CDVR : des audiences pas si publiques !

8 septembre 2014

CDVR : des audiences pas si publiques !

Que veut cacher la CDVR aux ivoiriens ?
Que veut cacher la CDVR aux ivoiriens ?

Il s’agissait d’audiences publiques mais visiblement nous sommes obligés de dire « dites publiques » dans la mesure où elles ne sont pas ouvertes au grand public ni même aux journalistes comme au Togo. La Commission Dialogue Vérité et Réconciliation a jugé bon de lancer une opération digne d’une rencontre de confrérie de sorciers dans une forêt sacrée !

Les journalistes qui ont rallié le site de l’IVOIRE Golf Club (Abidjan-Riviera) ont eu l’autorisation d’enregistrer exclusivement le discours d’ouverture de Charles Konan Banny le président de la Commission. Et après ceux (les journalistes) qui ont eu l’ingénieuse idée de rester dans la salle exiguë pour rendre-compte ou simplement comme citoyen ordinaire ont été dépouillé de leur dictaphones, appareils photo, bloc note, téléphones portables et même stylos ! Pour le lancement d’une activité aussi importante, la salle des audiences publiques ne peut que contenir environs 80 personnes (je suis généreux).

Pour cette journée, seul 5 victimes seront entendues sur 130 qui doivent se succéder au pupitre sur les deux (2) mois avenirs. Une durée qui pourrait être prolongée selon le service de communication de la CDVR sans que l’on ne nous explique pourquoi. Sur 64.000 personnes préalablement auditionnées sur plusieurs mois, seul une poignée passera donc devant les commissaires. Neuf (9) commissaires choisis parmi les représentants de la CDVR au niveau central et local. Alors comment les ivoiriens sauront ce qui a été dit entre quatre murs ? Eh bien, ces audiences seront filmées par une équipe audio-visuelle mise sur pied par la CDVR (???) qui remettra par la suite un montage vidéo tous les jours à la RTI. La télévision nationale « s’est engagée » à diffuser 10 productions par semaine; là encore la programmation télé est entourée d’un véritable flou! Questions : que doit-on censurer dans les témoignages des victimes ? Qu’est ce que les Ivoiriens ne doivent pas voir ou entendre ?

Les journalistes mais aussi des commissaires régionaux de la CDVR, les ONG et les organisations de victimes regrettent cette omerta autour d’un processus si important. Notons que les audiences publiques sont la dernière étape du mandat de la CDVR.

SUY Kahofi

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