Afrique/Mondial : le 2ème tour, peut-on y croire ?

Brillant en club mais invisible en équipe nationale

Brillant en club mais invisible en équipe nationale

Au mondial il y a ceux qui sont fiers de participer juste au tournoi et ceux qui y vont pour rentrer avec dame coupe. Au moment où avec réalisme, de nombreuses équipes cultivent la motivation, le bon jeu et la gagne pour atteindre au bas mot les demi-final, le débat pour les équipes africaines c’est comment accéder au second tour. Le second de la coupe du Monde ! C’était à la limite comme s’il s’agissait d’une porte où il était marqué depuis une dizaine d’année : « Entrée interdite aux équipes africaines ». Deux réalités à mon avis expliquent en grande partie cette situation. Le manque de motivation criard et un complexe face à ce que nos athlètes appellent abusivement les grandes Nations du foot.

Le manque de motivation criard

Etre appelé en équipe nationale est une consécration affirmait le footballeur ivoirien Seydou Doumbia. Malheureusement, les souliers d’or du continent n’ont pas encore compris qu’il n’y a rien de plus important que de jouer pour le drapeau national. Les joueurs africains font preuve d’un talent inouï en club mais une fois dans le maillot national deviennent une bande d’indisciplinés qui malgré toute leur fortune se rabaissent à quémander aux fédérations des primes exorbitantes ! Soyons sérieux et regardez combien de fois, sous le fallacieux et farfelu argument de prime de match les joueurs africains vont au Mondial pour faire de figuration ? Des touristes en maillot sur des stades qui chantent des hymnes nationaux en chuchotant les strophes qui font allusion au travail et au sens de la discipline. Au même moment où ils touchent près de 50 millions par match, les joueurs d’équipes plus cotées se contentent de deux à trois fois moins ! Et pour couronner ce manque de patriotisme l’expression « petit argent petit ballon » a été consacrée. Ils demandent des primes exorbitantes parce que le Mondial devient un moment où on est payé à ne rien foutre sur le terrain. En d’autres termes l’échec est vendu à prix d’or avant même le début de la compétition. Pendant qu’on se querelle pour des primes de match, d’autres se concentrent pour gagner. On s’étonne alors que le Brésil, l’Espagne ou l’Argentine fassent sensation souvent même avec des footballeurs très peu présents en club.

Le complexe face aux grandes Nations du foot

Je ne sais pas si depuis la première coupe du monde une liste des pays qui doivent remporter ce trophée a été établie. Je me dis intérieurement qu’un tel document n’existe pas sinon comment la France aurait pu remporter sa première coupe du monde sur ses terres ? Je me dis qu’il y a forcément un vrai problème chez les équipes africaines, un problème à la limite psychologique… Prenez 11 joueurs de première division de n’importe quel pays du monde. Habillez-les aux couleurs du Brésil ou de l’Italie, je vous jure qu’à 100% les joueurs africains malgré leur niveau et leur talent se mettront en position d’infériorité. France, Argentine, Allemagne…si ces équipes font autant peur c’est parce qu’elles ont refusé de mettre dans une position de perdant éternel. Bien au contraire chaque génération de joueur aura contribué à assoir la réputation de l’équipe. Match après match, victoire après victoire, les grandes Nations du football ont su bâtir leur réputation et non mûrir un complexe face aux équipes qui ont constitué un os sur leur chemin. Replongeons-nous dans l’histoire du football mondial et suivons l’évolution des pays qui ont participé au tournoi. Les grandes Nations du foot qui brillent aujourd’hui ne sont pas forcément celles qui ont écrit l’histoire de la coupe du monde. Si les équipes africaines partent au Mondial pour cultiver un complexe face aux autres équipes et se morfondre à dire qu’elles sont des GRANDES NATIONS DU FOOT, soyons sûr que la génération d’africains qui brillera au Mondial n’est pas celle que nous voyons.

SUY Kahofi

Le coton africain face au réchauffement climatique

Le coton africain est à l’épreuve du réchauffement climatique

Le coton africain est à l’épreuve du réchauffement climatique

Après la bataille pour la survie face au coton sponsorisé des grandes puissances, le coton africain doit désormais faire face à l’épineux dossier du réchauffement climatique. Aujourd’hui, le réchauffement global constitue une pression nouvelle sur les ressources alimentaires et plus largement sur les matières premières brutes agricoles dont l’Afrique est tributaire.

