
Madani Tall, le Directeur des Opérations de la Banque mondiale en Côte d'Ivoire
La Côte d’Ivoire vient d’obtenir de la part de la Banque Mondiale un don de 25 milliards de francs CFA pour le financement de projets, la création d’emplois pour les jeunes peu qualifiés, la création d’activités génératrices de revenus et le développement des compétences.
Il s’agit d’un projet qui vise à favoriser l’accès des jeunes Ivoiriens à l’emploi par sa création, les stages et les apprentissages en entreprise. Bamba Adama est coordonnateur de ce projet destiné aux jeunes Ivoiriens, il nous renseigne sur ses principales orientations. « La première composante de ce projet va nous permettre de faire un focus sur les jeunes qui sont peu qualifiés et qui n’ont que leur main œuvre. Nous leur donnons l’opportunité d’être employés de façon temporaire dans le cadre de travaux d’utilité publique. Nous ferons ensuite en sorte que ceux qui sont hautement qualifiés mais qui n’ont pas eu la chance d’avoir une première expérience professionnelle puissent avoir des stages ». Concernant les jeunes diplômés en quête d’emploi qui n’ont pas les qualifications répondant aux attentes des entreprises, Bamba Adama se veut rassurant, tout est fait pour les prendre en compte dans ce projet. « Nous pensons sérieusement à aider les entreprises à former ces jeunes. En dehors de cette première action, nous avons une autre frange de jeunes qui veulent s’installer à leur propre compte. Nous allons accompagner ces jeunes, donc les former à l’entreprenariat mais surtout réussir à leur trouver des financements».
Le déblocage de l’enveloppe non négligeable de 25 milliards de francs CFA par la Banque Mondiale viendra à coup sûr appuyer les autorités Ivoiriennes dans leur politique globale de lutte contre le chômage des jeunes. Pourquoi la Banque Mondiale investi-t-elle une telle somme dans un projet destiné à 30.000 jeunes Ivoiriens ? Madani Tall est le Directeur des Opérations en Côte d’Ivoire pour le compte de l’institution financière internationale, il nous renseigne sur les motivations de la Banque Mondiale. « Nous n’avons pas voulu faire de petits projets pilotes mais au contraire ce que nous avons voulu faire avec ce projet c’est de montrer à travers un signal que quelque soit le jeune, le projet définit une voie, une solution à sa problématique personnelle ». Du côté du Ministère Ivoirien de l’Emploi, des Affaires Sociales et de la Solidarité on se félicite de cette initiative de la Banque Mondiale qui vise à résorber le chômage des jeunes car selon les chiffres officiels la Côte d’Ivoire compte environ 4.000.000 de jeunes sans emplois.
SUY Kahofi

Homme-statue au rond point de Treichville (Abidjan-sud)
Si vous visitez Abidjan un de ces quatre, vous aurez certainement la chance de croiser par hasard un homme-statue dans les rues de la capitale. Ceux que je baptise ainsi sont des jeunes gens qui ont développé la capacité de rester dans une même position pendant plusieurs minutes. A les voir on dirait automatiquement qu’ils ont été sculptés ! Si personne ne vous dit qu’il s’agit d’un homme vous resterez planté là à regarder cette statue déposée au rond point. Généralement les homme-statues sont aux couleurs nationales ivoiriennes : orange-blanc-vert. Les couleurs sont directement disposées sur le corps. Je ne sais pas de quand date exactement le phénomène mais depuis 1992 je voyais des supporters des éléphants de Côte d’Ivoire se peindre le corps pour hurler dans les stades. Les homme-statues ont tous un accessoire en commun : le petit canari ! A quoi sert le canari ? Il est le récipient où les passants viennent jeter des pièces de monnaie pour aider l’homme-statue à tenir bon ! Si dans certains pays du monde certains jouent de la guitare ou de l’accordéon pour se faire un peu d’argent, sur les bords de la lagune Ebrié les homme-statue ont trouvé leur gagne-pain quotidien !

