Transport : Bras de fer entre l’armée et les chargeurs sous fond de racket

Les gnamboros sont-ils la ''peste'' du bitume?

Les gnamboros sont-ils la  »peste » du bitume?

Nouveau bras de fer entre les autorités militaires (BASA) et les chargeurs abidjanais appelés communément gnamboro. Ces derniers accusés d’être les perturbateurs du transport inter-urbain à Abidjan refusent de quitter le bitume et dénoncent une grosse manœuvre d’intimidation et de sabotage de leur organisation. Ils estiment être victimes d’un réseau de racket qui gravite autour du Commandant KONE Zakaria. En effet le deuxième responsable du BASA vient de décider d’une mesure d’arrêt des activités de ces individus sur les routes de la capitale Ivoirienne. Une décision saluée en cœur par les chauffeurs de taxi communaux wôrô-wôrô et ceux des mini-cars (gbaka) qui estiment que les gnamboros sont à l’origine de la désorganisation du transport à Abidjan. « Je suis d’accord avec le Commandant KONE Zakaria : que les gnamboros dégagent on n’a pas besoin d’eux ! Ils nous empêchent de travailler, ils brutalisent les chauffeurs et les apprentis pour 100 f ou 200 f. Qu’ils dégagent et nous même nous allons organiser le transport à Abidjan » soutient Coulibaly un chauffeur de gbaka. « Le Président Alassane Ouattara a demandé aux syndicats du transport de s’organiser en six mois chose qu’ils n’ont pas pu faire. C’est à cause d’eux que les gnamboros sont encore là ! Gnamboros, syndicats malhonnêtes…nous ne voulons plus d’eux ! Que la police militaire les chassent de la rue pour qu’on puisse chaque soir rentrer avec une recette plus consistante » déclare pour sa part Ousmane un autre chauffeur.

Au-delà des chauffeurs se sont les propriétaires des taxis communaux et de mini-cars qui sont également satisfaits. Ils estiment qu’une part non-négligeable de leurs recettes finit dans la poche des jeunes chargeurs qui en plus n’ont aucun respect pour les chauffeurs et leurs apprentis car ces derniers sont souvent victimes de violence orchestrée par les gnamboro. José Gnoléba un propriétaire de véhicules de transport en commun ne cache pas sa satisfaction. « Les débarquer serait un grand bien pour le transport en Côte d’Ivoire ! Tenez-vous bien ces jeunes se retrouvent chaque jour avec au bas mot avec 200.000 voir 500.000, une somme que les propriétaires des véhicules n’arrivent même pas à avoir. Nous voulons entrer dans nos fonds et l’Etat doit nous aider ».

Pour quelques membres des syndicats des chargeurs la décision du commandant KONE Zakaria part d’un refus des gnamboros de lui verser un pécule journalier pour lui et ses hommes. Ce pécule représente une forme de racket officialisé que les syndicats des chargeurs ne semblent plus vouloir accepter. Sur les origines du clash, écoutons les explications de K. Oumar interrogé au carrefour de la Riviera 2. « Depuis que KONE Zakaria est arrivé tout ce qu’il demande on lui donne. Chaque soir il est « rationné » ! Si aujourd’hui il nous envoie ses hommes pour nous mater c’est simplement parce que les chargeurs ne veulent plus de ce système de racket. Après la grosse bagarre d’Adjamé ayant entrainé la mort d’un apprenti, le Commandant nous a demandé de venir « causer » avec lui : il nous a dit qu’on allait s’entendre mais personne n’est allé le voir ». Selon Oumar le Commandant ayant essuyé un refus de la part des chargeurs est entré en colère. Un autre chargeur qui a requit l’anonymat confirme cette version des faits et soutient « que le fond du problème c’est cette volonté du Commandant KONE Zakaria de vivre du racket et de faire semblant comme s’il le combattait ! ». Pour Siro, un jeune gnamboro, le Commandant KONE Zakaria au-delà de toute considération doit comprendre tout simplement que de nombreux jeunes Ivoiriens vivent des pièces reçues sur le bitume. Interdire leurs activités serait les replonger dans la délinquance.

SUY Kahofi

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Suy
Kahofi SUY est journaliste et formateur pour la Fédération Internationale des Journalistes Scientifiques. Il aime bien se définir comme un enfant de la radio. Son expérience s’est faite en grande partie grâce à ce média. Il fait ses premières armes sur les radios de proximité ivoiriennes puis décide de passer à une vitesse supérieure. Après une expérience enrichissante à SUD Fm, la première radio privée du Sénégal, il a passé 5 ans à la West Africa Democracy Radio, la première radio d’information continue pour l’Afrique de l’Ouest. Il découvre fin 2009 l’univers des blogs et de la presse en ligne grâce au Projet Avenue225. Très vite, il prend goût à l’écriture web et rejoint le projet Mondoblog où il anime un blog d’actualité sur la Côte d’Ivoire. NB : Ce que je dis sur ce blog n'engage aucun des médias avec lesquels je collabore.