée par Mr HOKOU Légré le Président de la LIDHO. Pour lui il s’agit aussi « de montrer que l’OSC peuvent œuvrer main dans la main pour lutter contre l’impunité et ce sentiment de l’application d’une justice des vainqueurs ». Dans l’exécution de ses activités l’Observatoire de la Justice Transitionnelle pourra compter sur le soutien d’importants partenaires que sont l’ONUCI (Division Etat de Droit et Droit de l’Homme), le NED (National Endowment for Democracy) et le Ministère des Affaires Etrangères de France par le canal de l’Ambassade de France en Côte d’Ivoire. Christian OQUET le chef du service d’action et de coopération culturelle a d’ailleurs souligné que la France reste convaincue que c’est seulement dans un climat de paix que la Côte d’Ivoire pourra effectivement se développer. Aussi il encourage les membres de l’Observatoire de la Justice Transitionnelle à un travail de monitoring réussit.

SUY Kahofi

Transport : Bras de fer entre l’armée et les chargeurs sous fond de racket

Les gnamboros sont-ils la ''peste'' du bitume?

Les gnamboros sont-ils la  »peste » du bitume?

Nouveau bras de fer entre les autorités militaires (BASA) et les chargeurs abidjanais appelés communément gnamboro. Ces derniers accusés d’être les perturbateurs du transport inter-urbain à Abidjan refusent de quitter le bitume et dénoncent une grosse manœuvre d’intimidation et de sabotage de leur organisation. Ils estiment être victimes d’un réseau de racket qui gravite autour du Commandant KONE Zakaria. En effet le deuxième responsable du BASA vient de décider d’une mesure d’arrêt des activités de ces individus sur les routes de la capitale Ivoirienne. Une décision saluée en cœur par les chauffeurs de taxi communaux wôrô-wôrô et ceux des mini-cars (gbaka) qui estiment que les gnamboros sont à l’origine de la désorganisation du transport à Abidjan. « Je suis d’accord avec le Commandant KONE Zakaria : que les gnamboros dégagent on n’a pas besoin d’eux ! Ils nous empêchent de travailler, ils brutalisent les chauffeurs et les apprentis pour 100 f ou 200 f. Qu’ils dégagent et nous même nous allons organiser le transport à Abidjan » soutient Coulibaly un chauffeur de gbaka. « Le Président Alassane Ouattara a demandé aux syndicats du transport de s’organiser en six mois chose qu’ils n’ont pas pu faire. C’est à cause d’eux que les gnamboros sont encore là ! Gnamboros, syndicats malhonnêtes…nous ne voulons plus d’eux ! Que la police militaire les chassent de la rue pour qu’on puisse chaque soir rentrer avec une recette plus consistante » déclare pour sa part Ousmane un autre chauffeur.

Au-delà des chauffeurs se sont les propriétaires des taxis communaux et de mini-cars qui sont également satisfaits. Ils estiment qu’une part non-négligeable de leurs recettes finit dans la poche des jeunes chargeurs qui en plus n’ont aucun respect pour les chauffeurs et leurs apprentis car ces derniers sont souvent victimes de violence orchestrée par les gnamboro. José Gnoléba un propriétaire de véhicules de transport en commun ne cache pas sa satisfaction. « Les débarquer serait un grand bien pour le transport en Côte d’Ivoire ! Tenez-vous bien ces jeunes se retrouvent chaque jour avec au bas mot avec 200.000 voir 500.000, une somme que les propriétaires des véhicules n’arrivent même pas à avoir. Nous voulons entrer dans nos fonds et l’Etat doit nous aider ».

Pour quelques membres des syndicats des chargeurs la décision du commandant KONE Zakaria part d’un refus des gnamboros de lui verser un pécule journalier pour lui et ses hommes. Ce pécule représente une forme de racket officialisé que les syndicats des chargeurs ne semblent plus vouloir accepter. Sur les origines du clash, écoutons les explications de K. Oumar interrogé au carrefour de la Riviera 2. « Depuis que KONE Zakaria est arrivé tout ce qu’il demande on lui donne. Chaque soir il est « rationné » ! Si aujourd’hui il nous envoie ses hommes pour nous mater c’est simplement parce que les chargeurs ne veulent plus de ce système de racket. Après la grosse bagarre d’Adjamé ayant entrainé la mort d’un apprenti, le Commandant nous a demandé de venir « causer » avec lui : il nous a dit qu’on allait s’entendre mais personne n’est allé le voir ». Selon Oumar le Commandant ayant essuyé un refus de la part des chargeurs est entré en colère. Un autre chargeur qui a requit l’anonymat confirme cette version des faits et soutient « que le fond du problème c’est cette volonté du Commandant KONE Zakaria de vivre du racket et de faire semblant comme s’il le combattait ! ». Pour Siro, un jeune gnamboro, le Commandant KONE Zakaria au-delà de toute considération doit comprendre tout simplement que de nombreux jeunes Ivoiriens vivent des pièces reçues sur le bitume. Interdire leurs activités serait les replonger dans la délinquance.

SUY Kahofi