Côte d’Ivoire: Premier rapport National sur les droits de l’homme

 

Eric SEMIEN Président de l'APDH

L’APDH a osé le faire diraient certains, le premier rapport National sur la situation des droits de l’homme en Côte d’Ivoire. Pourtant il a fallu de l’abnégation et un certain temps pour qu’enfin une ONG Ivoirienne s’aventure sur un terrain tenu par les organisations Internationales et l’ONUCI. Action pour la Protection des Droits de l’Homme (APDH) vient de rendre public son rapport sur la situation des droits de l’homme en Côte d’Ivoire couvrant la période de la crise post-électorale. L’objectif d’un tel rapport est de présenter à la Communauté Nationale et Internationale le point de vu et la vision d’acteurs nationaux des droits humains sur la question des droits de l’homme en Côte d’Ivoire.

Dès les premières lignes du rapport on se rend compte que l’APDH sans faux-fuyant incrimine formellement les deux protagonistes du conflit. « Les pro-gbagbo avec les FDS et leurs supplétifs mercenaires et miliciens et les pro-ouattara avec les FRCI et leurs groupes armés et supplétifs sont tous coupables de ce qui est arrivé. Des exactions ont été commises de part et d’autre » soutien le Président de l’APDH Eric-Aimé SEMIEN. « Depuis l’arrestation de Monsieur Gbagbo les exactions des FRCI se poursuivent et c’est vraiment dommage pour notre pays » précise Eric-Aimé SEMIEN. Le titre du rapport est Haro sur l’Etat de non droit. La Côte d’Ivoire, malgré les propos rassurants du Président Alassane Ouattara et de son gouvernement est loin du compte en matière de lutte contre l’impunité et de respect des droits de l’homme. Dans un pays où l’on parle de justice et de recherche de la vérité, les services de police judiciaire, les tribunaux et la gendarmerie ne mènent aucune activité ! Dans un Etat de droit la fiabilité d’un système judicaire est la garantie des libertés individuelles, or il n’en est rien en Côte d’Ivoire. « Malgré tous les efforts verbaux que le gouvernement fait il n’y a pas d’impacts réels sur le terrain. Des éléments des FRCI se comportent de façon outrageante et outrageuse envers les populations et personne n’ose lever le petit doit ! » s’indigne le Président de l’APDH. Les autorités ont reçu le rapport par l’entremise du Ministère des droits de l’homme qui s’est réjouis de la démarche d’une ONG Nationale.

Au-delà de ce rapport l’APDH s’indigne de la sortie du Procureur de la République qui face aux caméras de la télévision nationale a semblé légitimer les exactions des FRCI. En temps qu’homme de loi, sensé rechercher la vérité et écrouer les coupables, sa prise de position est ‘’une sortie de route’’ que l’ONG condamne. Le Procureur de la Républiques estime que se serait trop lui demander de juger ceux qu’ils qualifient de sauveurs du pays. Sauveurs du pays ou pas l’APDH estime qu’ils doivent être jugés. « Nous voulons savoir : dans l’acte de sauvetage des FRCI, y a-t-il eu violation des droits de l’homme ou pas ? Ce n’est pas au procureur de dire qu’un tel ou un tel est sauveur de la Côte d’Ivoire. Son attitude laisse planer un doute sérieux sur la volonté des autorités de lutter contre l’impunité » conclu le Président de l’APDH.

SUY Kahofi

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Suy
Kahofi SUY est journaliste et formateur pour la Fédération Internationale des Journalistes Scientifiques. Il aime bien se définir comme un enfant de la radio. Son expérience s’est faite en grande partie grâce à ce média. Il fait ses premières armes sur les radios de proximité ivoiriennes puis décide de passer à une vitesse supérieure. Après une expérience enrichissante à SUD Fm, la première radio privée du Sénégal, il a passé 5 ans à la West Africa Democracy Radio, la première radio d’information continue pour l’Afrique de l’Ouest. Il découvre fin 2009 l’univers des blogs et de la presse en ligne grâce au Projet Avenue225. Très vite, il prend goût à l’écriture web et rejoint le projet Mondoblog où il anime un blog d’actualité sur la Côte d’Ivoire. NB : Ce que je dis sur ce blog n'engage aucun des médias avec lesquels je collabore.