Observateur et non gardien du processus électoral

Une mission d’observation ne désigne pas le vainqueur d’une élection

Une mission d’observation ne désigne pas le vainqueur d’une élection

A chaque scrutin, l’Union Européenne, l’Union Africaine, la CEDEAO et les Organisations de la société civile déploient des observateurs. Leur arrivée est souvent saluer par de nombreux acteurs cependant leur rôle n’est pas réellement compris par une frange importante de la population.

Le premier cas rapporté dans l’histoire moderne de l’observation internationale des élections remonte à 1857. Une commission européenne formée par les représentants de l’Autriche, l’Angleterre, la France, la Prusse, la Russie et la Turquie ont observé les élections générales tenues dans les territoires controversés de la Moldavie et de la Wallachie. Depuis cette date, des pays indépendants, souverains et détenteurs de tous les droits sur leurs processus électoraux acceptent d’inviter d’autres institutions pour réaliser ce monitoring démocratique.

Les observateurs sont généralement vêtus de la chasuble de l’organisation ou de l’institution qu’ils représentent. Ils écument en une journée de nombreux bureaux et centres de vote à la recherche d’informations sur le scrutin. Contrairement aux idées reçues, les observateurs ne sont pas les chiens de garde du scrutin ou des donneurs de leçon venus superviser l’action de la Commission Electorale Indépendante (CEI). D’ailleurs, pour montrer que les observateurs ne sont en rien au-dessus de cette institution, c’est elle qui leur délivre leurs accréditations. Dans les faits, l’observateur comme son nom l’indique « observe le scrutin » et selon le baromètre fixé par son organisation émet des avis ou rapports. « La présence d’observateurs internationaux des élections, à l’invitation d’Etats souverains, peut faire toute la différence en ce sens qu’elle permet d’assurer que les élections fassent réellement avancer le processus démocratique » indique Kofi Annan, l’ancien secrétaire général des Nations Unies. L’observation électorale est donc une manière pour un pays de dire haut et fort (et preuves à l’appui) qu’il est porteur et promoteur de valeurs démocratiques. Ces preuves sont fournies par des missions d’observation internationales ou celles qui sont suscitées au plan national par les OSC.

Les missions d’observation ne désignent pas le vainqueur d’une élection. Elles établissent des normes qui selon elles doivent être respectées pour qualifier le scrutin de démocratique, transparent et apaisé. Par exemple, une mission d’observation peut tabler sur les violences électorales, l’accès aux différents lieux de vote, la fiabilité dans le transfert des résultats, la disponibilité du matériel électoral, l’expérimentation de la biométrie, le respect du code électoral… Grâce à un baromètre de notation propre à chaque mission, elles décident au final de dire si oui ou non l’élection fut transparente. Pour arriver à juger un scrutin, la mission d’observation doit incarner certaines valeurs : neutralité, impartialité et transparence. Ce sont ces valeurs qui ont présidé au choix des observateurs de PEACE-Côte d’Ivoire. La Plateforme des organisations de la société civile pour des élections apaisées, crédibles et équitables en Côte d’Ivoire (PEACE-CI) va déployer ce 25 octobre 2000 observateurs sur toute l’entendue du territoire national ivoirien. Selon Fofana Mamadou coordonnateur du projet « Baromètre des élections crédibles et apaisées en 2015 », les observateurs de PEACE-Côte d’Ivoire jouissent d’une crédibilité avérée. « Ils n’appartiennent à aucun parti politique et ont été formé pour faire remontrer vers la ESR (Electoral Situation Room) des informations crédibles et fondées » nous explique Fofana Mamadou. Deux méthodes d’observation sont généralement utilisées dans les processus électoraux. La première consiste à observer le scrutin et à produire un rapport en fin de mission. L’autre approche consiste à observer le scrutin en temps réel et à faire automatiquement des recommandations aux acteurs engagés pour le parfaire. C’est cette deuxième méthode qu’a choisi PEACE-Côte d’Ivoire pour mieux impacter le scrutin de dimanche.

SUY Kahofi

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Suy
Kahofi SUY est journaliste et formateur pour la Fédération Internationale des Journalistes Scientifiques. Il aime bien se définir comme un enfant de la radio. Son expérience s’est faite en grande partie grâce à ce média. Il fait ses premières armes sur les radios de proximité ivoiriennes puis décide de passer à une vitesse supérieure. Après une expérience enrichissante à SUD Fm, la première radio privée du Sénégal, il a passé 5 ans à la West Africa Democracy Radio, la première radio d’information continue pour l’Afrique de l’Ouest. Il découvre fin 2009 l’univers des blogs et de la presse en ligne grâce au Projet Avenue225. Très vite, il prend goût à l’écriture web et rejoint le projet Mondoblog où il anime un blog d’actualité sur la Côte d’Ivoire. NB : Ce que je dis sur ce blog n'engage aucun des médias avec lesquels je collabore.