Côte d’Ivoire : le Tour cycliste 2013 ou la réconciliation par les deux roues !

Le tour de la réconciliation sera lancé depuis le nord de la Côte d'Ivoire

Le tour de la réconciliation sera lancé depuis le nord de la Côte d’Ivoire.

C’est ce 27 septembre 2013 que débutera la 20e édition du Tour cycliste de Côte d’Ivoire. Ce tour cycliste est placé pour cette édition sous le signe de la réconciliation nationale. Il sera lancé dans la région du Bafing précisément dans la localité de Touba au nord de la Côte d’Ivoire. Pas moins de 72 coureurs venus de huit (8) pays d’Afrique et de France se disputeront chacune des étapes pour conserver le maillot jaune au soir du 6 octobre.

Comme chaque année où le tour se tient, c’est une grosse logistique et des moyens humains très importants qui seront mobilisés. C’est une caravane comprenant au moins 225 personnes et 40 véhicules de tous types qui fera escale à chaque étape dans les villes clairement identifiées par la FIC, la Fédération ivoirienne de cyclisme. Parmi ces 225 personnes, on comptera des journalistes, des coureurs, des accompagnateurs, des staffs médicaux, des chefs de délégations, des entraîneurs, des mécaniciens… Côté organisation pratique, l’accueil des délégations commence ce 25 septembre 2013 et s’achève demain pour permettre aux équipes de rallier Touba à 570 km d’Abidjan ! Concernant le programme de la compétition, le président de la Fédération ivoirienne de cyclisme prévient qu’il s’agira d’une compétition marathon.

« Nous aurons neuf jours de course, une course contre la montre de 24 km le 3 octobre à Sakassou, un jour de repos, une course contre la montre par équipe et huit étapes en ligne ce qui représente autour de 935 km de course. L’arrivée est prévue le dimanche 6 octobre à Abidjan » nous explique le président Allah Kouamé.

Voici un programme qui donne déjà une idée claire de la rudesse de ce tour auquel participeront trois équipes ivoiriennes. Notons que plusieurs entreprises accompagnent l’organisateur principal du tour cycliste 2013 (FIC). Celles-ci offriront des trophées et des maillots aux coureurs les plus méritants.

Côte d’Ivoire : l’importance des femmes dans le processus de réconciliation

Leaders d’opion Ivoiriens lors du Forum National

Peut-on réellement penser un processus de réconciliation en Côte d’Ivoire sans les femmes ? Pour le National Democratic Institut for International Affairs (NDI), il serait utopique de réussir à restaurer la paix sans compter avec les femmes. En effet, elles ont été les premières à mener des actions de paix pour détendre l’atmosphère sociale au lendemain de la crise post-électorale. C’est pour cette raison que le NDI s’est associé à la Commission Dialogue Vérité et Réconciliation (CDVR) pour consacrer un forum national de formation aux femmes ivoiriennes, afin de mieux les outiller pour qu’elles soient des Ambassadrices de paix dans leurs communautés du pays. Ce forum de 48 heures s’est achevé ce 5 décembre à l’Hôtel TIAMA (Abidjan-Plateau) avec de fortes recommandations.

L’implication des femmes de façon plus active dans le processus de réconciliation national est une recommandation de la résolution 1325 du Conseil de Sécurité des Nations Unies, qui a été bien reçu par les femmes ivoiriennes après leur engagement sur le terrain pour la paix. « Les femmes se sont engagées depuis la fin de la crise post-électorale pour promouvoir la paix dans leurs différentes régions, villes et localités. Je pense qu’il faut aujourd’hui accorder plus de place aux femmes dans le processus de réconciliation nationale car à l’origine elles n’ont pas attendu qu’on leur reconnaisse cet engagement pour faire un plaidoyer pour la paix. Les femmes symbolisent la vie et elles entendent se mobiliser pour protéger la vie en Côte d’Ivoire » souligne Nathalie Koné du Centre Féminin pour la Démocratie et les Droits Humains en Côte d’Ivoire.

Les bases de la mobilisation étant jetées par les femmes elles-mêmes, le NDI estime qu’il faut donner d’avantage d’outils aux femmes, d’où l’organisation de ce Forum National. Le docteur Charles Yahovi Djrékpo, directeur-résident du NDI pour la Côte d’Ivoire, fait un plaidoyer en ce sens : « En Côte d’Ivoire, lorsque les hommes étaient mis en prison par le pouvoir colonial, ce sont les femmes qui ont marché sur la prison pour infléchir cette tendance. Les femmes ne demandent qu’une seule chose, c’est que les décideurs à tous les niveaux les impliquent d’avantage dans les processus de décision ». Il soutient également qu’une telle implication des femmes dans les mécanismes de décision est une bonne chose pour la Côte d’Ivoire, la sous-région et l’Afrique qui bien trop souvent paye un lourd tribut à la guerre.

Des recommandations du Forum National

Selon Caroline Hubbard chargé du programme senior pour l’implication des femmes en politique, il serait prétentieux pour le NDI de vouloir décortiquer en deux jours la problématique de l’implication des femmes dans le processus de paix et de réconciliation. Néanmoins, ce Forum est voulu comme une plate forme de rencontre et d’apprentissage pour rapprocher les femmes et les amener à travailler ensemble. Cette stratégie du NDI s’avère payante au regard des recommandations faites par les femmes à la CDVR, à l’Assemblée Nationale, au Gouvernement, aux chefs traditionnels et religieux. Le Forum recommande entre autre qu’une loi sur la parité au niveau des postes de décision soit prise, que les femmes leaders d’opinion et des OSC soient formées et qu’elles reçoivent les moyens nécessaire dans l’exécution de leurs activités pour la paix et la réconciliation.

Il s’agit également d’encourager l’implication des médias publics dans le processus de réconciliation nationale soutenu par un engagement politique véritable et de mettre sur pied des mécanismes pour écouter les victimes et leur rendre justice en procédant à la réparation des dommages subis. Pour le Président Charles Konan Banny de la Commission Dialogue Vérité et Réconciliation, l’engagement des femmes dans le processus de réconciliation n’est plus à plaider. Il s’agit désormais de mieux les impliquer dans tous les mécanismes de prise de décision par la promotion du genre dans les instances de prise de décision. Femmes comme égales partenaires dans le processus de paix et de réconciliation, une campagne du NDI qui s’appui sur toutes les femmes sans exclusion pour la cause de la réconciliation.

SUY Kahofi