La Rue Princesse d’Abidjan

Rue princesse, Rue de la joie!

« Quand je sors de mon quartier j’ai un peu froid car Yopougon c’est la joie, c’est la célèbre Rue Princesse et c’est surtout l’ambiance ». Ces propos sont ceux de Mr Gbamnan Djidan Maire de la commune de Yopougon qui aime bien présenter sa rue à chaque occasion. Il sait que venir à Abidjan sans visiter la Rue Princesse, c’est être à Paris et manquer de lever les yeux pour contempler la tour Eiffel. La Rue Princesse située dans la plus grande commune d’Abidjan (Yopougon) est la seule rue en Côte d’Ivoire qui compte le plus grand nombre de maquis, bars et cabarets au mètre carré. Ici chaque jour est jour de fête et même en pleine crise post-électorale, on oublie que le pays a des problèmes quand on foule la rue ! La bière coule dans tous les maquis, les filles de joie sont disponibles à tout heure et le commerce de tout genre se développe. En effet la Rue Princesse c’est l’endroit où des familles entières gagnent leur vie. De la vendeuse de poisson braisé au commerçant de sandwich en passant par le vendeur ambulant de cigarettes, ici chacun vient se faire de l’argent. Ce sont des milliers d’abidjanais qui circulent ici chaque soir et rien qu’à voir les commandes de bières livrées chaque jour, on peut facilement deviner le chiffre d’affaire des propriétaires de maquis. Les maquis de la rue sont de véritables PME. Ils embauchent au bas mot 6 à 10 personnes : les serveuses sexy et provocatrices à souhait, le Dj maître du son, le manager sensé attirer la clientèle, les techniciens de surface, les plongeurs et la sécurité !

Le jour, la rue vit au rythme du petit commerce. La nuit, les sonorisations assourdissantes des maquis l’animent jusqu’au petit matin. Avec autant de maquis on se dit que le client aura du mal à choisir. Erreur ! Chacun a déjà fait son choix en foulant la rue : certains aiment le calme et la musique feutrée des bars et d’autres les bruyants maquis où les DJs ne semblent jamais se taire.  « Plus le client est un bon payeur, plus il reçoit les attalaku et plus il prend ses points ! », souligne Dj Sénateur, une des nombreuses voix de la Rue Princesse. Arrêt sur le vocabulaire de la rue : le bon payeur c’est celui qui achète le plus de bouteilles, les attalaku sont des phrases flatteuses débitées sur un instrumental pour vanter les mérites du client, prendre ses points c’est séduire son entourage… Il faut donc connaitre le vocabulaire de la rue pour se déplacer sans problème. Par exemple, la Drogba c’est la grosse bière, la guigui la bière brune, casser le djony c’est commander la bouteille de whisky, siffler la lélé c’est finir sa soirée avec une professionnelle du sexe… Si les abidjanais adorent la rue c’est surtout pour le prix de la boisson qui plutôt bas !

La rue a également son côté obscure fait de descente musclée de policier pour déloger les prostitués et autres dealers de drogue. C’est aussi les filles de joie à peine sortie du berceau et surtout l’homosexualité qui gagne du terrain. Ces quelques tares ne sauraient ternir l’image de la rue qui chaque jour attire un peu plus d’Abidjanais !

Suy Kahofi

3 réflexions au sujet de « La Rue Princesse d’Abidjan »

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