Sur les campus, petits magasins et résidence Universitaire cohabitent
Cocody Mermoz, Cité rouge, Campus Ancien, Port-Bouët, Cité Williamsville… dans toutes les cités universitaires d’Abidjan, les étudiants vivent au rythme des études mais aussi du petit commerce qui permet de joindre les deux bouts. Décorateur d’intérieur, cordonnier, commerçante de denrée alimentaire, opérateur de saisie, maître karaté, instructeur sportif…la liste des activités économiques des campus est longue et chaque étudiant tire profil en fonction de son sens d’organisation et de gestion.
Petits boulots : un mal nécessaire !
Les raisons qui poussent les étudiants à exercer une activité génératrice de revenu à côté des études divergent d’une personne à l’autre. Pour un nombre important d’étudiants les difficultés économiques des parents sont à l’origine du choix. « Je suis conscient des problèmes que mes parents ont pour gérer la scolarité des mes frères et sœurs. Aussi j’ai décidé de voler de mes propres ailes en assurant mes études par mais propres moyens. Avec mes économies j’ai acquis un ordinateur et je fais des saisies pour payer mes cours, louer une chambre et couvrir mes besoins » souligne Richard Kouakou. Pour certains étudiants le petit boulot ou gombo dans le jargon ivoirien permet juste d’assurer l’argent de poche : les frais d’étude étant déjà couverts par la famille. Il faut une bonne organisation pour réussir à concilier business et étude : un manque d’organisation peut permettre aux affaires de prendre le dessus sur les études ou vis versa ! Pour ceux qui ont choisi de vivre des petits boulots, ils ne se privent pas de profiter de la manne qu’offre les campus. On peut ouvrir sa boutique dans sa chambre d’étudiant, négocier un espace auprès du syndicat étudiant pour déposer sa cabine téléphonique ou encore louer un magasin quand vous avez les moyens.
Les avantages d’investir sur le campus
Sur le campus il n’y presque pas d’impôt : les propriétaires ne s’acquittent donc que des loyers et d’une prime mensuelle revenant au syndicat étudiant puisse que le commerçant se retrouve « sur leur zone d’exercice ». Si à l’origine les magasins étaient la propriété d’investisseurs versés dans les affaires, les étudiants leur livrent la concurrence de plus en plus. « Je pense que vu la rentabilité des activités les étudiants on décidé de se lancer pour gagner eux aussi. Sur le campus un simple opérateur de saisie peut facilement se retrouver avec 90.000 ou 130.000 f CFA chaque fin de mois ! Le gain est plutôt tentant » soutien Beugré Camille avant de conclure « les étudiants sont fatigués d’être des employés : ils veulent profiter de plein droit des ‘’richesses’’ des campus alors pour se faire ils s’investissent ».
Même dans les pays les plus développés du monde les gouvernements ne pourront pas permettre à tous les jeunes diplômés d’entrer à la fonction publique. Le secteur privé et surtout l’auto emploi sera donc la porte de sortie pour des millions de jeunes. Si en Côte d’Ivoire les étudiants arrivent à pratiquer des activités génératrices de revenus, cela peut leur ouvrir l’esprit pour monter à l’avenir leurs propres boites.
Suy Kahofi

Billy Billy en prestation
Il est aujourd’hui la figure la plus représentative du hip-hop Ivoirien. Yao Billy Serges a.k.a Billy Billy est le fer de lance de la zulu nation version Côte d’Ivoire. Précurseur d’un rap 100% Ivoirien fait en nouchi (l’argot Ivoirien), il compose des textes qui sont le reflet des problèmes de la Côte d’Ivoire moderne. Du nord au sud, d’est en ouest, tous les Ivoiriens adorent ce jeune chanteur qui à cause des propos véridiques et directs dans ses chansons qui énerve souvent les autorités et les personnalités publiques du pays.
L’enfant de wassakara
Wassakara est un quartier de la grande commune culturelle de Yopougon, la plus peuplée de Côte d’Ivoire. C’est le quartier d’origine de Billy Billy et en chantant les réalités de son bled, il est arrivé à toucher par la même occasion les problèmes des jeunes ivoiriens. « Il chante ce que nous vivons : je veux dire le chômage, l’alcool qui détruit la jeunesse, le SIDA, la prostitution et plusieurs autres thèmes dans lesquels nous nous reconnaissons » soutien Christian Koffi. Grâce à Billy Billy, le petit quartier de wassakara est devenu une terre de tourisme : chacun veut voir comment cet univers décrit de façon comique par le chanteur se présente. Une fois sur place chacun voit comment des familles ivoiriennes souffrent au quotidien, comment des enfants sont livrés à eux-mêmes, comment des jeunes filles sont obligées de se livrer à la prostitution… Wassakara est le microcosme que Billy Billy utilise pour décrire le macrocosme Ivoirien.
A chacun son titre

Réunion de famille le deuxième album de l'enfant de wassakara
« J’aime bien le titre Nouvelle du Pays où le chanteur expose en quelques minutes les problèmes du pays. Je l’apprécie aussi pour Wassakara acte 2 où il montre comment un homme peut partir de rien et réussir dans la vie » souligne Koué Bi Jacques. « Moi j’aime Billy Billy quand il égratigne les politiciens. J’apprécie le titre Article 48 qui dérange aujourd’hui » soutien Jean Yves Aka. Les fans de la star se comptent dans toutes les classes sociales et dans toutes les classes d’âge. Chacun apprécie l’enfant de wassakara parce qu’un jour il a touché à un thème qui le concerne directement. Billy Billy on l’aime aussi parce qu’il défraie la chronique. Il y a quelque temps on lui reprochait son appartenance au RDR, le parti du Docteur Alassane Dramane Ouattara candidat à la présidentielle d’octobre 2010. Au micro de Claudy Siar de Radio France International il réaffirmait sa neutralité en tant qu’artiste et invitait les Ivoiriens au civisme en cette période électorale. « Billy Billy passe partout et quand on ne le voit pas quelque part on pense qu’il a retourné sa veste. Il n’est pour personne sauf pour le peuple et c’est pourquoi toute la Côte d’Ivoire l’aime » soutien N’dri Pacôme.
Suy kahofi