L’Afrique reste un important producteur de matières premières brutes pour l’économie mondiale. Et parmi les produits les plus exportés, figure le coton, une culture industrielle très importante pour des milliers de cultivateurs. En Côte d’Ivoire – juste à titre d’exemple – le coton occupe entre 40 et 50 % des terres cultivables du Nord. Au Mali et Burkina Faso entre 3 et 3,5 millions de personnes vivent du coton ! Hélas ce produit de rente pour plusieurs paysans du continent est l’un de ceux qui souffrent énormément du réchauffement climatique.

Difficile désormais pour le paysan qui cultivait son champ grâce à une observation plutôt empirique du climat de pouvoir « prédire le temps ».

« On ne sait plus quand il pleut ou quand il fera soleil ! Nous devons nous adapter à toutes ces nouvelles saisons pour planter le coton » se lamente, le vieux Koné Ifarkya, un producteur du nord de la Côte d’Ivoire.

Le vieillard à travers l’expression « nouvelles saisons » désigne ce dérèglement climatique méconnu des producteurs il y a encore quelques années.  Une situation qui est à la base des pertes enregistrées dans la filière coton. Premier producteur africain de coton, le Burkina Faso souffre énormément des caprices du climat, en témoigne la baisse de ses prévisions.

« Nos prévisions cette année n’étaient pas de 500 000 tonnes. Nous nous attendions à 550 000 tonnes pour ce qui est de l’hypothèse base et je pense que ce sont les facteurs climatiques qui ont essentiellement joué sur la perte de production » explique Sidiki Boubakar Seye, directeur des transports à la société burkinabè des fibres textiles (Sofitex).

Ces facteurs climatiques se signalent de plusieurs manières tout au long de la campagne. Les périodes de création de plantation et de replanting sont bouleversées à cause de l’irrégularité des pluies. Au cours de la campagne, les pluies abondantes ou rares menacent la survie des plants de coton. En fin de campagne les récoltes, l’égrainage et le séchage du coton doivent se faire sous haute surveillance pour éviter d’énormes pertes. A cela s’ajoutent les difficultés liées au transport de la production à cause des pistes villageoises et des routes dégradées par la pluie.

Pour un soutien plus accru au coton africain, producteurs, négociants, entreprises de transformation des premières et secondes catégories appellent les gouvernements africains à prendre le problème à bras le corps pour trouver des solutions durables à la problématique du réchauffement climatique. Le docteur Germain Ochou est chercheur au CNRA, le centre national de recherche agronomique de Côte d’Ivoire; il estime que l’irrigation d’appoint peut-être une solution au problème du réchauffement climatique.

« Je pense que dans un premier temps il faut une maîtrise de l’eau et cette maîtrise de l’eau passe par l’irrigation pour pallier le manque lié aux saisons. Or l’irrigation d’appoint ne peut pas se faire avec des tracteurs : il faut donc créer des petits barrages et retenues d’eau. »

Les paysans pourront se servir dans ces retenues d’eau pour remplir des citernes et grâce à la traction animale (bœufs) réaliser une irrigation d’appoint. Cette technique permettra de mieux gérer l’eau et d’éviter le gaspillage. Quant aux fortes pluies, elles pourront être canalisées vers les retenues d’eau grâce aux sillons creusés aux alentours des plantations.

A la problématique du réchauffement climatique s’ajoutent d’autres soucis connexes comme le transport du coton rendu impossible par la mauvaise qualité des pistes. Là encore, les pluies diluviennes sont en grande partie responsables des pistes et routes impraticables sur plusieurs mois chaque année.

SUY Kahofi 

ABC Innovation : un tremplin pour les porteurs de projets africains

ABC Innovation pour appuyer l’entreprenariat sur le continent africain

ABC Innovation pour appuyer entrepreneuriat sur le continent africain

L’Afrique, selon de nombreux experts du développement demeure un continent d’avenir avec sa jeunesse pleine d’ambition et des porteurs de projets (et d’idées) qui n’attendent que d’être soutenus. ABC Innovation se présente comme cette perche que cherche à saisir de nombreux entrepreneurs.

ABC Innovation est un tremplin de créativité et d’entrepreneuriat qui se présente sous la forme d’un concours. Impulsé en 2009 par l’association African Business Club (ABC), il vise essentiellement à promouvoir l’entrepreneuriat en Afrique ou à destination de l’Afrique. Il s’agit d’une aubaine pour les porteurs de projet sur le continent qui ont une opportunité de mettre en évidence leurs idées et de bénéficier d’un accompagnement. Loin d’être confiné aux seuls entrepreneurs africains (résidant ou non sur le continent), ABC Innovation donne également l’occasion à tout porteur de projet d’implémenter son idée à condition qu’elle puisse accompagner l’Afrique dans son développement socio-économique. Les projets que le concours veut mettre en évidence sont ceux qui répondent en priorité aux problématiques de développement local et ce, à tous les niveaux. Les entrepreneurs pourront à titre d’exemple promouvoir des projets touchant à la structuration des économies locales, les innovations sociales ou technologiques, la création d’emplois, l’épargne ou les activités génératrices de revenus (AGR).

ABC Innovation est ouvert à tout porteur de projet (personne majeure de 18 ans au moins). Les candidats doivent avoir la volonté de réaliser ou de développer un projet entrepreneurial en Afrique dans les domaines suivants : le développement durable (commerce équitable, environnement, énergie), la mode, le conseil (accompagnement et expertise aux entreprises) ou tout autre domaine d’activité. Toutefois, tous les projets sont acceptés et étudiés.
Les candidats doivent néanmoins comprendre que trois principaux critères doivent définir leur projet à la base :

  • avoir un projet ayant une réelle valeur ajoutée pour le développement de l’Afrique
  • présenter un dossier clair et cohérent
  • s’assurer de la viabilité du projet

Le concours ABC Innovation est avant tout une reconnaissance du talent des entrepreneurs intéressés par le continent africain mais au-delà, il se veut un tremplin de forte médiatisation des projets lauréats. Il inclut aussi et surtout un accompagnement à la mise en œuvre des projets sélectionnés et une opportunité de rencontre avec des potentiels investisseurs grâce à la Journée de l’Entrepreneuriat. Cette journée qui prolonge en quelque sorte le concours est organisée tous les ans au mois de Juin. Elle est un cadre propice d’échanges entre le grand public, les candidats et les partenaires.

Pour en savoir plus sur le concours et postuler, rendez-vous sur le site Internet de l’ABC : http://businessclubafrica.org/
ou envoyer votre demande à abcinnovation@businessclubafrica.org

La CEDEAO a un nouveau patron

John Dramani Mahama, président du Ghana et désormais président de la conférence des chefs d’Etat et de gouvernement de la CEDEAO

John Dramani Mahama, président du Ghana et désormais président de la conférence des chefs d’Etat et de gouvernement de la CEDEAO

La 44ème session ordinaire de la Conférence des chefs d’Etat et de gouvernement de la CEDEAO s’est achevé ce week end à Yamoussoukro la capitale politique ivoirienne. Retour sur les temps forts de cette rencontre qui aura mobilisé toute l’Afrique de l’Ouest.

Le long huis clos des chefs d’Etat et de gouvernement de ce vendredi 28 mars aura suscité la curiosité mais surtout donné l’opportunité aux observateurs de penser que les décideurs ouest-africains étaient en train de revoir la piste Helene Sirleaf Johnson. Le choix final des chefs d’Etat et de gouvernement aura eu raison du buzz médiatique autour de la présidente libérienne et de l’assurance des analystes politiques. Le président sortant Alassane Ouattara lors de la brève cérémonie de passation des charges a lui-même annoncé officiellement le nom de son successeur. John Dramani Mahama, président du Ghana et désormais président de la conférence des chefs d’Etat et de gouvernement pour un an. Le nouveau patron de la CEDEAO a déjà une vision claire de son action à la tête de l’organisation sous-régionale.

« J’aimerais m’attarder brièvement sur trois des points importants qui feront partie de mon action en qualité de nouveau président de la CEDEAO durant mon mandat. Le premier sera bien sûr de continuer de bâtir une CEDEAO de paix et de sécurité mais concomitamment de trouver des solutions idoines au chômage des jeunes. Le problème du chômage des jeunes à une implication sécuritaire et mérite une attention et des efforts particuliers » a indiqué John Dramani Mahama.

Le deuxième chantier consistera à relever le défi de l’intégration économique et monétaire et celui du développement de la sous-région. Quant au troisième axe prioritaire d’action, il sera consacré au développement, à l’extension et à la réhabilitation des infrastructures qui pourront aider la sous-région à se développer plus rapidement.

Au-delà de l’élection d’un nouveau président, la CEDEAO a profité de la 44ème session ordinaire de la Conférence des chefs d’Etat et de gouvernement pour rendre public ses importantes avancées sur les Accords de Partenariat Economique CEDEAO – Union Européenne et celui relatif au Tarif Extérieur Commun. En dehors de ces deux textes de coopération, Désiré KADRE Ouédraogo, président de la commission de la CEDEAO a souligné que l’organisation a fait un bon significatif dans l’exécution de son programme de coopération monétaire.

La 44ème session ordinaire de la Conférence des chefs d’Etat et de gouvernement montre une CEDEAO plus forte mais celle-ci ne doit pas baisser la garde face aux nouveaux défis sécuritaires qui la menace. Il s’agit du terrorisme, de la montée en puissance du crime organisé et du trafic de drogue.

« De zone de transit pour le trafic illicite de drogue, l’Afrique de l’Ouest s’est progressivement muée en une zone de transformation aux conséquences néfastes sur l’avenir des populations en particulier celui de la jeunesse ainsi sur que les économies et la stabilité dans la sous-région » a affirmé SAID Jinnit le représentant du secrétaire général des Nations Unis pour l’Afrique de l’Ouest.

Des défis sécuritaires pour lesquels l’Organisation des Nations Unies entend apporter tout son soutien à la CEDEAO et à l’Union du Fleuve Mano.

SUY Kahofi

Avril 2014 : fin de vie de Windows XP et de Office 2003

Windows XP vers un black out prolongé ?

Windows XP vers un black out prolongé ?

En Afrique de l’Ouest et du Centre, près de 80% des entreprises utilisent des ordinateurs qui sont équipés du système d’exploitation Windows XP et du pack de logicielle Office 2003. Bien que populaire, ces deux outils de seront plus fonctionnels dans moins de trois (3) mois.

La date du 8 avril 2014 marquera la fin de vie du système d’exploitation Windows XP et du pack de logicielle Office 2003. En effet, Microsoft n’apportera plus aucun support aux utilisateurs/clients et cessera de publier des mises à jour de sécurité sur ces produits. Cette décision va engendrer d’énormes problèmes, notamment ceux liés à la sécurité des données informatiques en entreprise. Les ordinateurs deviendront vulnérables à toutes sortes d’attaques pirates : virus destructeurs, logiciels espions nuisibles et autres logiciels malveillants qui occasionneront le vol et la perte des informations et des données professionnelles. A ce niveau il est important de comprendre que les antivirus ne pourront plus être efficaces lorsque Windows XP ne sera plus pris en charge. La menace est donc grande pour les entreprises et le compte à rebours n’est pas loin de zéro !

Victoria N’Dee, Marketing and Communications Lead à Microsoft West and Central Africa a d’ailleurs bien résumé la situation.

« Tous autant que nous sommes, nous échangeons quotidiennement un volume impressionnant de données via clés USB, Internet, etc. Il suffit d’imaginer la perte de ces informations pour se rendre compte de la gravité de la situation. Nous sommes tous impliqués. Microsoft, ses partenaires, ses clients et surtout les médias qui doivent prendre leur part dans cette campagne de sensibilisation en donnant l’avertissement à l’intention des utilisateurs, car la menace est réelle et les dangers ne sont pas à minimiser » a-t-elle indiqué.

En dehors des risques sécuritaires (confidentialité, fiabilité des données), la fin de support de XP impliquera un dysfonctionnement des ordinateurs en entreprise, des dépenses en maintenance avec pour conséquence de fréquentes interruptions d’activités et une baisse de la productivité. Microsoft conscient des risques encourus par les utilisateurs et clients au-delà du 8 avril entend sensibiliser les uns et les autres pour l’acquisition des produits plus modernes. Il est donc prévu dans les semaines avenir une intensification de la sensibilisation par l’utilisation des canaux de communication de toutes les organisations professionnelles. Microsoft insistera sur le fait qu’il existe tout un mécanisme pour aider les entreprises à réussir leur migration de Windows XP vers Windows 7 ou 8.

« L’ensemble du processus n’est pas figé ; chaque migration est adaptée aux besoins de l’entreprise concernée » a indiqué Ndee Uwadoka.

La migration a certes un coût mais au-delà d’avril 2014, la note sera sans doute deux fois plus salée pour les retardataires ! Il faudra, en ce moment-là, faire face à la fois aux charges de récupération de données perdues et à la migration elle-même.